A qui le tour ?Publié le 1 avril 2021 par Piscis Aprilis

Lapin@Pixabay-A.KochDemain, les prestidigitateurs ne pourront-ils plus faire surgir de lapins de leurs chapeaux ? Victimes de la ligue vegan de défense des « lagomorphes domestiques aux grandes oreilles[1], au nom du bien-être animal ou de la disparition de cette espèce, pourtant réputée pour sa capacité à se reproduire ?

 

Dans une étude récente[2] citée par l’institut Technique de la Cuniculture, des experts viennent de lancer un cri d’alerte, le lapin de garenne serait menacé de disparition, victime de la concurrence avec son cousin de race hermine – ou lapin nain.

 

En effet, encouragée par psychologues et pédiatres, l’adoption d’un lapin nain comme animal de compagnie apporterait aux enfants le plaisir affectif dont les écoles freudiennes dénoncent les carences du milieu parental, et éduquent leur sens de la responsabilité de futurs citoyens soucieux du bien-être animal.

 

Bref, après chiens et chats, hamsters et cobayes, le lapin nain est devenu la star plébiscitée des jeunes générations, à laquelle les parents doivent céder pour ne pas subir l’opprobre et être accusés de maltraitance. Ce qui n’était au départ qu’une lubie s’est muée en phénomène de société : les lapins nains ont envahi appartements et pavillons de banlieue.

 

Et voilà que sont bannis des foyers français les mets de choix que sont les « lapin rôti », » lapin en fricassée », « lapin sauté », « lapin en gibelotte », « lapin en civet » et autre « lapin chasseur » …En jeunes dictateurs, les enfants interdisent désormais la consommation des cousins de leurs compagnons au doux pelage.

 

Ainsi, les races communes du cryctolagus cuniculus sont-elles menacées de disparition et cette extinction programmée porte une nouvelle atteinte à la biodiversité. Les militants d’ »Extinction-Rébellion » n’ont-ils pas dénoncé en vain l’esclavage domestique auquel les lapins nains sont soumis, tandis que L214 s’est attaqué avec quelques vidéos sanglantes aux pratiques des clapiers et cages à lapins ?

C’est pourquoi, dans sa grande sagesse, la République souhaite convoquer une Convention Citoyenne pour sauvegarder la biodiversité des léporidés. Mais cela suffira-t-il ? Dans deux rapports récents, l’Assemblée Nationale et la Sénat ont attiré l’attention sur les espèces domestiques qui pourraient entrer dans la catégorie des animaux de compagnie, veaux, vaches, cochons, couvées, et ainsi menacer gravement à terme la biodiversité.

 

Alors, demain, à qui le tour ?

 

[1] Le mot « lapin » ne doit pas être prononcé à bord d’un navire, en référence aux avaries causées par cet animal rongeur qui s’attaquait aux cordages d’étanchéité des coques en bois.

[2] De cryctolagus cuniculus mortem. Pr. John Rabbit et Alejandro Conejo. Universidad Real de Morelia. A paraître in Journal of Animal life