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8 janvier 2021

Point de vue

Une décennie de défis et d’opportunités s’ouvre à nous !

C’est sans état d’âme que je vous propose d’aborder cette nouvelle année 2021, même si un certain nombre de signaux sont identiques au démarrage de […]


Damien BONDUELLE

18 décembre 2020

Point de vue

2030 commence maintenant !

Alors que nous entrons de plain-pied dans une nouvelle décennie, nombreuses sont les politiques, qu’elles soient nationales, européennes, ou internationales[1] à s’être fixées l’année 2030 comme point d’étape ou d’arrivée avec des objectifs élévés.

Tel est notamment le cas de la politique climatique et de la future « Loi Climat ». A l’occasion du Conseil européen des 10 et 11 décembre derniers, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de fixer l’objectif de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, afin d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Ils ont ainsi durci sensiblement le précédent objectif qui avait été fixé à 40 % de réduction. Concrètement, il convient dès à présent de doubler annuellement les efforts de réduction réalisés sur la période 2005-2019.

A cet objectif ambitieux qui impactera tous les secteurs économiques, le secteur agricole s’est vu  proposer en mai dernier d’autres buts à atteindre pour 2030 à travers les stratégies européennes « De la ferme à la fourchette » et « Biodiversité », deux des onze composantes du Pacte vert permettant d’assurer la durabilité de nos systèmes agricoles et alimentaires. Ainsi pour la fin de cette décennie, il faudrait avoir réduit de 50 % l’utilisation des pesticides, d’au moins 20 % l’utilisation d’engrais, de 50 % les ventes d’antimicrobiens utilisés pour les animaux d’élevage et l’aquaculture. 25 % des terres agricoles de l’UE devraient être en agriculture biologique. Si nous ne prenons que ce dernier objectif, en 2019 la surface agricole française en bio était de 8,5 %. Il faudrait donc dans la décennie qui s’ouvre tripler les surfaces jusqu’à présent converties à ce mode de production !

La question n’est pas ici de critiquer la pertinence de ces objectifs mais de s’interroger sur la capacité des acteurs à les atteindre avec les moyens dont ils disposent aujourd’hui. Face à un certain nombre d’injonctions contradictoires reçues par les agriculteurs, l’observateur peine à trouver de la cohérence entre la fin et les moyens. C’est pourtant de cette cohérence dont dépend le succès des politiques mises en place.

Les trajectoires climatiques ou environnementales sont à présent perçues comme très ambitieuses. Pour autant 2021-2030 ne peut être la décennie du renoncement ou de l’atermoiement. Elle sera donc celle de l’action collective pour que l’ensemble de nos entreprises agricoles deviennent durables.

Certes, il existe un risque que les marches soient si difficiles à gravir qu’au final le sommet ne soit jamais atteint, que la montée se fasse à marche forcée ou que l’on décide tout simplement de rebrousser chemin. Ces scénarios ne seront évités que si l’ensemble des acteurs économiques transforment les contraintes imposées en opportunités.

Réseau multi-acteurs, lieu d’échanges, d’analyses et de réflexions, agridées entend prendre toute sa part dans l’accompagnement des chefs d’entreprise agricole et des décideurs de nos secteurs pour trouver les solutions qui seront nécessairement combinatoires, leur permettant de réaliser, chaque jour, les petits pas qui les mèneront aux cimes de 2030.

[1] Citons l’Agenda 2030, dans le cadre duquel les 17 objectifs de développement durable adoptés en 2015 par les  États membres de l’Organisation des Nations Unies doivent être atteints en 2030.


Jean-Baptiste MILLARD

11 décembre 2020

Point de vue

Clap de fin pour la Ferme des 1000 vaches 

Je suis triste et déçu quand je lis dans la presse l’arrêt définitif de la Ferme des 1000 vaches. Cette décision, sans en connaître officiellement […]


Damien BONDUELLE

4 décembre 2020

Point de vue

Construire ensemble un écosystème européen de l’AgTech

Depuis plusieurs années, agridées s’engage dans la construction un écosystème européen de l’AgTech en connectant les acteurs français de la production et de la recherche de solutions technologiques innovantes avec leurs homologues européens (startups, grands groupes, organisations publiques).
Déjà en 2016, nous organisions un agriday en partenariat avec l’ambassade de Grande-Bretagne sur le thème « Fermes du futur : big data et agriculture de précision ». En 2018, nous avons accueilli une rencontre B2B avec des entreprises israéliennes de l’AgTech. En 2019, nous avons orchestré une conférence internationale avec AXEMA au Salon International du Machinisme Agricole sur l’ « Agriculture augmentée, une réalité aujourd’hui et demain » et mis en place une rencontre France-Allemagne avec des acteurs de l’agriculture de précision avec le soutien du land allemand de Rhénanie-Palatinat.
Enfin, malgré les conditions si particulières de cette année 2020 qui s’achève, nous avons poursuivi nos efforts. Nous nous sommes engagés auprès de l’ambassade des Pays-Bas dans une étude sur les opportunités de collaboration entre sociétés françaises et néerlandaises et auprès d’InVivo Quest, ce challenge d’innovation en quête d’acteurs porteurs de solutions pour l’agriculture de demain.
En tant que think tank indépendant et ouvert sur le monde, notre vision est résolument européenne. Nous sommes convaincus que les chefs d’entreprise agricoles ne parviendront pas à relever les défis globaux du 21eme siècle (pressions climatiques et sanitaires, transitions agricole, alimentaire et industrielle, basculement géopolitique) sans les innovations technologiques et sans leurs partenaires européens.
C’est dans cet esprit que s’inscrira notre future Note issue des réflexions du groupe de travail « Quels outils numériques de traçabilité dans la chaîne de valeur agroalimentaire ? » à paraître en 2021.


Marie-Cécile DAMAVE

19 novembre 2020

Point de vue

Le « produire autrement » a un prix, y compris dans les épinards !

Il est des conséquences à la réduction des pesticides qui doivent être bien comprises et acceptées par tous les acteurs de la chaîne alimentaire, à commencer par le consommateur, ce qui ne semble pas toujours être le cas.
En effet, s’il est parfaitement légitime que ce dernier ait accès à des produits sains, la volonté de réduction importante de l’utilisation des pesticides décidée par le législateur entraîne des conséquences qui ne doivent pas demeurer invisibles.
En tant que producteur d’épinards, je prendrai deux exemples récemment vécus.
Le printemps dernier, plusieurs dizaines d’hectares de mes collègues n’ont pu être récoltés pour cause de présence sur les feuilles de larves de syrphes (auxiliaires de culture qui sont particulièrement intéressants pour réguler les populations de pucerons). Toutefois, puisqu’une larve d’insecte n’est jamais très agréable à voir dans son assiette, le consommateur a-t-il conscience que l’impossibilité de supprimer chimiquement cette larve entraine un tel gaspillage au champ ?
Cet automne, c’est avec angoisse que j’ai vu se développer des repousses de petits pois dans mes champs d’épinards. Le seul moyen de lutte possible est le recours à la main d’œuvre pour éliminer manuellement ces repousses, faute de solution chimique autorisée. Les coûts de production ont donc explosé sans répercussion sur le prix de vente ne permettant pas de sauver toute la récolte. Un tiers de la parcelle a dû être abandonnée, là encore synonyme de gaspillage au champ.
Ces deux exemples, parmi tant d’autres, nous montrent toute la difficulté pour les producteurs de répondre aux attentes du consommateur final – qui s’est façonné un idéal de produits beaux, parfaits et, de surcroît, bon marché – tout en se passant de la chimie.
Pour aider le producteur à poursuivre dans la voie d’une diminution des produits phytosanitaires au champ, l’accès à la main d’œuvre devra être facilité, la machine du fabricant de matériel agricole perfectionnée, le cahier des charges de l’industriel adapté et l’information du distributeur auprès de ses clients-consommateurs éclairée. Un beau projet de filière !


Marcel Lejosne

29 octobre 2020

Point de vue

Flexitarisme, vers la transition alimentaire

Composé de l’association de « flexible » et de « végétarisme », le flexitarisme ne se concrétise pas dans un régime « sans » ou dans une diète fondée sur l’exclusion, c’est une trajectoire. En outre, le flexitarisme constitue un point de convergence de très nombreuses évolutions d’ordre sociologique ou sociétal. C’est un concept agglutinant.
Néanmoins le phénomène existe si bien que, par l’assiette, on peut vouloir plus : changer le monde ! Dès lors, il s’agit moins d’ausculter une tendance déjà connue – la baisse de la consommation individuelle de viande depuis le début du siècle – que d’éclairer les interactions en jeu, de débattre des principaux arguments, d’analyser les choix stratégiques et de montrer à quel point la transition alimentaire est déjà à l’œuvre.
Cette transition peut constituer une opportunité pour les entreprises agricoles et toute la chaîne alimentaire. Les évolutions et innovations des pratiques agricoles s’imbriquent dans la transformation des filières alimentaires et l’offre aux consommateurs. L’association végétal/animal pourrait être ainsi revitalisée sur tous les plans, agricoles et alimentaires. À condition que les règles du jeu soient claires et transparentes et que la construction de valeur s’opère sur les vertus propres à chacune des offres.
Le think tank agridées publie en ce sens aujourd’hui sa nouvelle Note « Flexitarisme : une opportunité pour la chaîne alimentaire ? » et diffuse à cette occasion ses 7 propositions sur les volets « étiquetage européen », « promotion/communication » et enfin « Financement des acteurs économiques ».

Bonne lecture !


