Betteraves : l’innovation est source d’optimisme malgré une conjoncture difficilePublié le 21 décembre 2018 par Marie-Cécile DAMAVE

 

L’Assemblée Générale de la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves (CGB) s’est tenue le 18 décembre 2018. Dans une conjoncture économique des marchés sucriers plutôt morose, cette réunion a été l’occasion d’envisager des pistes de progrès et d’optimisme.

 

Panorama économique international

Dans l’Union européenne, la production de sucre a augmenté de plus de 56% en 2017-2018 pour atteindre 21 millions de tonnes : cette première année de campagne non soumise aux quotas a boosté la production. La France et l’Allemagne demeurent les deux pays leaders de l’UE avec respectivement 29% et 24% de la production totale.

 

L’Union européenne ne représente que 11% de la production mondiale de sucre (21 sur 190 millions de tonnes produites en 2017-2018), et elle subit les fluctuations des cours mondiaux. La baisse des prix a été particulièrement marquée ces deux dernières campagnes : 22% en 2017-2018, succédant à 40% en 2016-2017. Cette chute résulte de la forte progression de la production de l’Inde, qui est devenue le leader mondial aux dépends du Brésil, avec respectivement 35 et 32 millions de tonnes produites. D’autre part, la production des troisième et quatrième producteurs mondiaux ont également significativement progressé, pour atteindre 21 millions de tonnes pour l’Union européenne et 15 millions de tonnes pour la Thaïlande. La consommation n’a pas évolué au même rythme et les marchés se sont considérablement alourdis.

 

A terme, les perspectives sont en revanche positives : la demande mondiale est croissante pour le sucre, en particulier en Chine et en Indonésie, et ces deux pays auront besoin d’importer pour répondre aux besoins de leurs populations, et en particulier les classes moyennes. C’est une opportunité commerciale pour l’Union européenne, et pour la France en particulier.

 

Leviers d’innovation technologique

 

En France, les planteurs de betteraves sont préoccupés par les outils de production à leur disposition pour protéger leurs cultures des maladies, des ravageurs, et des impacts du changement climatique. Les principaux traits sur lesquels travaillent les semenciers, et en particulier Deleplanque, en amélioration variétale sont la tolérance au stress hydraulique, la résistance à la forte pression de la rhizomanie, à la cercosporiose, à la jaunisse (difficile à maîtriser sans l’aide des néonicotinoïdes). Le programme de recherche en partenariat public-privé AKER a permis de réintroduire de la variabilité dans les variétés de betteraves à sucre, en utilisant des techniques de génotypage et de marquage moléculaire.

 

Par sa part, l’Institut Technique de la Betterave recherche des alternatives aux traitements chimiques sur les plantes et deux principales voies sont prometteuses : celle des endophytes (organismes qui accomplissent leur cycle de vie à l’intérieur d’une plante vivante, sans provoquer aucun symptôme) qui produisent des alcaloïdes tueurs de ravageurs, et celle des microbiotes, qui sont des bactéries et des virus qui vivent en symbiose avec la plante et peuvent la défendre contre les nuisibles, par exemple en enrobage de semences.

 

 

Plus largement, la betterave est une plante phare de la bioéconomie, c’est-à-dire de l’économie biosourcée, l’économie bas carbone. La bioéconomie a été présentée comme une nouvelle chance pour l’agriculture dans ce congrès.

 

Pour aller plus loin :

Rapport d’activité 2018 et rapport annuel – Faits et chiffres 2018 de la CGB : http://ag.cgb-france.fr/documentation/ag-2018/

Note agridées d’octobre 2018 : « Bioéconomie : entreprises agricoles et société, une urgence partagée » : https://www.agridees.com/publication/bioeconomie-entreprises-agricoles-et-societe-une-urgence-partagee/