Bienvenue à la banane française équitablePublié le 8 mars 2018 par Isabelle DELOURME

Nouvelle segmentation pour l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN) : la banane française équitable.

Lancée le 27 février 2018 dans le cadre du Salon international de l’agriculture la  banane française équitable vise à accompagner les petits producteurs qui ont moins de 500 tonnes de référence et une surface d’au plus 10 ha. Il s’agit d’un partenariat gagnant consommateur/distributeur/producteur, déjà mis en œuvre dans le cadre de la banane française vendue à la pièce et non au kilo.  Dans le cadre de ce projet Banane Equitable un prix stable est assuré toute l’année au producteur, avec une rémunération supplémentaire payée par le consommateur et redonnée en totalité à ces petits producteurs intégrés. La « Banane équitable » offrira ainsi une rémunération garantie aux producteurs de + 40 % entre l’augmentation du prix d’achat et la prime pour le financement d’actions collectives.

Ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire, et du commerce équitable nord-nord (également appelé commerce équitable local) vise à pérenniser les petites exploitations familiales, à inciter les jeunes à reprendre la suite de leurs aînés et à encourager l’investissement directement ou collectivement. Cette banane est soumise à un cahier des charges précis. Les premières livraisons de ces bananes enroulées dans un ruban vert feuille et bleu blanc rouge devraient arriver dans les magasins en mai.

Cette décision intervient dans un contexte où ces producteurs des Antilles ont été durement touchés par l’ouragan Maria les 17 et 18 septembre 2017. L’impact a été très fort sur la Guadeloupe, détruisant à 100 % la production bananière, et à 60 % celle de Martinique. La forte mobilisation de la filière a permis de mettre en œuvre des dispositifs de relance agronomique  et technique des bananeraies et des dispositifs sociaux (activité à temps partielle, plans de formation) qui permettent d’espérer un retour à la normale pour 2019. La Guadeloupe table ainsi sur une production 2018 de 30 à 35 000 t (50 000 t en année moyenne), et la Martinique sur 130 à 135 000 t (200 000 t en année moyenne).

Crédit photo : I. Delourme