Yves LE MORVAN

9 octobre 2020

Point de vue

Quand le temps long est talonné par l’actualité

Lors de son intervention en introduction de la conférence organisée par agridées sur le thème « Entreprise agricole et défi climatique », Christian de Perthuis a bien indiqué qu’en matière climatique nous étions « sur le temps long ».
Précisément, dans le domaine agricole, nous nous situons sur des échéances à long terme, surtout lorsqu’il faut adapter de nouvelles pratiques innovantes, que ce soit dans le domaine de l’élevage, de la production végétale ou d’investissements de toute nature.
Bon nombre de témoignages recueillis lors de notre débat du 29 septembre dernier, toujours basés sur des expériences de terrain, nous l’ont prouvé. Saluons la patience et l’entêtement des acteurs impliqués dans ces processus de changement, nous prouvant au passage que cela en vaut la peine. Ces parcours de femmes et d’hommes, chefs d’entreprises agricoles, sont des exemples qui doivent être mis en avant et partagés.
En conclusion des échanges, l’ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a remis l’accent sur les outils destinés à accompagner ces transitions et a encouragé les acteurs concernés à plus de convergences vers cet objectif commun de réduire coûte que coûte notre impact carbone.
Et c’est bien dans ce sens que toutes les structures de nos secteurs doivent œuvrer pour mieux faire connaître et coordonner les actions concrètes, pour un résultat qui ne sera visible que sur le très long terme.
Il est certes difficile de faire un lien direct entre les intempéries dévastatrices que nous venons de connaitre et le dérèglement climatique. Il n’en demeure pas moins que les pluies extrêmes et les vagues de chaleur ont déjà augmenté en intensité. Ces événements douloureux doivent justement nous rendre attentifs aux adaptations nécessaires et prioritaires.
Cherchons à consacrer nos actions à cette priorité. Faisons converger nos travaux vers ces objectifs communs, et poussons nos représentants politiques français et européens à œuvrer dans le même sens.
Agridées prendra sa part, en lançant prochainement deux groupes de travail sur ces sujets à la fois terriblement d’actualité et incontestablement de long terme.


Damien BONDUELLE

25 septembre 2020

Point de vue

Participer à la connaissance est plus que jamais notre fil conducteur !

Nos agricultures doivent continuer à relever les défis d’une consommation aux exigences sans cesse renouvelées, mais dorénavant largement consensuelles. Nos agricultures, toujours aussi performantes, voient […]


Gerard MATHERON

4 septembre 2020

Point de vue

A propos de la main-d’œuvre détachée en agriculture en particulier, et de la motivation à y travailler, en général

L’épisode de confinement et de fermeture des frontières dû au Covid 19 a permis à de nombreux consommateurs de prendre conscience de l’existence et du rôle crucial des travailleurs agricoles. Cette « armée de l’ombre de l’agriculture », pour reprendre l’expression du Ministre de l’agriculture de l’époque, est devenue subitement et cruellement manquante bien qu’indispensable pour nourrir la population. On se souvient aussi de la difficulté à garder et à motiver les travailleurs agricoles parfois bénévoles et souvent improvisés, venant prêter main forte aux agriculteurs.

Le 13 août dernier, Willam Plummer signait un article dans Le Figaro à propos de la surveillance particulière des services de l’Etat sur le travail détaché* dans différents domaines professionnels et notamment en agriculture, ayant amené, écrit-il, les entreprises à respecter l’équivalence de traitement entre ces travailleurs étrangers et les citoyens français. Pour avoir pratiqué l’emploi de travailleurs étrangers sur une exploitation agricole à forte utilisation de main-d’œuvre, je ne me souviens pas avoir bénéficié de coûts horaires plus bas que pour les salariés permanents et locaux, la législation étant parfaitement claire sur cette obligation de rémunérer le personnel sur les mêmes bases. Par contre, la motivation au travail et la productivité constatée me motivait pour ce type de recrutement, sachant que la différence de coût, issue d’une utilisation d’heures majorées beaucoup plus importante, était largement compensée par la productivité et l’assiduité sur le terrain de la part de ces travailleurs en détachement, facilitant grandement l’organisation du travail.

Nouveaux arguments pour de nouveaux comportements

Et c’est surtout sur la base de la mauvaise réputation du travail manuel en agriculture qu’il fallait trouver une main-d’œuvre de remplacement, malgré une disponibilité apparente d’inscrits potentiels dans les bureaux de recrutement ou même à Pôle Emploi. Alors, comment modifier cette triste réputation alors que le domaine agricole possède de solides atouts pour satisfaire une population que l’on dit attirée par la nature, le retour aux sources, et voulant profiter d’un maximum de bienfaits que peut offrir la ruralité ? Encore faut-il en accepter quelques contraintes comme les aléas climatiques, la pluie, le froid ou au contraire les grosses chaleurs, quand ce n’est pas un problème d’horaire : en agriculture on se lève souvent très tôt, avant les poules ! Et c’est en fait tout le problème, car ces contraintes pénalisantes pour le bien-être et la vie familiale sont souvent un obstacle difficile à franchir.

A l’inverse, il serait intéressant d’écouter les personnes qui trouvent un intérêt à leur travail en entreprise agricole, là où la diversité des métiers et des compétences ne manquent pas. Les arguments sont étonnants. Ce qui revient souvent, c’est l’autonomie et la formidable liberté d’action, imposées par le caractère même des prestations agricoles, où la pratique de l’initiative individuelle vient compléter une solidarité d’équipe dans un cadre souvent clairement défini comme les volumes à traiter, la qualité des produits et l’importance de leur présentation, dernier élément qui rapproche l’acteur agricole au consommateur qu’il est lui-même. Mais au-delà de l’organisation du travail, c’est l’environnement lui-même qui attire. Comment expliquer la différence entre le travail au champ en comparaison au vacarme d’un atelier fermé ?  Comment ne pas apprécier l’ambiance des équipes de vendanges malgré le stress de la météo et la nécessaire adaptation aux contraintes de la maturité des raisins, qui bouscule les organisations ?

Oui il faut des capacités physiques pour une prestation parfois exigeante tant en rythme qu’en dextérité, et un temps d’adaptation nécessaire. Mais l’enjeu en vaut la peine si les bonnes volontés prennent l’avantage sur les résistances. Il nous faut donc créer les outils nécessaires, non pas pour générer une relocalisation – nous sommes bien ici sur le territoire français – mais pour rendre attractifs les travaux agricoles auprès de nos concitoyens en leur apportant les éléments permettant une réelle motivation à ce challenge.

Du côté des employeurs, la formation, le climat de confiance et une meilleure ambiance générale sur les lieux de travail, sources de bien-être et de motivation, permettront aux salariés de s’y investir sereinement. Ce nouveau comportement serait la base d’une meilleure réputation du travail au sein de nos entreprises agricoles, entraînant elle-même l’envie pour les sans-emploi d’y être intégrés.

* Instauré par une directive européenne en 1996, le détachement permet à toute entreprise d’un État membre de faire travailler, pour une durée limitée, des salariés d’un autre État de l’Union.


Damien BONDUELLE

31 juillet 2020

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Agriculture, forêt et changement climatique : territorialisons nos actions !

Après une excellente année 2019, la récolte française de blé tendre est en berne en 2020, avec une production qui sera certainement inférieure à 30 millions de tonnes. Quant aux herbages, ils deviennent de véritables paillassons suite au déficit hydrique de ces derniers mois. Ainsi éleveurs et céréaliers sont une nouvelle fois confrontés à des conditions climatiques défavorables, qui favorisent au demeurant la pression des ravageurs.

Chacun peut le constater, les années se suivent et se ressemblent toujours plus : des hivers doux, des printemps à la pluviométrie irrégulière, des étés chauds et secs. Et nous allons de record en record. Ainsi le premier semestre de l’année 2020 a été le plus chaud jamais enregistré en France et le mois qui s’achève restera comme l’un des mois de juillet les plus secs.

L’objectif de l’Accord de Paris de décembre 2015 tendant à contenir d’ici la fin du 21e siècle « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C » (article 2), sera très difficile à tenir. Pour s’en convaincre, il faut se pencher sur les prévisions climatologiques publiées au début de ce mois par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui annonce que la température moyenne mondiale de chacune des cinq prochaines années (2020–2024) devrait être supérieure d’au moins 1 °C aux niveaux préindustriels (1850–1900) avec une probabilité de 20 % qu’elle la dépasse de 1,5 °C pendant au moins une de ces années.

Les agriculteurs et les sylviculteurs subissent de plein fouet les effets du changement climatique sur leurs activités. Dans ce contexte, l’adaptation de l’agriculture et de la forêt françaises et européennes devient une urgence qui nécessite de mobiliser l’ensemble des acteurs privés et publics.

Tous les leviers doivent être actionnés. La phase adaptative nécessite de repenser les techniques culturales, les assolements, les modes de conduite des troupeaux. Elle impose notamment d’investir massivement dans la recherche variétale, les outils d’aide à la décision, l’irrigation de précision. Elle oblige à retravailler dans les terroirs l’ensemble des cahiers des charges des produits sous signes officiels de qualité. Elle exige encore d’améliorer les outils de gestion de l’entreprise agricole, qu’ils soient assurantiels, financiers ou fiscaux.

La réflexion est d’autant plus délicate qu’elle impose une approche territoriale, plus que nationale ou européenne. Les agricultures et forêts de chaque région rencontrent en effet des problématiques qui leur sont propres et qui exigent des réponses sur-mesure.

Et non seulement agriculteurs et sylviculteurs doivent s’adapter mais il est attendu d’eux, peut-être plus encore que des autres secteurs économiques, une forte contribution à l’atténuation du changement climatique, en décarbonant leurs activités et en stockant le carbone dans leurs sols. Là encore les initiatives et solutions seront locales.

Le think tank agridées, en traitant le thème « Entreprise agricole et défi climatique » à l’occasion de sa conférence d’Assemblée générale le 29 septembre prochain, et en proposant à ses adhérents à la rentrée un nouveau groupe de travail consacré aux « outils techniques d’atténuation et d’adaptation face au changement climatique », souhaite contribuer positivement pour relever le défi du siècle.


