2019 la bio cartonnePublié le 15 juillet 2020 par Yves LE MORVAN

L’Agence Bio vient de dévoiler les chiffres des filières biologiques en France pour l’année 2019, production et consommation, avec des statistiques mises à jour pour les années antérieures. Les résultats sont remarquables, tous les feux sont au vert.

 

Notamment celui des surfaces, certifiées ou en conversion, qui atteignent 8,5% de la surface agricole utile soit un doublement en 5 ans. Pour mémoire le Plan Ambition Bio 2022 lancé par le Ministre de l’Agriculture en 2018 prévoyait d’atteindre à cet horizon 15 % de la SAU ; qui y croyait sérieusement ? Les 15 % ne seront certainement pas atteints en 3 ans, mais la barre des 10% sera largement dépassée au rythme actuel. Et toutes les productions y contribuent, les fruits étant leaders à plus de 25 % des surfaces en bio, la vigne atteignant 14 %, et les grandes cultures, parties en retard et désormais en fort développement, à presque 5 % des surfaces.

 

Rappelons la proposition de la Commission européenne dans le projet « Farm to fork » : 25 % des surfaces agricoles de l’Union en mode biologique pour 2030. L’objectif est élevé, ce serait un véritable changement de modèle.

 

En matière de consommation, la progression est tout aussi notable. Le marché alimentaire bio pèse en 2019 11,9 milliards d’euros, contre 10,5 en 2018. La France talonne l’Allemagne, le leader européen. Le panier bio dans les achats alimentaires des ménages français représente 6,1 % du total. Les œufs demeurent le produit le plus consommé en version bio. Chaque Français a consommé pour 178 € de produit bio alimentaire au cours de l’année dernière, quand la moyenne européenne s’est située à 81 €.

 

Au-delà de cette cascade de chiffres, deux points sont à souligner, qui ne correspondent pas aux images d’Epinal de la bio :

  • Tout d’abord, la part prépondérante de la Grande Distribution généraliste dans ce succès. La GMS atteint 55% des parts de marché, alors qu’elle a été longtemps sous les 50%, contre 28% pour la distribution spécialisée, l’écart ne fait que s’accroître. Les grands groupes de la distribution alimentaire ont mis tous leurs moyens et tout leur savoir-faire dans le développement de la bio, marketing, gamme de produits, surfaces…les résultats sont là. Si les Français consomment de plus en plus de bio, la Grande Distribution en est un moteur essentiel par la démultiplication de son offre ;
  • Ensuite, les familles de produits bio par chiffre d’affaires. La bio, ce sont des œufs, du lait, des fruits ou des légumes, du vin… Oui sans aucun doute, mais d’abord et de très loin des produits d’épicerie, sucrée ou salée, pour 3,3 milliards d’euros. Des produits parfois transformés et souvent importés !

 

Le total des importations de produits bio s’élève à 33 %, même avec la forte croissance du marché. C’est une bonne nouvelle concernant la chaîne alimentaire nationale, que souligne le président de l’Agence Bio, Philippe Henry(1).

 

Pourquoi les consommateurs achètent-ils des produits bio ? Selon leurs réponses : pour leur santé/nutrition, la qualité des produits, l’environnement. Le frein ? Leur prix.

 

La bio cartonne, cartonnera certainement en 2020 avec la pandémie, mais l’équilibre des promesses devra être tenu.

 

 

(1) Voir l’interview de Philippe Henry : https://www.agridees.com/interview/philippe-henry/