20 propositions pour une alimentation durable, reconnectée aux consommateursPublié le 3 juin 2020 par Marie-Laure HUSTACHE

Jeudi 28 mai 2020, les sénateurs Françoise Cartron et Jean-Luc Fichet ont présenté leur rapport ” Vers une alimentation durable : un enjeu sanitaire, social, territorial et environnemental majeur pour la France ?“, fait au nom de la délégation à la prospective, présidée par Roger Karoutchi.

Les premiers constats des auteurs du rapport peuvent se résumer ainsi  : le système alimentaire français n’est pas durable mais se transforme, et les consommateurs n’ont jamais eu autant envie et besoin de se reconnecter à la trajectoire de leurs aliments.

 

La sénatrice Françoise Cartron présente le rapport en conférence de presse (Source : www.senat.fr / espace presse)

 

…Si bien qu’ “une transition alimentaire s’impose !”  affirme Françoise Cartron. “Et cela  d’un point de vue de l’environnement, de la santé et du social.”

Dès lors, comment faire émerger des systèmes alimentaires à la fois plus durables et acceptables ? Le rapport de la délégation à la prospective du Sénat examine deux axes de transformation majeurs : sobriété et végétalisation. “Mais la mutation est complexe car il s’agit tout à la fois de favoriser une alimentation satisfaisante pour la santé, satisfaisante pour l’environnement et financièrement accessible à tous, sans pour autant renoncer aux traditions et plaisirs culinaires si importants pour nos territoires et notre pays.”

Pour favoriser cette nouvelle transition alimentaire, le rapport formule 20 propositions. 

Parmi elles : définir une stratégie d’autonomie protéique en France et en Europe, encourager le développement de la filière des légumineuses, “trop longtemps négligée” selon Jean-Luc Fichet (et dont la valorisation par les industries agro-alimentaires est actuellement en plein boom comme le constate agridées avec son groupe de travail consacré au flexitarisme), réorienter les aides de la PAC en fonction du travail fourni et non plus des surfaces, mettre en place une “véritable éducation à l’alimentation durable abordant toutes les dimensions du bien manger” (voir aussi à ce sujet nos travaux sur la dimension culturelle de notre alimentation à relancer de façon globale et dès l’école ), relocaliser l’approvisionnement et réinvestir sur les territoires et les agriculteurs locaux.

Sur ce dernier point, un peu comme pour le télétravail, la période Covid 19 et confinement aura grandement accéléré les choses, l’épreuve du réel montrant la nécessité et l’utilité des circuits de proximité.

Voir aussi sur ce sujet  “De la ferme à l’assiette : livrer directement au consommateur !”, une émission tournée le 17 avril dernier avec “Les Clés de l’agriculture” . Et aussi le colloque “la relocalisation des systèmes alimentaires : un défi pour le droit”.