AG d’Agrial 2019 : répondre à des enjeux multiplesPublié le 29 mai 2019 par Yves LE MORVAN

Agrial a tenu le 24 mai 2019 son Assemblée Générale annuelle à La Selle-en-Luitré (35), sous la houlette de son Président Arnaud Degoulet et avec la participation active de son Directeur Général Ludovic Spiers. L’occasion de faire le bilan des activités de 2018 et de constater les bons résultats du groupe coopératif d’origine normande, désormais ancré dans tout le Grand Ouest ainsi que dans la région lyonnaise.

 

Le chiffre d’affaires consolidé atteint 5,84 milliards d’euros ce qui en fait le premier groupe coopératif agricole et agroalimentaire français, avec des capitaux propres à hauteur de 1,040 milliard, un EBE de 212 millions et un résultat net de 51 millions. Sur le plan coopératif Agrial fédère et sert 13 000 adhérents, et emploie dans le groupe 23 000 salariés dont 13 000 en France.

La réussite du jour nait d’un questionnement permanent. Il y a l’enjeu économique. Pour l’essentiel la stratégie du groupe repose sur une diversification et une polyvalence assumée de différents métiers qui s’équilibrent (5 branches : agricole, lait, viandes, fruits et légumes et boissons), la construction et la croissance de marchés à l’international, la création de valeur par les marques (Soignon, Florette,…),  la réponse aux attentes sociétales et à celles des consommateurs (Bio, enseigne digitale avec LaMaison.fr, mais aussi 91% de déchets recyclés ou revalorisés…). 36 % du chiffre d’affaires agroalimentaire est réalisé à l’international, avec l’objectif de parvenir à 50 % en 2025. 30 % de ce même chiffre d’affaires est porté par des marques.

 

Il y a l’enjeu de la gouvernance coopérative.  Rien n’est jamais acquis en termes de cohérence quand il s’agit d’une collectivité de 13 000 sociétaires, répartis dans 14 régions, avec un réseau de 600 élus et d’un ensemble entrepreneurial polyvalent de 5 branches économiques. Il est nécessaire de réinterroger continuellement  les adhérents sur leurs attentes collectives et individuelles pour l’avenir.  La réponse passe par l’approfondissement de la vie coopérative (place des jeunes, formation des élus, contacts de proximité…), le développement du digital (communication, relations techniques et économiques), et la pratique de la transversalité. Le fonctionnement de l’entreprise doit évoluer en parallèle : organisation matricielle, formation, synergie des métiers.

 

Il y a enfin, et particulièrement pour l’agriculture et la chaîne alimentaire, l’enjeu du développement durable avec le changement climatique. Jean Jouzel, ancien vice-président du GIEC, est venu rappeler la rapidité du réchauffement climatique du fait de l’émission des gaz à effet de serre (GES). Le réchauffement s’accompagne de fortes variations météorologiques annuelles, les productions sont d’ailleurs déjà touchées, d’une problématique d’usage et de partage de l’eau, et entrainera une adaptation à terme de l’agriculture qui ne sera pas seulement le fruit d’une évolution mais d’un profond changement  d’organisation.

Cela dit, si l’agriculture est un des principaux responsables de l’émission des GES, elle constitue également une source d’espoir pour entrainer par l’innovation les mutations à venir sur les plans de l’alimentation, de l’énergie, des matériaux et de l’organisation du territoire.