Jean-Baptiste MILLARD

10 juillet 2020

Point de vue

Dire (et faire) mieux dans « le monde d’après »

Dans le « jour d’avec » (ce qui nous arrive), comme l‘écrit si bien Mercedes Erra dans une récente tribune, comment le couple producteur-consommateur va-t-il évoluer ? A l’image du double sens de l’idéogramme chinois , qui désigne le mot « crise », je vois la crise actuelle comme une zone de danger, mais surtout comme une source d’opportunités…
Danger si les acteurs de la chaîne alimentaire et leurs contradicteurs s’attendent à un résultat différent tout en continuant à se comporter de la même manière . Opportunité si une véritable communication s’installe entre les différents publics concernés par l’alimentation, l’agriculture, l’environnement, la souveraineté alimentaire et la solidarité autour du socle consommateurs-agriculteurs. Il semble temps de faire plus que de prendre en compte la pluralité des avis, mais de mettre en commun, c’est-à-dire, de mieux communiquer…
En effet, on se parle de plus en plus, mais on se comprend de moins en moins ! Tout d’abord, il me semble primordial de se concentrer sur la perception du consommateur, destinataire d’informations multiples qu’il a du mal à « digérer ». Deux exemples parmi d’autres. Devant une allégation indiquant « porc élevé sur paille », certains consommateurs sont interloqués : « Cela veut dire quoi exactement ? Ils vivaient où les porcs « avant » ? Et lorsque ce n’est pas marqué sur l’étiquette, cela veut dire quoi ? ». Commentant une autre étiquette informant que les tomates sont « sans résidus de pesticides », certains acheteurs expriment légitimement leur inquiétude : « Sans résidus, cela fait peur ; est-ce que continuer à acheter des tomates sans cette étiquette c’est dangereux pour ma santé ? En plus, tout le monde ne peut pas se payer ces tomates-là ! »
Il serait bien d’avoir un vocabulaire commun. Si l’on en croit Friedrich Nietzsche, chaque mot est un préjugé . Il y a donc un vrai chantier sémantique à ouvrir et le temps qui s’ouvre à nous est plus que jamais le temps de la responsabilité, du mot choisi et expliqué, du terme compris. Un parcours à faire tous ensemble pour reconnecter les mondes de la production et de la consommation.


Anne Dumonnet-Leca

19 juin 2020

Point de vue

L’avenir de la consommation et de la distribution

Nous vivons une période de fortes turbulences, entre la crise sanitaire, la crise écologique et la crise économique qui s’annonce – sans oublier les fortes tensions sociales qui traversent notre pays. De nombreuses entreprises ont été fortement fragilisées par la pandémie du Covid-19. Autour de nous, tout nous incite à questionner le modèle dominant, à inventer de nouveaux récits basés sur l’entraide et le partage, à redéfinir la suite. Chaque entreprise est invitée à redéfinir sa raison d’être, en s’inscrivant dans le bien commun. Nous avons tout intérêt à ne pas reconduire systématiquement le modèle précédent de recherche de croissance économique, pour aller vers davantage de création de valeur, de type valeur sociétale ajoutée, et pour adopter une conduite plus respectueuse de l’environnement et de l’humain.
La consommation et la distribution sont au cœur de ces transformations. Notre rapport à la consommation a été bouleversé : drive et proximité sont les grands gagnants des derniers mois, ce qui, dans les deux cas, surpondère la M.D.D. La livraison à domicile également est en forte hausse. Les inégalités face à la consommation s’amplifient et les nouveaux premiers prix intégrant les valeurs de marque de l’enseigne sont tout aussi importants que le bio. La plupart de nos concitoyens se tournent résolument vers le local, par conviction ou par simplicité : les supermarchés peuvent développer leur ancrage local qui est déjà fort. Ils doivent aussi investir dans la maîtrise de leurs approvisionnements, en lien avec leurs communautés de clients et avec leurs territoires.
La crise sanitaire a aussi permis de développer une forme de solidarité entre les différentes parties prenantes de la filière agricole : cet élan ne doit pas voler en éclats. Cela passe d’abord par une réconciliation de l’ensemble des acteurs : on doit quitter la négociation annuelle pour évoluer vers le contractualisme, en se liant contractuellement sur du long terme avec une approche pluri-annuelle. On passe ainsi du « prix prédateur » au « prix responsable ». Les leaderships de demain se construiront dans la réconciliation et non plus dans le rapport de force, ils deviendront des médiateurs bien plus que des leaders au sens classique du terme.


Serge Papin

5 juin 2020

Point de vue

Global Health : un bien commun qui concerne l’agriculture

L’actualité récente a placé notre santé au rang de bien commun de l’humanité, elle doit être appréhendée globalement et l’agriculture en est au cœur.

Global Health (La santé globale), c’est une façon de voir les choses de manière beaucoup plus intégrée et systémique à travers une lecture pluridisciplinaire : santé des sols, des plantes, des animaux et des hommes sont intimement liés et doivent désormais être pensés à l’échelle du monde. La santé globale est sans frontières, elle est une et partagée par tous : humains, animaux et écosystèmes. C’est une approche holistique à contrario des démarches cartésiennes qui ont prévalues durant des siècles, les systèmes complexes ne sont pas la seule somme de leurs composants. Si cette approche n’a pas jusqu’alors été privilégiée, c’est avant tout que nous n’en avions pas les moyens techniques et scientifiques. Notre capacité nouvelle à traiter et analyser des données massives nous le permet de plus en plus. Le chantier de la santé peut donc désormais s’appréhender globalement.

Si l’Homme et ses milieux de vie ne peuvent pas être séparés, l’agriculture est au croisement des impératifs de santé globale et ne peut donc pas ne pas s’en désintéresser. L’agriculture soutient la santé en fournissant l’alimentation et la nutrition aux populations du monde, elle se doit de le faire dans le respect des écosystèmes. Global health, à la croisée des santés humaines, animales et environnementales, interroge le rôle de l’Homme et l’impact sur son environnement au croisement des impératifs de production, de biodiversité et de climat.

Global health ne concerne pas que la science, elle nous concerne tous, à la fois dans nos actes d’achats, nos façons de consommer et de produire mais aussi la définition de nos politiques notamment en matière d’approvisionnement alimentaire et de productions agricoles. Notre avenir en dépend vraisemblablement et il ne pourra être heureux que s’il est pensé et réalisé en commun.


Hervé PILLAUD

2 juin 2020

Point de vue

Points clés : agridébat “L’innovation biotech en mode startup pour réussir les transitions agricole, alimentaire et industrielle”

Le 25 mai 2020, agridées organisait en partenariat avec le Pôle IAR et le media « Les clés de l’agriculture », un agridébat en distanciel sur le thème “L’innovation biotech en mode startup, pour réussir les transitions agricole, alimentaire et industrielle”.


Marie-Cécile DAMAVE

20 mai 2020

Point de vue

Choisissons la bioéconomie pour construire le monde d’après

Notre société est vulnérable. La crise du COVID-19 en révèle violemment les fragilités : nos industries délocalisées nous font cruellement défaut (manque de masques, de matières premières pharmaceutiques, d’équipement médical) ; nos dépendances multiples risquent d’occasionner de graves ruptures dans nos chaînes d’approvisionnement ; nous ne sommes tout simplement pas prêts pour affronter les crises sanitaires et environnementales futures que déclenche de plus en plus souvent l’activité humaine.

Face à ces constats, il est nécessaire de nous poser la question de « l’après » et d’anticiper les défis que nous aurons à relever.

En tant que directeur d’IAR, je suis convaincu que la bioéconomie est une partie de la réponse collective que nous pouvons apporter pour garantir notre indépendance alimentaire, énergétique et industrielle, préserver nos modes de vie sur le long terme en adoptant un modèle durable, et développer nos emplois localement.

La bioéconomie est un projet de société qui associe producteurs, industriels, groupes, PME et start-up, universitaires, politiques, citoyens, pour apporter des solutions concrètes et durables de remplacement à des matières premières souvent polluantes, de plus en plus rares et chères. Elle sera d’autant plus vertueuse, que nos pratiques agricoles le seront-elles-aussi, en réduisant leur impact sur l’eau, l’air, les sols et la biodiversité. La bioéconomie est un choix !

Les apôtres de la décroissance opposeront certainement qu’il s’agit toujours d’industries et de réponses aux besoins de consommation croissants d’une population en constante augmentation. Ce n’est pas complètement faux. Mais tant qu’à répondre aux besoins de tous, autant proposer une alimentation, une énergie, des biens de consommation, des habitats, des transports, sains et durables. Et Made in France.

Si nous n’avons pas de pétrole ; nous avons des idées… et des producteurs passionnés et performants, des industriels ouverts à de nouveaux process, des universitaires innovants internationalement reconnus, des entrepreneurs précurseurs et audacieux, des grands groupes solides et investis, des politiques engagés, des citoyens en demande d’alternative économique vertueuse, des matières premières propres et renouvelables… Pour faire de la bioéconomie, l’économie de demain.

Une économie durable, collective et responsable. C’est un des messages-clés de l’agridébat du 25 mai dont le pôle IAR est partenaire aux côté d’agridées et des « Clés de l’Agriculture ». Inscrivez-vous !


Boris Dumange

30 avril 2020

Point de vue

L’agriculture et ses entreprises au rendez-vous des grands défis

Alors qu’une grave crise sanitaire sévit dans le monde entier, chacun semble convaincu que le monde de demain ne pourra être celui d’hier. Probablement. Mais il ne pourra être davantage celui d’avant-hier. Car chacun peut aussi mesurer combien des États stables et économiquement forts et aussi combien les dispositifs d’intervention publics existants, tant au niveau de l’Union européenne que de la France, au profit des entreprises et des citoyens, permettent de gérer cette crise d’une ampleur inégalée.

Certes, il y a sûrement des « ratés », des imperfections, des « trous dans la raquette » et les conséquences de cette pandémie seront « douloureuses » sur la durée. Mais il est une réalité incontestable : c’est l’économie, ses entreprises et leurs collaborateurs qui créent la richesse et permettent de construire et disposer des outils d’accompagnement. Il en est ainsi du secteur agricole européen, et notamment français, qui a démontré sa capacité à répondre présent pour l’alimentation et rappelé combien il était stratégique.

Alors, prenons garde aux opportunistes, écologistes radicaux, nostalgiques du Club de Rome et autres décroissants qui voudraient faire fi de cette réalité et exploiter cette crise pour remettre en cause un modèle agricole sûrement imparfait mais aux points de force incontestables.

