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Pierre LE ROY

21 mai 2019

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Portrait de Pierre LE ROY

Optimiste pour le monde, inquiet pour l’UE, pessimiste pour la France

Le mouvement des gilets jaunes, le Brexit et les élections européennes conduisent chacun à s’interroger sur l’avenir de l’Union Européenne et de notre pays, et le diagnostic est loin d’être rassurant. Mieux vaut alors se tourner aussi vers la situation mondiale, telle qu’elle apparaît à partir de l’évolution de mon Indice du bonheur mondial. La conclusion est alors claire : on peut être optimiste pour le monde, mais inquiet pour l’Union Européenne et pessimiste pour la France.

Optimiste pour le monde
Cela surprendra tous ceux qui se fient aux informations diffusées quotidiennement par les médias et, plus encore par les réseaux sociaux. Ce qui les intéresse, c’est une catastrophe et un scandale tous les quarts d’heure, et n’importe qui désormais peut y raconter n’importe quoi. Nous préférons nous fier aux réalités qui apparaissent à travers l’évolution d’année en année, et non pas de jour en jour, ni d’heure en heure. C’est ce que fait l’indice du bonheur mondial, dont les conclusions, depuis maintenant près de 20 ans, ne se sont jamais démenties : le monde va mieux, puisque l’indice s’est amélioré de 25 % depuis l’an 2000 et que les 6 mauvaises nouvelles sont loin de compenser les 20 bonnes nouvelles que révèlent les chiffres. La liste de ces 6 mauvaises nouvelles (climat, migrations, liberté de la presse, etc…) et de ces 20 bonnes nouvelles (diminution très importante du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, moins de suicides et de morts violentes, etc…) figure à la page 60 de « bonheur mondial, édition 2019 », disponible sur le site Internet Globeco (www.globeco.fr).

Inquiet pour l’Union européenne
Les prochaines élections européennes, auxquelles les Britanniques auront peut-être l’impudence de participer, se traduiront vraisemblablement par une nouvelle poussée des anti-Européens. Il faut louer le courage de notre Président, qui est presque le seul à continuer à y croire, puisque Madame Merkel est désormais en bout de course. La raison de cette évolution défavorable est facile à trouver : la moitié des Européens, de plus en plus nombreux,  trouve qu’il y a trop d’Europe, et l’autre moitié, de moins en moins fournie,  trouve qu’il n’y en a pas assez. L’absence de diagnostic commun empêche toute thérapie sérieuse, obligeant les gouvernants à naviguer au jour le jour, sans projet à moyen-long terme capable de fédérer  et de revigorer une majorité d’Européens. Résultat : le scepticisme et l’inquiétude ne cessent de gagner du terrain.

Pessimiste pour la France
Notre pays est coutumier des révoltes et des manifestations plus ou moins rationnelles. Parti d’un constat tout à fait exact (le prix élevé des carburants, du fait de l’augmentation beaucoup trop rapide de la taxe carbone, …), et donc d’un mécontentement tout à fait compréhensible, le mouvement des gilets jaunes a ensuite dégénéré, et la parole de leurs « responsables » s’est alors complaisamment répandue. Le moins qu’on puisse en dire est qu’ils n’ont ébloui personne par leur sens des responsabilités, ce qui ne les empêche pas de penser qu’ils sont capables de gouverner notre pays. Sans doute ne suis-je pas le seul à avoir été surpris par la profondeur de la colère de ces compatriotes qu’aucune mesure ne pourra jamais satisfaire puisqu’ils semblent penser qu’il suffirait de « virer » l’actuel président pour que tout s’arrange … Notre pays sera-t-il capable de donner une réponse satisfaisante à la fois à ceux qui veulent aller de l’avant et à ceux qui souhaitent avant tout bénéficier de ce que les Chinois appelaient « la grande marmite », avant que Deng Xiao Ping ne leur explique qu’il fallait d’abord la remplir pour qu’on puisse s’y approvisionner ? Rappelons que notre pays est celui où la dépense publique et sociale est la plus élevée du monde (57 % du PIB) ; les Français qui  travaillent pour remplir « la grande marmite » ne risquent-ils pas de se décourager ?