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Temps de lecture : 5 min

11/03/2021

La comptabilité environnementale : un outil de transition écologique de l’entreprise agricole

Les réseaux TEK4life et l’Alliance Compta Regeneration ont publié le 9 mars un rapport intitulé « cartographie des enjeux, des acteurs et des controverses d’une comptabilité multi-capitaux pour l’anthropocène  – A la recherche de boussoles pour renseigner les organisations sur leur viabilité et les guider sur des trajectoires de soutenabilité forte ». Deux webinaires ont été organisés les 10 et 11 mars pour présenter ces travaux.

Tek4life et ses partenaires ont réalisé ce rapport de synthèse sur les enjeux et les concepts de la comptabilité environnementale. Comme l’avait évoqué Bertrand Valiorgue, enseignant-chercheur en Sciences de Gestion lors de l’agrIdébat du 19 janvier 2021, la comptabilité environnementale est l’un des outils mobilisables pour conduire la transition écologique des entreprises. Elle a vocation à combiner les savoirs des sciences de gestion et des sciences de l’environnement pour permettre à l’entreprise de piloter les mutations de son modèle d’affaires. La seule performance financière qui constitue le socle de la comptabilité depuis plusieurs siècles apparait aujourd’hui insuffisante pour évaluer la performance globale de l’entreprise « à l’heure de l’anthropocène ». La comptabilité environnementale permet une approche pluri dimensionnelle de la profitabilité et de la solvabilité de l’entreprise en intégrant aussi les enjeux humains et naturels.

La comptabilité est aussi l’un des moyens de communication de l’entreprise pour échanger avec ses différentes parties prenantes internes et externes. Elle permet de démontrer la cohérence et les impacts de l’activité de l’entreprise. Comme le résume Tek4Life, la comptabilité environnementale répond à différents défis dont :

  • Renseigner sur les limites biophysiques pour piloter l’entreprise
  • Prouver la viabilité du modèle d’affaires
  • Partager la responsabilité avec différents partenaires pour préserver les biens communs
  • Co-construire la légitimité par l’élaboration démocratique de nouvelles normes
  • Assurer la confiance, pour orienter notamment l’investissement vers des choix favorables à la préservation des écosystèmes.

Ces dernières années, le monde académique et les professionnels des métiers du chiffre, poussés par les nouvelles réglementations dans le domaine de l’environnement, se sont mobilisés pour créer différents types de référentiels techniques et financiers pour intégrer ces nouveaux enjeux de la durabilité. La question des référentiels (seuils de durabilité) et des indicateurs de mesure et de suivi est crucial. Un autre enjeu est celui de la monétisation des valeurs naturelles. Domaine scientifique émergent, les controverses sont nombreuses et montrent aussi le foisonnement des idées.

Les mondes agricole et agroalimentaire sont pleinement concernés. Dans un contexte d’attentes sociétales fortes pour des modèles alimentaires durables, les consommateurs et les pouvoirs publics expriment leurs exigences soit par les actes de consommation soit par les réglementations. A l’heure du Green Deal européen, de nombreuses directives vont venir compléter le dispositif réglementaire européen, au-delà des seules Stratégies Farm to Fork et Biodiversité, telles que celles sur la taxonomie verte ou sur le reporting extra financier.  Il est important que les acteurs de la production et de la transformation alimentaire s’approprient pleinement ces concepts, en les adaptant à leurs spécificités, et les intègrent dans leur stratégie d’entreprise.

agridées a mis en place un groupe de travail dédié Comptabilité environnementale et Entreprises agricoles à ce sujet dont la première réunion a lieu le vendredi 19 mars à 13h30.