AGPB : les clés de la compétitivitéPublié le 2 février 2018 par Yves LE MORVAN

L’AGPB a organisé son congrès annuel en Bourgogne à Dijon les 31 janvier et 1er février 2018. Une occasion pour souligner l’importance de la production et plus globalement de la filière céréalière pour la France : 9.4 millions d’hectares (1/3 de la SAU), 70 millions de tonnes produites, 50% des blés exportés. Après une campagne 2016-17 catastrophique pour des raisons climatiques, la production de blé avait ainsi chuté à 27.5 millions de tonnes, mais aussi du fait de conditions de marché difficile, l’espoir aurait pu renaître sur cette campagne 2017-2018. Effectivement la production de blé est revenue à son niveau normal, 37 millions de tonnes, mais les prix sont toujours désespérément bas, à peine au-dessus de 150€/tonne. En conséquence, 40 % des producteurs annoncent un résultat négatif comme l‘a répété Philippe PINTA.

 

Les céréaliers sont, en même temps confrontés à des faits ou des enjeux essentiels qui pour l’instant s’accumulent négativement :

  • Des aléas climatiques à répétition,
  • Une pression réglementaire et sociétale très forte sur les intrants (glyphosate, néonicotinoïdes,..) sans voie de sortie,
  • Un manque de reconnaissance de la part des pouvoirs publics envers les contributions de la filière à la puissance économique de la France,
  • Un marché mondial désormais dominé par les origines hyper compétitives de la Mer Noire,
  • Une PAC actuelle qui s’ajuste négativement tous les ans (baisse des aides) et une future PAC qui se profile dans l’ambiguïté de ses moyens budgétaires et de ses vrais objectifs.

 

Faut-il jeter le manche après la cognée ? Non.

Cela était le mérite de ce congrès, malgré l’absence du Ministre de l’Agriculture pour le conclure, de toujours rechercher les adaptations pour l’avenir :

  • Un «contrat de solutions » pour faciliter la transition agronomique des exploitations en utilisant tous les leviers, mais en refusant toute interdiction qui créerait des situations d’impasse, selon Xavier THIROUIN,
  • Un « contrat de transformation de la filière » porté par Intercéréales et son président Jean-François LOISEAU, qui vise à mieux répondre aux attentes des clients et des consommateurs.

Au total, une Profession qui attend du Gouvernement des réponses concrètes et plus encore des signes de confiance. Confiance et solidarité pour faire passer les difficultés, Christiane LAMBERT quant à elle, a su les marquer dans son discours de clôture.