Avec le numérique, la posture de chef d’entreprise agricole s’affirme encorePublié le 22 septembre 2016 par Marie-Laure HUSTACHE

environnement-data2Telle est en tous cas l’impression donnée en ayant suivi le 20 septembre dernier l’une des tables-rondes de la  7ème Conférence Européenne des Coopératives Agricoles, intitulée  « La révolution numérique est-elle vraiment créatrice de valeurs pour les coopératives ? ».

Baptiste Bannier, Directeur et expert Agribusiness chez PWC a notamment présenté en introduction les résultats de l’étude menée auprès d’une douzaine de coopératives agricoles françaises sur leur rapport aux défis du numérique. Rappelant que le monde agricole est plus connecté que la moyenne et souvent précurseur en matière d’outils connectés (voir aussi à ce sujet notre article sur “La quatrième dimension de l’agriculture” paru page 26 dans le Hors-Série de WIKIAGRI), l’expert  a souligné que le numérique était perçu comme une composante de l’ écosystème coopératif (gestion des flux, digitalisation, agriculture de précision,  etc.). Toutes les coopératives interrogées sont ainsi convaincues par le numérique et certaines parlent même de « plébiscite » de la part de leurs adhérents en cette « période charnière ». Principaux défis identifiés ? L’ubérisation de la chaîne de valeurs et l’arrivée de start-up aux services concurrents, mais aussi la réglementation autour des données recueillies grâce au digital.

 

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« Un  sujet de préoccupation pour elles mais pas sujet de blocage avec un souci de mettre en place la pédagogie nécessaire auprès des agriculteurs adhérents. » a souligné Baptiste Bannier.

« Les coopératives deviennent de plus en plus commerciales, et bénéficient avec le numérique de l’avantage de la traçabilité à tous les bouts de chaîne, avec un lien direct les consommateurs finaux » a démontré Erwin Logt, CIO & Business Leader in Digital de la coopérative néerlandaise FRIESLAND CAMPINA, très présente en Asie et en Océanie avec une forte stratégie de communication digitale.

« La « smart agri » permet une véritable création de valeur économique, écologique, sociétale en plus. », a insisté pour sa part Stéphane Marcel, Directeur général de SMAG (Groupe In Vivo) spécialisée dans les logiciels de gestion de données agronomiques accessibles sur le web. Au terme d’ agriculture raisonnée, « déjà has-been», ce dernier préfère d’ailleurs celui d’ « agriculture mesurée », où le rôle actif des chefs d’entreprise agricole aux commandes de tous ces outils de précision est accentué. Un aspect qui sera sans doute également abordé par saf agr’iDées le 25 octobre prochain lors de son prochain agr’iDay intitulé « Fermes du futur : Big Data et agriculture de précision », avec un éclairage international exclusif des usages des big data dans l’agriculture et la participation de start-ups françaises et britanniques axées sur ces services.