Les scénarii de demain ne sont pas écrits mais les « y’a qu’à, faut qu’on » fusent et les propositions seront légion :
 ainsi, pourrait-il être attendu de relocaliser davantage certaines productions et acquérir une plus grande souveraineté alimentaire, voire de vanter des circuits toujours plus courts. Mais cela ne doit pas signifier protectionnisme à outrance ou repli sur soi car, faut-il le rappeler, nous sommes dans une Union européenne et une économie internationale ;
 ainsi, pourraient être dénoncés les excès d’une mondialisation accélérée. Probablement mais les termes d’exportation, d’importation, de balance commerciale agricole, ne sont pas des “gros mots”. L’Union européenne et particulièrement la France, par leurs potentiels pédo-climatiques et la technicité de leurs acteurs, ont capacité à produire davantage et à contribuer à répondre aux besoins d’Etats dans l’incapacité de le faire et, qui plus est, confrontés demain, tels ceux de l’Afrique subsaharienne, à un gigantesque défi démographique ;
 ainsi, pourrait être évoquée la montée en gamme de notre agriculture ou le “consommer moins mais mieux”. Certes, mais ne faut-il pas aussi sécuriser l’approvisionnement alimentaire pour tous dans le respect du pouvoir d’achat des ménages ?
 ainsi, pourrait être revendiquée une transition écologique toujours plus vertueuse et plus rapide sur l’électrique, l’éolien,… mais n’oublions pas de citer les biocarburants et leur impact pour moins de carbone pétrosourcé et leurs coproduits (drèches, tourteaux) pour moins de dépendance protéique en alimentation animale;
 ainsi, peut-il être rendu “hommage à toute la chaîne de la ferme France, symbole de la deuxième ligne de la guerre contre le coronavirus et réconcilier les citoyens avec ce beau métier qui est celui de « nourrir la nation » comme l’indiquait récemment le Président de la République. Mais aussi, faudra-t-il donner davantage de « respiration » à l’exercice de cette profession.

Il est par contre une certitude pour répondre aux grands défis de l’alimentation, de la transition écologique, de la balance commerciale positive et de l’adaptation au changement climatique : c’est de disposer d’entreprises agricoles qui, capables de s’adapter aux attentes des marchés, puissent être toujours plus performantes, productives, compétitives et donc sans surcharges financières ni surcontraintes environnementales, sans freins à l’innovation ni à l’usage des technologies nouvelles. Ces entreprises agricoles ont su répondre « présentes ». Permettons-leur de poursuivre leurs missions pour répondre aux défis de demain.


Luc ESPRIT

9 avril 2020

Point de vue

Pour le jour d’après !

Face au confinement, deux domaines sont érigés au rang de valeurs sociétales, la santé et l’agriculture…


Gerard MATHERON

27 mars 2020

Point de vue

Résilience des agricultures et de la chaîne alimentaire

En cette période de gestion de crise sanitaire, alors que nous sommes principalement attentifs aux actions de solidarité et aux prises de décisions courageuses et de bon sens, nous commençons à entendre des commentaires acerbes de la part de politiques de tous bords et de scientifiques nous faisant part d’états d’âmes en public. Or l’heure n’est pas à la polémique, et encore moins aux rancœurs intestines.
En tant qu’acteurs dans le domaine de l’agriculture, notre devoir nous place devant une responsabilité historique, celle de nourrir une population inquiète et confinée, en mettant à disposition notre compétence et l’ensemble des moyens mobilisables en la circonstance. Dans l’ensemble, nous n’y faisons pas défaut, malgré les difficultés diverses comme la fermeture de certains marchés, des difficultés d’organisation pour faire face au manque de main d’œuvre ou des tensions logistiques.
Toutes nos entreprises sont concernées dans la grande diversité de leurs activités, végétale ou animale, en début ou fin de cycle, en circuit court ou plus complexe. Chacune à son niveau trouve un défi à relever. Il s’agit ainsi de faire face prioritairement à l’approvisionnement des lieux de ventes à très court terme en récoltant et en livrant, ou pour l’après crise – dont personne ne connaît encore l’issue – en préparant les sols pour semer et planter ou en assurant le maintien voire le développement de son cheptel.
Il est ainsi important, pour tous les acteurs du monde agricole, de faire le constat des risques actuels pour pouvoir apporter les solutions permettant d’assurer au citoyen une pleine sérénité qui s’est perdue ces derniers temps, se traduisant même parfois par de la panique en début de confinement.
Nos secteurs ont fait face à une demande inhabituelle, surtout en produits transformés, alors que des productions agricoles à flux continu, végétales ou animales, ont subi des dérèglements outranciers pour cause de fermeture de marchés à flux tendus, tels que la restauration en général ou les marchés extérieurs. Il s’en est suivi un gâchis énorme qui ne se terminera qu’en fin de crise, avec un retour à une consommation normale. Mais depuis toujours nos agricultures ont su être résilientes et s’adapter. Au-delà de la brutalité de l’événement, certaines productions sont en effet rodées à ce type de phénomène de fluctuation pour en avoir fait l’amère expérience dans un passé récent et dans l’indifférence quasi générale. Je pense en particulier aux récentes crises laitières ou porcines, à la fermeture de certains marchés à l’export due à des décisions politiques ou, à l’inverse, à des difficultés de production sur certaines zones, créant ainsi un appel d’air.
Il ne semble pas prématuré de penser dès aujourd’hui à l’évolution de notre système alimentaire, et c’est en étant attentif à ce qui ce qu’il se passe en pleine crise, en relevant toutes les sources de dysfonctionnement, que l’on peut créer la base d’une réflexion sur le long terme qui viendra en son temps, l’esprit libéré des contraintes liées à la gestion des priorités du moment.
A l’image du système de santé, l’agriculture profite également d’un réseau très important de scientifiques dont les travaux contribuent à assurer l’avenir de notre alimentation. La société devra également faire sa part du chemin en acceptant de libérer les forces productives de certains contraintes non prioritaires.
Agridées, think tank de l’entreprise agricole, reste attentif à ces transitions multiples et doit de se préparer à apporter des pistes d’amélioration pour aider les citoyens à garder cette nouvelle confiance en notre secteur, engrangée au cours de ces dramatiques évènements.


Damien BONDUELLE

17 mars 2020

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Crise majeure : priorité au sanitaire et à l’alimentaire

Après avoir un temps tenté de repousser l’échéance pour protéger le plus possible la vie économique du pays, le président de la République et son gouvernement ont dû se résoudre à annoncer des mesures fortes face à l’intensification de l’épidémie de COVID-19 allant jusqu’au confinement de la population. Certains secteurs de notre économie sont déjà très fortement impactés par les évènements et, très vite, c’est bien l’ensemble des acteurs qui sera concerné…


Jean-Baptiste MILLARD

13 mars 2020

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Retour en force – majeure – des priorités sanitaires et alimentaires

Après avoir un temps tenté de repousser l’échéance pour protéger le plus possible la vie économique du pays, le Président de la République a dû se résoudre hier à annoncer des mesures fortes face à l’intensification de l’épidémie due au COVID 19. Et ce n’est certainement qu’un début.
Les bourses avaient anticipé cette évolution en dévissant cette semaine dans des proportions rarement atteintes. Certains secteurs de notre économie sont déjà très fortement impactés par les évènements et, très vite, c’est bien l’ensemble des acteurs qui sera impacté.
Il est encore difficile de mesurer l’ampleur de cette crise sur nos filières agricoles et agroalimentaires. Elle ne touchera certainement pas de la même façon les produits de première nécessité et ceux à plus haute valeur ajoutée, ceux distribués localement ou nationalement et ceux écoulés principalement à l’export, les produits consommés à domicile et ceux destinés à la restauration hors foyer.
Personne ne sera épargné à commencer par les entreprises agricoles fournissant des marchés ayant perdu tout débouché. La solidarité devra jouer pleinement entre les différents maillons de nos filières, dont la force des liens sera mise à rude épreuve.
Mais ce que nous enseigne d’ores et déjà cette pandémie, c’est bien l’importance d’assurer les besoins élémentaires d’une population : garantir sa santé et son alimentation.
Le Chef de l’Etat ne s’y est pas trompé en rappelant hier l’importance de garantir notamment sa souveraineté alimentaire tant au niveau national qu’européen .
Cette souveraineté est largement acquise en France et à l’échelle communautaire. Les évènements actuels incitent à en rappeler la priorité stratégique.


Jean-Baptiste MILLARD

27 février 2020

Point de vue

Dynamisons l’innovation biotech par les startups !

L’agriculture se transforme, pour mieux répondre aux demandes des citoyens-consommateurs et aux impératifs environnementaux, en particulier climatiques. Les changements sont déjà visibles dans trois directions différentes : les méthodes de production agricole, l’offre de produits alimentaires et les circuits de transformation de la biomasse.

L’innovation technologique est indispensable pour que ces transformations réussissent. Les biotechnologies, technologies du vivant, sont des leviers indispensables à la performance d’une production agricole à la fois plus inspirée de la nature et plus proche des consommateurs des villes, à une alimentation plus équilibrée et plus variée, et à une économie davantage biosourcée et circulaire.

Les jeunes entreprises innovantes, ces startups tant à la mode aujourd’hui dans notre pays, sont nombreuses à s’engager dans ces voies de progrès. Mais leur parcours reste semé d’embûches. Difficile de parvenir à un business model qui « tienne la route »…

Le 20 mars 2020, nous vous invitons à un agridébat sur ces sujets, lors duquel sera publiée notre nouvelle note de think tank issue des réflexions du groupe de travail « L’innovation biotech en mode startup ». 

Ecosystème-clé de l’innovation dans la bioéconomie, le pôle Industrie et Agro-Ressources sera notre partenaire pour cet événement. Nous donnerons la parole à de jeunes entrepreneurs (et entrepreneuses !) engagés dans les voies les plus prometteuses et génératrices de valeur : biocontrôle, cosmétique, chimie du végétal, aliments innovants…  Quels sont leurs parcours ? Leurs projets ? Comment mieux les accompagner ? Mise en réseaux, financement, réglementation… Quels sont les principaux freins et leviers à la dynamique de l’innovation ?

Rendez-vous le 20 mars pour en discuter, partager vos expériences et vos analyses !  

