Anne Sander et Irène Tolleret, deux eurodéputées au cœur de la crisePublié le 20 mai 2020 par Isabelle DELOURME

Irène Tolleret (députée européenne, Liste Renaissance, Groupe Renew Europe) et Anne Sander (députée européenne, Les Républicains, Groupe du Parti Populaire Européen) se sont exprimées respectivement le 29 avril 2020 et le 19 mai 2020 lors de deux visioconférences organisées par l’AFJA (Association française des journalistes agricoles).

Pour ces deux eurodéputées, membres de la Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen, l’impact de la crise de la Covid-19 sur l’agriculture est considérable et il aura des conséquences sur l’orientation de la prochaine PAC, actuellement en préparation.

« La crise du Covid-19 a demandé de réagir très vite. Or, les outils financiers de la Politique commune sont pensés pour le moyen et long terme » explique Irène Tolleret. « Devant ces voyants rouges qui se sont allumés, la Commission européenne a apporté un début de réponse. Nous avons des enseignements à tirer de cette crise, notamment en ce qui concerne la souveraineté alimentaire, le gaspillage, l’accompagnement des pays-tiers. Il nous faut aller au bout d’une politique alimentaire commune, donner un statut particulier à la filière alimentaire. Nous devons profiter de cette crise pour que le réinvestissement aille vers la croissance durable, en profiter pour faire un projet Alimentaire territorial européen et faire en sorte d’avoir tous accès à l’alimentation ».

Anne Sander, confirme que les outils actuels ne sont pas adaptés à la situation. « Cette crise va laisser beaucoup de gens sur le carreau. Le groupe PPE demande un maintien des financements de la PAC en valeur et non en pourcentage du PIB. L’agriculture doit en outre être financée par de l’argent frais. Les agriculteurs ont besoins des financements qu’ils avaient dans le passé, mais ils doivent aussi faire face à la crise actuelle, et aussi aux conséquences des mesures présentées par la Commission européenne avec le Pacte Vert, la Stratégie Biodiversité (augmentation des surfaces agricoles non productives, …) et la Stratégie « De la ferme à l’assiette » (baisse de la consommation de viande, …). « Je partage l’ambition environnementale de l’UE. C’est à nous de donner l’exemple, mais j’aimerai qu’on reconnaisse déjà tous les efforts accomplis par les agriculteurs et qu’on se saisisse de cette opportunité pour soutenir l’utilisation des nouvelles technologies (Recherche et Innovation) en agriculture.