100 milliards d’euros pour relancer l’économie françaisePublié le 4 septembre 2020 par Isabelle DELOURME

Le 3 septembre 2020, Jean Castex, Premier Ministre, a présenté la feuille de route du Plan de Relance destiné à construire la France de 2030, après la pandémie de la COVID-19 et à retrouver dès 2022 l’activité d’avant-crise.

 

100 milliards d’euros vont être engagés sur deux ans (2020 -2022) dans l’économie française, dont 40 milliards issus de financements européens qui couvriront la période 2020-2023 et serviront à soutenir des investissements et des réformes « qui ont un effet durable sur la productivité, qui accompagnent la transition écologique et numérique et qui facilitent la convergence des économies européennes ». Les autres 60 milliards du plan de relance français seront financés par trois instruments (la 3e loi de finances rectificative pour 2020, le projet de loi de finances pour 2021 et le programme d’investissement d’avenir (PIA4), le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021).

 

Crédit : Olivier Sampson  /Gouvernement.fr

Jean Castex a rappelé l’ambitieux objectif de faire de la France la première économie décarbonée européenne en atteignant la neutralité carbone en 2050. « Tout ce qui est mis en œuvre dans le cadre du plan de relance doit répondre à cette ambition ». Les trois priorités du plan de relance sont l’écologie (30 Md€), la compétitivité (34 Md€) et la cohésion sociale et territoriale (36 Md€).

 

Parmi toutes les mesures du plan de relance, 1,2 Md€ sont spécifiquement dédiés au volet transition agricole pour les secteurs agricole et agroalimentaire sous la forme notamment d’appels à projet. S’ajouteront également les mesures transversales du plan de relance (aide à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans, rénovation des bâtiments, renforcement des filières pêche et aquaculture …)

 

Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a précisé les grands axes du volet agricole. 364 millions d’euros seront orientés pour reconquérir la souveraineté alimentaire de la France (100 M€ pour le plan protéines végétales, 250 M€ pour la modernisation des abattoirs et la biosécurité en élevage, élevage de plein air et bien-être animal,…), 546 M€ pour l’accélération de la transition agro-écoloqique au service d’une alimentation saine, durable et locale (346 M€ pour les moyens de production  et 200 M€ pour l’accès à cette alimentation par le moyen de projets alimentaires territoriaux, paniers fraîcheurs,…) et 300 M€ pour adapter l’agriculture et la forêt françaises au changement climatique (semences plus résistantes à la sécheresse, investissements de protection des cultures aux aléas climatiques, grand plan de reboisement des forêts françaises).

 

A noter également un volet spécifiquement dédié aux énergies et technologies vertes dans lequel est mentionné un soutien au développement de ces marchés à hauteur de 3,4 Md€ incluant les produits biosourcés et biocarburants, et les agroéquipements pour la transition écologique.

 

La mise en œuvre concrète du plan de relance passera par une mission budgétaire unique « Relance » pilotée par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance. L’objectif est de séparer les dépenses du plan de relance sur 2021-2022 des dépenses habituelles des ministères. Un calendrier d’engagement des crédits sera défini pour chacune des mesures. Si certains crédits ne sont pas engagés assez rapidement ou ne remplissent pas leurs objectifs d’efficacité, le Gouvernement aura la possibilité de réaffecter les crédits sur d’autres dispositifs du plan de relance.