Inscrivez-vous : https://www.agridees.com/evenement/linnovation-biotech-en-mode-start-up-pour-reussir-les-transitions-agricole-alimentaires-et-industrielle/

Voir aussi : https://www.agridees.com/villagesemence-semence-mag-lagriculture-en-mode-start-up/


Marie-Cécile DAMAVE

14 février 2020

Point de vue

La 3e voie de l’agriculture, clé de voûte de la transition alimentaire

La capacité donnée au consommateur-citoyen de personnaliser ses choix grâce aux applications mobiles et d’interpeller à tout moment les grandes enseignes via les réseaux sociaux fait désormais de lui le principal prescripteur des filières agroalimentaires.
Les critères d’achats alimentaires du consommateur-citoyen – orientés vers plus de local, de qualitatif, de sain, de végétal, de bio, d’équitable, de durable… – reposent essentiellement et en premier lieu sur la qualité (matérielle et immatérielle) des matières premières, une qualité qui relève avant tout de la responsabilité des agriculteurs. De l’assiette au champ, le consommateur-prescripteur, en modifiant sa façon de consommer, transforme de manière inhérente les modes de production.
Cette quête de différenciation en fonction d’attentes et de valeurs personnelles – à ne pas confondre avec une recherche de « montée en gamme » – participe du processus dit de transition alimentaire qui représente 77 % de la croissance du chiffre d’affaires des produits de grande consommation alimentaire (source : IRI, CAM à P10 2019, tous circuits GMS). Autrement dit, ce marché qui constitue aujourd’hui la première source de création de valeur pour les filières agroalimentaires, et en particulier pour les agriculteurs, devient incontournable.
L’évolution des modes de production agricole, plutôt que d’être entraînée par les innovations techniques et technologiques, doit désormais s’appuyer sur celles-ci pour donner du sens à la production alimentaire et correspondre aux bénéfices recherchés par le consommateur-citoyen en mesure de les exprimer aisément sur les différents canaux de communication et d’exiger un haut niveau de transparence, en contrepartie.
Le groupe InVivo, union française de coopératives agricoles, est dès lors convaincu de la nécessité de faire émerger une 3e voie de l’agriculture pour pouvoir répondre à ce double défi contemporain en s’appuyant sur l’ensemble de ses métiers qui évoluent vers la fourniture de l’ensemble des biens et services nécessaires à cette transformation agricole.
3 comme la 3e génération d’agriculture(s), qui ne soit plus centrée sur elle-même mais qui tienne compte voire anticipe les attentes des consommateurs dans toutes leurs diversités pour concevoir et renouveler son système de production. 3 comme la 3e étape qui fait suite à celle de la conformité réglementaire et celle de la recherche de valorisation d’objectifs de moyens, une 3e étape d’engagement sur des objectifs de résultats valorisés, au service du consommateur-citoyen, et ainsi au service du revenu des agriculteurs : zéro résidu de pesticide dans les produits alimentaires, qualités nutritionnelles, des prix justes pour l’agriculteur, neutralité carbone… 3 comme 3e révolution agricole qui permette de créer une relation vertueuse, de confiance et créatrice de valeur partagée entre l’agriculteur et le consommateur-citoyen.


Antoine Poupart

24 janvier 2020

Point de vue

Photo ML Hustache

Repenser l’image du monde agricole de A à Z ?

Les jeunes Z’agris de la génération Z seront-ils plus zen que leurs parents dans leur façon d’appréhender leur métier dans les années à venir ? Les jeunes Z’urbains ont-ils conscience des enjeux concernant ce secteur dont ils sont parfois très éloignés ?
Sur la base d’un mini-sondage diligenté auprès de jeunes de la génération Z (nés après 1995) par les étudiants de 3ème année de l’IHEDREA, première école européenne d’agro-management, un débat intergénérationnel sur le thème « Perspectives et perceptions du monde agricole par la génération Z » a été organisé le 22 janvier 2020 à l’occasion des 70 ans* de l’école. Une rencontre dans les locaux de l’IHEDREA à Paris-La Défense, que notre think tank agridées a eu le plaisir d’animer, en présence de la Présidente de la FNSEA Christiane Lambert.
Soulignons tout d’abord que cette génération que l’on dit ultra-connectée, ultra-communicante et plutôt individualiste représentera en 2025 plus de 50 % de la population active. Partageant avec les générations X et Y la remise en cause du mode de vie des « boomers », l’angoisse de la mondialisation et du changement climatique, elle se socialise dans des vies virtuelles en partageant ses activités sur les réseaux sociaux, tout en changeant très souvent ses habitudes de consommation et ses attachements aux marques, à l’entreprise ou à des personnalités. La questionner sur ses perceptions du monde agricole est donc un exercice riche d’enseignements, surtout quand la représentante de l’agriculture française peut réagir en direct, trouvant l’occasion d’adresser des messages d’encouragements à un jeune public parfois un peu prisonnier de ses certitudes…
Recueillis au sein d’un panel de 254 étudiants de l’IHEDREA et d’autres écoles du campus le sondage a ainsi eu le mérite de faire ressortir quelques éléments de réflexion à la fois sur l’image que les Ruraux’Z (les jeunes de la génération Z issus du monde rural) ont d’eux-mêmes ou croient renvoyer à la société, et sur les préoccupations qu’ils partagent avec les Z’urbains, jeunes citadins dont 43 % n’ont aucun lien amical, familial ou professionnel avec l’agriculture. Ainsi, pour les deux catégories de jeunes de la génération Z, le dérèglement climatique, les pesticides et la santé et le bien-être animal sont des sujets d’actualités (proposés par les sondeurs) qui les touchent en priorité. Autre point commun, le choix de la phrase « l’agriculture est méprisée, en crise et incomprise » qui a fait l’unanimité, toute catégorie confondue. Comme si l’image pessimiste renvoyée par les médias, les films, les agriculteurs eux-mêmes sans doute aussi avaient marqué fortement les esprits des nouvelles générations. Questionnés sur leur ressenti global sur le monde agricole, 35% des Z’urbains le juge « très réglementé », 27 % « polluant » et 23 % « respectueux de l’environnement ».
Du côté des Ruraux’Z, où l’on connaît le mot « agribashing » à 60%, où l’on connait aussi le quotidien des agriculteurs (via les parents, amis voire en aidant déjà aussi sur l’exploitation), c’est à la fois un sentiment de non-reconnaissance qui transparait avec le reproche des faibles revenus, une forte préoccupation sur l’utilisation des pesticides, mais aussi la satisfaction de vivre dans un monde où le travail est utile, diversifié, riche de valeurs. C’est bien sur ces points positifs que Christiane Lambert a souhaité insister face aux étudiants de l’IHEDREA : « Vous êtes les agricultrices et les agriculteurs, mais aussi les cadres du monde agricole et agro-alimentaire de demain, vos métiers ont du sens, sachez mieux les valoriser et cultiver votre curiosité et votre ouverture d’esprit ! »
Moins zen peut-être, la génération Z issue du monde rural mais sans doute plus Z’informée et consciente désormais des défis à relever…
* agridées, partenaire de la semaine d’évènements lancée du 20 au 24 janvier 2020 pour les 70 ans de l’IHEDREA , est intervenu à la table-ronde du 22 janvier « Une force collective au service des territoires » avec le témoignage de Jean-Baptiste Millard, Délégué général d’agridées, et à celle du 24 janvier « 2090 : l’Odyssée de l’Agriculture » avec l’expertise de Marie-Cécile Damave, Responsable Innovations et marchés.


Marie-Laure HUSTACHE

10 janvier 2020

Point de vue

Le temps de la réflexion durable

Une nouvelle année commence et en dehors des assolements préparés et des prochaines cultures déjà semées, la période est favorable aux réflexions pour réussir cette nouvelle campagne de production.
Et le terreau de l’an neuf ne manque pas de matière ! A ce que l’on vit sur le plan économique, politique et social, de nouvelles donnes s’ajoutent encore, comme l’affolement climatique, mais aussi les nouvelles obligations en matière de pratiques agricoles et nos relations avec les citoyens-consommateurs. Voici l’occasion de préparer une autre façon de pratiquer nos métiers, pour qu’ils soient plus performants, plus durables, plus adaptés, mieux perçus, et surtout compatibles avec les attentes sociétales qui évoluent sans cesse.
Dans ce contexte de colère et de désarroi, il est temps de définir une nouvelle stratégie pour nos agricultures qui satisfasse nos performances et nos marchés. Un comportement d’anticipation et de souplesse d’esprit nous apportera plus de sérénité face au changement permanent que nous vivons. Une véritable inflation de préoccupations sociétales nous impose cette aptitude.
C’est le rôle d’agridées, le think tank de l’entreprise agricole, de nous y aider grâce à ses travaux toujours plus pertinents et apportant des pistes d’actions concrètes pour améliorer nos performances, et faire les bons choix pour appréhender de nouveaux marchés dans de meilleures conditions. Plus les débats seront animés à l’occasion des groupes de travail, plus la matière sera riche et apportera de véritables réponses pour faire progresser nos entreprises. Il est hors de question de céder au pessimisme, voire même de se laisser attaquer sur de mauvaises appréciations de nos concitoyens.
A nous d’y travailler, d’encourager les questionnements qui font avancer, de proposer une lecture plus réelle de nos actions et de nos pratiques. Et de convaincre en rassurant.
Nous pouvons alors nous souhaiter une bonne année 2020, avec l’espoir de relations meilleures et de véritable reconnaissance, sources d’une plus grande motivation.


Damien BONDUELLE

20 décembre 2019

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

2020 : l’agriculture toujours au cœur des débats

Après le temps fort des Etats généraux de l’alimentation et le long parcours législatif jusqu’à la loi du 31 octobre 2018, on pouvait penser que l’agriculture serait reléguée au second plan des priorités des Français et de leurs responsables politiques en 2019. Il n’en fut rien ! Les questions agricoles et alimentaires ont occupé, tout au long de l’année, une place centrale dans l’actualité, et ce sur tous les plans.

Economique d’abord, avec les premiers griefs formulés à l’encontre de la loi EGALIM, dans laquelle les agriculteurs avaient sans doute nourri trop d’espoirs. Le partage de la valeur ne se décrète pas, mais les outils sont désormais sur la table.

