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Temps de lecture : 5 min

03/02/2021

RECOLTE : une nouvelle plateforme collaborative dédiée au foncier agricole

Inraé et Terres de Liens ont présenté le 22 janvier lors d’un séminaire leur plateforme collaborative appelée RECOLTE qui a pour vocation de « faire connaitre les solutions pour préserver et gérer durablement le foncier agricole ».

La plateforme rassemble des initiatives territoriales issues de toutes les régions de France pour organiser la planification territoriale (liens rural – urbain) et l’usage du foncier agricole ayant pour objectif notamment d’organiser des systèmes alimentaires territorialisés (programmes alimentaires territoriaux notamment).

Coline Perrin (INRAE UMR Innovation, Université de Montpellier, qui regroupe principalement des géographes et des informaticiens) a rappelé l’importance d’articuler l’urbanisme et le projet agricole local. L’enjeu est de stabiliser les zonages sur le long terme pour éviter la spéculation foncière et créer une dynamique de projets entrepreneuriaux durables. L’existence de zones agricoles dédiées cadre les politiques d’urbanisme et la production agricole et n’en font pas, à l’inverse, une variable d’ajustement. Les différentes formes d’outils de planification ont été présentées : SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), PLU (Plan Local d’Urbanisme), ZAP (Zones Agricoles Protégées) ou encore PPA (Projet Partenarial d’Aménagement).

L’objectif des politiques de planification d’urbanisme est de faire émerger l’agriculture comme une priorité du territoire et d’organiser la concertation ad hoc avec les différentes parties prenantes. Différentes actions sont ensuite mises en œuvre pour réaliser les projets définis :

  • Actions sur le marché foncier : acquisition, portage et cession foncière, mise sur le marché contrainte, location, constructions subventionnées ;
  • Incitations, animation foncière : bourse au foncier, associations foncières agricoles ou pastorales (AFA ou AFP) ; subventions, impôts fonciers, taxes

 

Repenser les relations villes-campagne et la planification territoriale

Avec la montée en puissance des enjeux d’approvisionnement et de sécurité alimentaire, raccourcir les distances entre les zones de production et de consommation apparait comme un enjeu grandissant, sans toutefois chercher à généraliser les circuits courts. Intégrer l’agriculture à toutes les échelles de la planification est primordial en s’adaptant aux besoins et aux potentiels des territoires.

Sur le plan international, Yves Cabannes (professeur d’urbanisme à l’University College of London) a présenté une série d’expériences recensées et suivies sur les différents continents. Jusqu’au début des années 2000, l’alimentation est restée étrangère au domaine de l’urbanisme. Il s’agit désormais d’adapter les concepts d’agroécologie, de souveraineté alimentaire et de l’alimentation comme bien commun.

De nombreuses villes ont ainsi mis en place des Pactes Alimentaires (Milan en Italie par exemple) ou développer des formes d’agriculture urbaine favorisant l’inclusion sociale (autoconsommation), le développement économique (micro entreprises, économie sociale) ou l’éducation et la santé. La planification de l’agriculture urbaine/périurbaine joue un rôle moteur dans la planification des systèmes alimentaires urbains en connectant production, transport et distribution. Cela crée des effets d’entrainement sur d’autres secteurs d’activités économiques. L’enjeu pour les aménageurs est d’assurer la sécurité des chaines alimentaires, articuler l’économie formelle et informelle, réduire les fractures métaboliques (boucle alimentation – gestion des déchets) et la sécurité foncière. L’encadrement des projets permet aussi leur financement par les acteurs publics et privés.

En synthèse, ce colloque a mis en avant les différents outils et instruments pour repenser les relations villes-campagne et la planification territoriale. Les échanges ont toutefois mis en avant les craintes de nombreux élus locaux à associer les citoyens et les autres parties prenantes à l’élaboration des politiques publiques territoriales. Ces échanges permettent notamment de partager des choix structurants : filières à soutenir et construire, coûts de remise en état des terres et des friches agricoles, gestion de la pression foncière et limitation de l’éloignement des populations des centres villes.

Vous pouvez revoir les interventions respectives sur la chaine You Tube Récolte