Agriculture en 2020 : l’heure des comptesPublié le 18 décembre 2020 par Isabelle DELOURME

Bien que la crise sanitaire ait moins touché l’agriculture que les autres activités économiques, l’impact sur les conditions de production des filières est réel. Telle est l’approche réalisée par l’INSEE dans sa publication du 16 décembre du compte prévisionnel de l’agriculture pour 2020. Les économistes de l’Insee, Xavier Guillet et Philippe Lauraire, estiment que la production de la branche agricole hors subventions sur les produits baisserait en valeur (- 2,1 %) et atteindrait 74,5 milliards d’euros en 2020. Les conditions météorologiques ont affecté la production céréalière (- 18,7 %) et celle de betteraves industrielles également fortement impactée par le virus de la jaunisse (-28,4 %). Les prix des céréales ont été soutenus (+8,1 %). Ceux des fruits et légumes également (+ 13 % en moyenne), leur consommation ayant été notamment encouragée par la promotion des produits nationaux. En revanche le prix des pommes de terre s’est replié (-14 %), sous l’effet de volumes en hausse (+ 6 %) et d’une baisse de la demande provoquée par la fermeture de la restauration hors domicile. Les perspectives sont défavorables en vin pour la demande intérieure et à l’export (droits de douane américains, demande chinoise). La valeur globale des produits végétaux produits en France atteindrait ainsi 43,4 milliards d’euros (-3,1 %).

 

La production animale (hors subventions) croit légèrement en volume (+0,4 %), mais fléchit en prix (-1,3 %), pour être estimée à 26,2 milliards d’euros en 2020 (- 1 %). En volume, la production de gros bovins reste stable, augmente légèrement pour les porcins et les ovins-caprins et plus nettement pour le lait (+ 1 %) et les œufs (+ 6,4 %). En valeur la production de volailles, œufs, lait et autres produits de l’élevage représente près de 58 % du total de la production animale. Côté prix, c’est un fléchissement global (-1,3 %) pour les produits animaux, en raison de la fermeture de la restauration hors foyer, d’échanges moroses avec l’Union européenne et en dépit d’une augmentation de la consommation à domicile et d’un redémarrage de la demande chinoise.

 

La production des services de la branche agricole (ETA, Cuma, agrotourisme, …) progresse en valeur (+1,2 %) pour atteindre 5 milliards d’euros.

 

Les subventions sur les produits ont progressé en valeur (+1,2 %) et atteindraient 1,1 milliard d’euros. En revanche, les consommations intermédiaires de la branche agricole étant globalement quasi stables en valeur (45,6 milliards d’euros), la valeur ajoutée brute de la branche agricole atteindrait 30,2 milliards d’euros (- 5,4 %).

 

Après prise en compte des subventions d’exploitation (7,9 Mds €, soit – 4,5 % en valeur, probablement en raison de la suppression du CICE) et des impôts sur la production incluant les impôts fonciers (1,6 Mds €), la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole diminuerait de 5,4 % pour atteindre 36,4 Mds d’euros en 2020. Rapportée au coût des actifs et compte tenu de la baisse tendancielle de l’emploi non salarié, elle baisserait de 4,7 % par actif, et en termes réels (déflatée par l’indice du PIB), elle afficherait un recul de 6,5 % (indice 106,3 en 2020, contre 100 en 2010 et 80 en 2000), après une baisse de 4,3 % en 2019.

 

 

Retrouvez plus d’informations dans les comptes prévisionnels de l’agriculture – documents de travail publiés par l’Insee https://www.insee.fr/fr/statistiques/4996098