International ensuite, à travers l’épisode houleux de la ratification d’un CETA déjà en vigueur pour l’essentiel depuis 2017, de la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, auquel le Président de la République a retiré son soutien au moment du G7 de Biarritz.

Sanitaire et environnemental encore, avec l’épisode de la Zone de non traitement (ZNT), que le ministre de l’Agriculture vient de trancher en la fixant à 5 ou 10 mètres en fonction des cultures et des produits, ou la poursuite du feuilleton de la sortie du glyphosate, dont on voit bien que les alternatives crédibles peinent à se dégager et entraîneront en toute hypothèse un surcoût.

Sociétal enfin avec, d’une part, une montée en puissance des actions violentes des mouvements antispécistes, qui touchent au cœur des éleveurs pourtant soucieux du bien-être de leurs animaux et, d’autre part, la prise de conscience par le grand public d’un nombre anormalement élevé de suicides dans la population agricole, tendance difficile à enrayer au regard des causes multifactorielles de ce phénomène auquel on ne peut se résoudre.

Les plus pessimistes considéreront que la dialectique entre la société et ses agriculteurs génère le « malaise paysan », ce dernier étant confronté aux injonctions sociétales fluctuantes d’une alimentation toujours plus saine et plus respectueuse de l’environnement et du bien-être animal, sans que le consommateur accepte toujours d’en payer le prix.

Mais de ces injonctions, de nombreux chefs d’entreprises agricoles ont décidé, individuellement ou collectivement, d’en faire une force pour repartir à la conquête du consommateur. Ils ont choisi de se démarquer à travers des labels, des signes de qualités, des certifications ou de se saisir des réseaux sociaux pour communiquer directement et positivement avec les citoyens.

Les grands enjeux de 2020 se profilent déjà : la réforme de la Politique agricole commune et la définition du Plan Stratégique National (PSN) ; l’urgence climatique qui exige aussi des acteurs de l’économie agricole et alimentaire des réponses plus rapides qu’on ne pouvait l’imaginer ; la réforme des outils de régulation du foncier à propos desquels le ministre de l’Agriculture oscille encore entre un dirigisme accru et un contrôle réduit mais plus efficace.

Sur tous ces sujets, agridées offrira en 2020 un lieu de débat, fournira des clés de compréhension et avancera des propositions. Rejoignez-nous et participons ensemble !


Jean-Baptiste MILLARD

29 novembre 2019

Point de vue

Nouvelle PAC : si loin, si près

L’année 2019 qui s’achève n’a pas été une grande année européenne. Des conflits profonds entre Etats membres, des élections au Parlement européen marquées par l’arrivée de nouveaux députés qui contestent l’U.E., une nouvelle Commission accouchée aux forceps, un Brexit dont on attend la scène finale avec lassitude. « Et pourtant elle tourne… ! » pour reprendre la formule célèbre de Galilée appliquée à l’Europe.
Le 1er juin 2018 la Commission avait dévoilé les grandes lignes d’un projet de réforme pour l’après 2020 de la principale des politiques européennes, la PAC, soit presque 40 % du budget actuel. Le Parlement et le Conseil s’en sont emparés, ont sérieusement avancé, mais il manque un consensus sur un sujet clé sans quoi rien n’est possible, les lignes budgétaires pour 2021/2027.
En synthèse, la Commission préconise un renversement radical de l’organisation politique et administrative de la PAC : il reviendrait aux Etats membres de proposer chacun dans un cadre souple un plan stratégique national agricole, qui serait ensuite validé par la Commission. Le budget affecté à la PAC serait clairement réduit, en dessous de 30% des dépenses totales. La palette des soutiens serait verdie. L’organisation des marchés en resterait globalement à l’Omnibus.
Cette supposée nouvelle PAC parait loin. Loin dans le calendrier, avant une approbation des 27 Etats membres et un accord institutionnel. Loin des attentes économiques des opérateurs à propos du maintien du bon fonctionnement d’un marché intérieur, des conditions égales de concurrence, des couvertures des risques pour les entreprises agricoles…
En réalité nous sommes relativement près. A Bruxelles les représentants des Etats ne débattent pas de la « renationalisation » de la PAC, mais ils veulent plus de flexibilité. La Commission prépare son « Green Deal » dont la PAC pourrait être un levier environnemental et climatique. Grosso modo la France soutient le projet de la Commission. Les parlementaires s’interrogent autant sur l’impact sociétal et territorial de la PAC que sur son organisation économique.
Bruxelles, ce n’est pas loin, c’est tout près. Le Bureau d’Agridées vient d’y consacrer une journée de travaux et de prise de contacts. Que chaque organisation fasse de même pour s’exonérer des débats franco-français et se poser la question de légitimité et de sens. Quant à nous, il s’agit de promouvoir les trajectoires entrepreneuriales dans un cadre organisé.


Michel Crespel

15 novembre 2019

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Glyphosate : une certification de l’agriculture de conservation pour sortir de l’impasse

Jeudi 14 novembre 2019, agridées a accueilli Les Rencontres de l’Essonne sur le thème « Cycle croissance verte : Quels leviers pour rendre l’agriculture plus durable ?»[1].

L’agriculture durable est la déclinaison en agriculture du développement durable : un développement qui répond aux besoins présents, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Intégrée dans l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 de l’ONU, l’agriculture durable consiste donc à pratiquer une agriculture économiquement efficace, écologiquement responsable, socialement équitable.

L’agriculture de conservation des sols a été clairement identifiée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) comme participant à une agriculture durable. Il s’agit de méthodes culturales qui maintiennent une couverture permanente du sol, avec des couverts d’interculture, une perturbation mécanique minimale des sols et une diversification des espèces végétales. Cette combinaison de pratiques a pour vertus de réduire la dégradation des sols en limitant notamment leur érosion et d’améliorer leur fertilité en utilisant intensivement les processus biologiques et écologiques de l’écosystème du sol. L’agriculture de conservation favorise ainsi la biodiversité au-dessus et en dessous du sol et, au regard du défi climatique, augmente la captation du carbone dans les sols tout en en limitant les émissions par une réduction du travail du sol.

Problème : l’agriculture de conservation a recours à des herbicides. Le glyphosate est privilégié car très économique et efficace. Il participe ainsi à un système agro-écologique vertueux et performant.

La mission parlementaire d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate ne s’y est pas trompée. Dans son rapport d’étape paru le 13 novembre 2019[2], la mission d’information concède que « le cas le plus sensible, par ses enjeux agronomiques et environnementaux, est celui des exploitations pratiquant l’agriculture de conservation sans labour » et admet « qu’un usage raisonné de la substance permet de diminuer au global l’utilisation des herbicides ».

Déjà en 2017, l’INRA avait constaté[3] qu’en l’état actuel des connaissances, il n’y avait pas d’alternative efficace au glyphosate pour entretenir une parcelle dans la durée sans travailler le sol.

En définitive, la mission d’information admet que le travail du sol demeure la seule méthode convaincante pour remplacer le glyphosate, annihilant de ce fait tous les atouts de l’agriculture de conservation.

Aussi une interdiction de la molécule en 2021 mettrait paradoxalement les exploitants pratiquant ce système vertueux en grandes difficultés, quand il convient au contraire de soutenir cette trajectoire.

Alors face à une volonté politique de sortie de glyphosate qui ne fléchit pas mais qui admet la possibilité de dérogations justifiées, que faire ?

Selon nous, la certification de l’agriculture de conservation, qui fait un usage modéré du glyphosate, apparaît de plus en plus comme une voie de sortie pour lui permettre, en étant mieux reconnue, de se développer et de démontrer ses aménités.

L’agriculture biologique et l’agriculture de conservation des sols concourent chacune à la promotion d’une agriculture durable. La première a son label, la seconde mérite sa certification.

[1] En présence de François Durovray, Président du Conseil départemental de l’Essonne, Samuel Vandaele, Président de Jeunes Agriculteurs et Antoine Guibourgé, Directeur de Studio Mugo.

[2] Rapport d’information par la mission d’information de l’Assemblée Nationale sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate.

[3] Rapport sur les usages et les alternatives au glyphosate dans l’agriculture française, INRA, novembre 2017  


Jean-Baptiste MILLARD

25 octobre 2019

Point de vue

Numérique et ruralité : construire une stratégie « gagnant–gagnant »

L’ensemble des acteurs de la société, de toutes générations et de tous horizons, perçoivent et mesurent combien le numérique s’étend dans le quotidien de chacun. Ainsi, c’est sur le thème « Numérique et Ruralité – Nouveaux liens et mutations dans les territoires » que Sol & Civilisation tiendra le 7 novembre prochain ses 28èmes Assises en partenariat avec agridées.

Il s’agit d’un thème éminemment stratégique pour les territoires ruraux redoutant d’être, à l’heure des nouvelles technologies, de l’immatériel, du virtuel, les « oubliés » d’une économie en mutation.

A contrario, le numérique ne serait-il pas, à l’heure des réseaux, une chance voire une formidable opportunité pour la ruralité et ses acteurs leur conférant ainsi un avenir insoupçonné ?

En effet, le développement du numérique n’est-il pas, des expériences et des réalités tangibles le démontrent, une réponse au désenclavement des territoires, à l’accès aux services, au transfert des savoirs et compétences, au développement des entreprises et marchés, à la promotion du tourisme et plus globalement à l’économie collaborative ? 

Mais cela implique différents prérequis pour que certains fossés existants dans notre société ne se creusent davantage par une fracture numérique qui accentuerait les inégalités dans l’accès aux outils entre les territoires et, en définitive, entre les urbains et les ruraux. Les réponses à apporter aux questions des équipements, des tiers-lieux, du grand débit, de la formation des jeunes, des aînés, des élus, …, sont donc majeures et nécessitent de gérer la transition numérique sur la durée. En d’autres termes, le numérique ne peut pas être qu’un outil mais doit constituer un service supplémentaire pour apporter du « plus » et non pour compenser du « moins ». Car l’abondance d’outils pour tisser des relations, pour faire du lien, ne garantit en rien que l’on fasse société. En cela le numérique, notamment dans les territoires ruraux, est vraiment l’affaire de tous.

Quoiqu’il en soit, le mouvement de numérisation et de dématérialisation des activités, des services, des procédures… est un mouvement de fond et incontournable. Le numérique offre d’importants et indéniables atouts, si son développement est placé au cœur d’une vraie stratégie de territoire, à la fois économique, sociale et environnementale et qu’il demeure au service de tous.

Par cette journée de réflexion co-organisée par Sol & Civilisation et agridées, les deux think-tanks entendent contribuer à construire une stratégie « gagnant-gagnant » pour les territoires, leurs acteurs et pour une ruralité choisie. C’est à cet important rendez-vous, avec exposés d’experts et tables rondes, que vous êtes conviés à participer et débattre dans l’amphithéâtre d’agridées. 

11 octobre 2019

Point de vue

Agriculture connectée et de précision : espoirs et réalité

Un groupe de chefs d’entreprise allemands de la région de Rhénanie-Palatinat est venu visiter agridées afin d’échanger sur l’état des connaissances au sujet de l’agriculture de précision connectée.
Après avoir écouté la délégation et organisé un échange avec des experts français, agridées les a emmené voir la « ferme agro-écologie 3.0 » de Péronne puis la station Arvalis de Villers St Christophe dans les Hauts-de-France
Il ressort de ces échanges que la technique permet dorénavant d’associer capteurs, caméras d’analyse multi spectrale, drones et stations météo connectées dans le but de prévoir et préciser les interventions culturales.
D’ici quelques temps, un véritable tableau de bord numérique permettra une gestion avancée de l’exploitation agricole. L’addition des cartes de résistivité électrique associée aux cartes de rendement des sols permettra de géolocaliser de façon pertinente et donc d’optimiser les apports d’intrants.
Nous entrons donc dans une agriculture de précision connectée dite « 4.0 ».
Tous ces outils à présent disponibles restent cependant comme des briques au pied du mur tant que la construction et l’architecture du modèle ne sont pas finalisées. Mais l’affaire avance.
Un participant a comparé cette irruption digitale dans l’agriculture à la révolution de la mécanisation puis de la motorisation au siècle dernier.
Naturellement, les questions portent sur le rapport coût/efficacité et le temps de retour de ces nouveaux investissements. Les chefs d’entreprise ne les adopteront que s’ils perçoivent la capacité à enrichir la chaîne de valeur.
Si ces technologies sont passionnantes et prometteuses, les résultats tangibles sont encore à préciser. Avec cinq ans de recul, la Ferme 3.0 constate en effet à ce stade des gains marginaux de rendements en blé. Souvent, en effet, le sol, la météo, les marchés ont le dernier mot, effaçant toutes les finesses mises en œuvre par l’agriculture de précision connectée. Et les aides directes de la PAC constituent encore une part importante du résultat de l’entreprise agricole.
Certes l’agriculture de précision connectée ouvre des percées intéressantes qui vont permettre l’optimisation de l’utilisation des intrants et donc leur innocuité.
Mais sachons raison garder et rester les pieds sur terre. Le contexte pédoclimatique d’un côté et le contexte économique et les aides de la PAC de l’autre sont les deux mamelles du revenu agricole.


Francis CAPELLE

27 septembre 2019

Point de vue

Agriculture de précision : faciliter le dialogue et la coopération franco-allemande

Dans son rôle de think tank pro-européen, agridées organise et accueille les 1er et 2 octobre 2019 une rencontre des acteurs de l’agriculture de précision allemands et français. Le Land allemand de Rhénanie-Palatinat, qui nous est frontalier, est une région agricole et viti-vinicole remarquable, dans toutes ses dimensions : production, recherche, formation et industrie innovante.
Le ministère de l’agriculture et de la viticulture de Rhénanie-Palatinat nous a choisis pour organiser deux journées de rendez-vous entre responsables politiques, académiques et économiques de ce Land et leurs homologues français. Séminaire, rendez-vous d’affaires et visites de terrain permettront aux participants de croiser leurs expériences et leurs visions sur les enjeux et les solutions innovantes, et illustreront les réalités opérationnelles de l’agriculture de précision dans nos deux pays.
Les enjeux, les risques et les opportunités sont partagés : l’agriculture de précision propose un jeu d’outils pour une agriculture et une viticulture plus durables, dans ses trois dimensions (économique, environnementale et sociétale), mais la transparence sur les utilisations et valorisations des données pour ceux qui les génèrent, et en particulier les agriculteurs, est une préoccupation centrale. Comment se positionnent les actions des services publics et des acteurs privés face à cette question ? Pour s’approprier ces outils, les agriculteurs ont besoin d’y avoir accès. D’où les nécessaires formations et démonstrations, et la garantie d’un solide retour sur investissement, pour un juste retour de la valeur aux chefs d’entreprise agricole. Rendez-vous le 1er octobre pour avancer ensemble sur ces questions et éclairer les acteurs.


Marie-Cécile DAMAVE

13 septembre 2019

Point de vue

Besoin d’Europe

Il peut paraître paradoxal d’évoquer l’Europe à un moment où le débat sur le Brexit atteint son apogée et où l’éventuel accord avec le Mercosur est voué aux gémonies. Qu’est-ce que c’est que cette Europe ?
En 2019 l’Union Européenne a renouvelé les composants de ses institutions,
-Un nouveau Parlement réélu au printemps. Les nouvelles commissions parlementaires se remettent au travail, dont celle dédiée à l’agriculture et au développement rural qui reprend et poursuit les travaux entamés sur la réforme de la PAC. L’évolution des agricultures en dépend.
-Une nouvelle équipe de commissaires, dont chacun va être auditionné par les parlementaires, au sein d’une Commission présidée par Ursula Von der Leyen. Son programme se dévoile, l’élément majeur étant un « Pacte Vert », pour le climat.
Nous vivons dans un monde pensé « glocal ». Global au sens où les enjeux se perçoivent comme étant planétaires, le climat, les technologies portant l’information… Local au sens où la production devrait gagner en proximité, le circuit court et la zone tampon. Face à de telles questions considérées comme essentielles et dominantes, les réponses portent un risque de repli sur soi, économique, commercial, technologique. Et pourquoi pas, identitaire.
Pourtant dans le domaine de la politique agricole et de la chaîne alimentaire, nous bénéficions d’une colonne vertébrale identitaire, c’est l’Europe. Entre global et local il y a un projet commun, l’Europe, dont la moindre vertu n’est pas d’être négocié à 28 ou 27, ce qui limite les vocations de vouloir s’ériger en phare pour éclairer un monde obscur. Que Madame Von der Leyen parle de climat mais n’hésite pas à convoquer la PAC. Que nos décideurs en France évoquant si souvent dans de nombreux domaines la souveraineté précisent si elle est alors française ou européenne. La PAC a été une conquête. Elle doit certes se réformer. Il s’agit désormais d’un projet de reconquête pour toujours bénéficier d’un marché commun, de règles communes.
Nous avons besoin d’une Europe solidaire, innovante et concrète, dont de toute façon l’agriculture, dans ses multiples attributs et responsabilités, constitue un socle d’avenir. A nous de savoir mieux l’expliquer et le communiquer.


Yves LE MORVAN

5 juillet 2019

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

L’ADN d’agridées : cultiver le débat, produire des idées

La vocation première d’un think tank tel que le nôtre est de susciter les questions, participer aux débats, s’engager en produisant des idées et avis, nourrir et influencer la prise de décision. Agridées a choisi d’emprunter cette voie dans une démarche non partisane et indépendante.
Il faut pour cela créer les conditions d’une réflexion de qualité. Agridées a réussi, depuis de nombreuses années, à rassembler l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur, lors de ses conférences ou dans le cadre de groupes de travail animés par ses administrateurs et collaborateurs. Notre think tank a aussi su imposer un style, qui lui est propre, fondé sur la compétence des participants et des intervenants, la qualité de l’écoute et l’enrichissement mutuel.
Souvent galvaudé, le terme d’ « intelligence collective » n’a jamais été aussi bien choisi pour qualifier ces temps d’échanges, à savoir la capacité de la communauté agridées à faire converger intelligence et connaissances pour avancer vers un but commun : la production d’idées. Mais pour qui et pourquoi ?
Ces idées doivent permettre aux entreprises agricoles et agroalimentaires de s’épanouir dans un environnement qui a profondément évolué ces dernières décennies. Or les outils dont elles disposent sont encore trop souvent ceux du passé. Comme nous l’avons rappelé lors de notre dernière conférence consacrée à l’entreprise agricole, il faut imaginer le cadre juridique et économique pour les prochaines années, dans lequel les agricultures doivent pouvoir répondre aux défis toujours plus grands en matière d’exigences qualitatives, environnementales et sociétales.
La rénovation du cadre ne passe pas uniquement par la norme. Agridées entend accompagner les acteurs des filières dans l’émergence de dispositifs contractuels ou de gouvernance leur permettant, en responsabilité, d’être dans des relations gagnant-gagnant. La performance économique ne peut plus être atteinte aujourd’hui sans éthique et quête de sens. L’équation est toujours plus complexe, agridées est aux côtés des acteurs pour la résoudre.


Jean-Baptiste MILLARD

21 mai 2019

Point de vue

Portrait de Pierre LE ROY

Optimiste pour le monde, inquiet pour l’UE, pessimiste pour la France

Le mouvement des gilets jaunes, le Brexit et les élections européennes conduisent chacun à s’interroger sur l’avenir de l’Union Européenne et de notre pays, et le diagnostic est loin d’être rassurant. Mieux vaut alors se tourner aussi vers la situation mondiale, telle qu’elle apparaît à partir de l’évolution de mon Indice du bonheur mondial. La conclusion est alors claire : on peut être optimiste pour le monde, mais inquiet pour l’Union Européenne et pessimiste pour la France.

Optimiste pour le monde
Cela surprendra tous ceux qui se fient aux informations diffusées quotidiennement par les médias et, plus encore par les réseaux sociaux. Ce qui les intéresse, c’est une catastrophe et un scandale tous les quarts d’heure, et n’importe qui désormais peut y raconter n’importe quoi. Nous préférons nous fier aux réalités qui apparaissent à travers l’évolution d’année en année, et non pas de jour en jour, ni d’heure en heure. C’est ce que fait l’indice du bonheur mondial, dont les conclusions, depuis maintenant près de 20 ans, ne se sont jamais démenties : le monde va mieux, puisque l’indice s’est amélioré de 25 % depuis l’an 2000 et que les 6 mauvaises nouvelles sont loin de compenser les 20 bonnes nouvelles que révèlent les chiffres. La liste de ces 6 mauvaises nouvelles (climat, migrations, liberté de la presse, etc…) et de ces 20 bonnes nouvelles (diminution très importante du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, moins de suicides et de morts violentes, etc…) figure à la page 60 de « bonheur mondial, édition 2019 », disponible sur le site Internet Globeco (www.globeco.fr).

Inquiet pour l’Union européenne
Les prochaines élections européennes, auxquelles les Britanniques auront peut-être l’impudence de participer, se traduiront vraisemblablement par une nouvelle poussée des anti-Européens. Il faut louer le courage de notre Président, qui est presque le seul à continuer à y croire, puisque Madame Merkel est désormais en bout de course. La raison de cette évolution défavorable est facile à trouver : la moitié des Européens, de plus en plus nombreux,  trouve qu’il y a trop d’Europe, et l’autre moitié, de moins en moins fournie,  trouve qu’il n’y en a pas assez. L’absence de diagnostic commun empêche toute thérapie sérieuse, obligeant les gouvernants à naviguer au jour le jour, sans projet à moyen-long terme capable de fédérer  et de revigorer une majorité d’Européens. Résultat : le scepticisme et l’inquiétude ne cessent de gagner du terrain.

Pessimiste pour la France
Notre pays est coutumier des révoltes et des manifestations plus ou moins rationnelles. Parti d’un constat tout à fait exact (le prix élevé des carburants, du fait de l’augmentation beaucoup trop rapide de la taxe carbone, …), et donc d’un mécontentement tout à fait compréhensible, le mouvement des gilets jaunes a ensuite dégénéré, et la parole de leurs « responsables » s’est alors complaisamment répandue. Le moins qu’on puisse en dire est qu’ils n’ont ébloui personne par leur sens des responsabilités, ce qui ne les empêche pas de penser qu’ils sont capables de gouverner notre pays. Sans doute ne suis-je pas le seul à avoir été surpris par la profondeur de la colère de ces compatriotes qu’aucune mesure ne pourra jamais satisfaire puisqu’ils semblent penser qu’il suffirait de « virer » l’actuel président pour que tout s’arrange … Notre pays sera-t-il capable de donner une réponse satisfaisante à la fois à ceux qui veulent aller de l’avant et à ceux qui souhaitent avant tout bénéficier de ce que les Chinois appelaient « la grande marmite », avant que Deng Xiao Ping ne leur explique qu’il fallait d’abord la remplir pour qu’on puisse s’y approvisionner ? Rappelons que notre pays est celui où la dépense publique et sociale est la plus élevée du monde (57 % du PIB) ; les Français qui  travaillent pour remplir « la grande marmite » ne risquent-ils pas de se décourager ?


Pierre LE ROY

25 avril 2019

Point de vue

Science : la grande défiance

Le 17 avril dernier, le Syrpa consacrait la conférence de son Assemblée Générale au thème « Infox et méfiance généralisée : Comment réintroduire de la science dans […]


Eddy Fougier

15 avril 2019

Point de vue

Bâtir un contrat social sur la forêt

Le mot forêt est porteur de permanence et d’éternité. Or, la forêt n’est pas une donnée stable. La surface de la forêt française métropolitaine s’élève à 16,9 millions d’hectares (soit un taux de boisement de 31%). Elle a été multipliée par deux en 200 ans. Et, elle continue de progresser. En localisation, en surface, en composition, en structure, la forêt varie au gré de l’histoire des hommes, en lien avec les demandes de la société : oui, la forêt révèle la société.

L’autre image qu’impose le mot forêt est celle de nature, une forme de perfection de nature. C’est vrai, mais en même temps la forêt est le fruit de l’activité et du travail des hommes : au long des âges, elle a pris des visages qui correspondaient aux activités et aux besoins des hommes.

La question se pose aujourd’hui avec acuité : quelle forêt voulons-nous ?

Un poète l’a dit joliment : la forêt est une « coupe de beauté qui toujours déborde ». La forêt est objet d’affection, elle est espace d’immersion, d’émotion : chaque personne voit « sa » forêt à sa manière. Nos concitoyens aiment l’arbre, ils aiment la forêt, mais ils détestent la gestion forestière, les travaux en forêt, les coupes d’arbres, tout ce qui fait du bruit et de l’agitation dans cet espace qui doit être calme, tout ce qui bouleverse ce paysage qui doit être stable, immuable.

Aujourd’hui, notre société privilégie la forêt paysage, la forêt loisirs, la forêt biodiversité ; elle tend à rejeter la forêt productive, celle pourtant qui nous apporte, d’une façon durable et parfaitement renouvelable -grâce au mécanisme de la photosynthèse-, un bois (bois construction, biomasse énergie …) bien en phase avec nos besoins.

De tous temps, les hommes ont profité du bois, des produits, des bienfaits de la forêt : cette éternelle relation entre les hommes et la forêt peut se poursuivre, elle doit se poursuivre.

La gestion forestière et sa déclinaison technique, la sylviculture, doivent évidemment inventer des formes appropriées et durables, acceptées sinon désirées, pour traduire cette relation à double bénéficiaire. Une relation « amicale » à travers laquelle la forêt apporte aux hommes des biens et des services précieux qui concourent à la lutte contre le changement climatique, à la mise en place d’une économie moins carbonée, à la protection de la biodiversité, à la beauté des paysages, à l’épanouissement des hommes. Une relation à travers laquelle les hommes protègent la forêt, en garantissent sa pérennité et sa qualité dans le temps long qui est le sien.

Pour cela, il est essentiel d’installer un dialogue serein, respectueux et constructif entre les forestiers et la société. Il y a un véritable contrat social à bâtir sur le triptyque forêt/forestiers/société.

Charles Dereix

Ingénieur général des Ponts, des Eaux et des Forêts honoraire

Président d’honneur du Groupe d’Histoire des Forêts Françaises

Président de l’association Forêt Méditerranéenne

Membre du groupe Forêt de La Fabrique Écologique

5 avril 2019

Point de vue

Un débat pour mieux appréhender les biens communs en agriculture

Pas une journée ne passe sans lire un article évoquant les communs ; pas une semaine ne s’écoule sans l’intervention d’une personnalité politique ou associative qui inscrit son discours dans la défense des biens communs. Les communs sont partout !

Rappelons qu’il s’agit de ressources partagées, gérées par une communauté d’usagers dans le but de les pérenniser. Qu’ils soient naturels, sociaux ou culturels, ils interrogent donc sous un angle neuf le rapport de l’homme à son environnement et à toute la société.

L’activité agricole participe à ce questionnement. Se situant au carrefour  de nombreux communs, qu’ils soient matériels et naturels (comme l’accès à l’eau, la diversité biologique) ou immatériels (le partage des données agricoles, les indications géographiques, les connaissances génétiques…), l’agriculture doit relever aujourd’hui plusieurs défis fondamentaux : nourrir une population toujours plus importante, garantir la protection et le renouvellement des ressources naturelles dont elle a besoin pour produire, contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Mais l’agriculture est aujourd’hui un secteur ancré dans l’économie de marché, où la propriété privée joue un rôle moteur et où l’initiative individuelle et entrepreneuriale est féconde. Aussi, mieux prendre en compte les communs dans ce secteur oblige à repenser leur articulation avec le marché et l’Etat.

Il importe donc de mesurer les conséquences d’une présence accrue des communs en agriculture. Quelle réalité recouvrent-ils, quelle traduction juridique leur donner, quelle gouvernance leur associer ?

C’est à ces questions que les participants aux 18e Rencontres de droit rural (RDR) tenteront de répondre le 11 avril prochain à agridées. Nous vous y attendons nombreux !


Jean-Baptiste MILLARD

22 mars 2019

Point de vue

Vous avez dit agribashing ?

Agribashing, un nouveau mot à la mode. Une situation que tous les responsables professionnels et de nombreux responsables politiques regrettent et condamnent. Mais, au-delà, de […]


Patrick FERRERE

8 mars 2019

Point de vue

Photo ML Hustache

Les agricultures en force au SIA et SIMA 2019 !

De la bioéconomie à l’agriculture urbaine en passant par la recherche et l’agriculture de précision, agridées soulignait déjà dans son ouvrage collectif anniversaire intitulé « 150 […]


Marie-Laure HUSTACHE

13 février 2019

Point de vue

L’agriculture augmentée : quelles réalités aujourd’hui et demain à l’international ?

Le Mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage (SIMA) va bientôt ouvrir ses portes. Si de nombreuses innovations technologiques y seront mises en avant, […]


Marie-Cécile DAMAVE

25 janvier 2019

Point de vue

Les exportations céréalières françaises ont un avenir

La France exporte actuellement 34 millions de tonnes de blé tendre, maïs, orges, blé dur vers l’Union européenne ou les pays tiers. Et demain ?

 Un humoriste a dit « Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir ». Muni de cette humilité, il convient de dissocier le marché intracommunautaire (60% des flux de céréales françaises) des marchés des pays tiers (40% des flux) dont la diversité appelle de nouvelles propositions.

 Dans l’organisation du marché intracommunautaire, les relations commerciales, techniques et financières entre opérateurs sont marquées par des anticipations et un dialogue continu. Tout comme sur le marché national, les conditions de création de valeur sont maitrisées. Lors de l’agridébat organisé par agridées le 22 janvier 2019 : « Filière céréalière française, construire une stratégie d’exportation » Arnaud Petit le Directeur Exécutif du Conseil International des Céréales a dans son intervention souligné le poids du marché européen, ses perspectives de développement et la diversité des utilisations. L’intérêt et les mérites du grand marché européen sont trop souvent négligés pour toutes nos céréales, alors même qu’il constitue le principal débouché international pour le maïs et le blé dur.

Parallèlement, les échanges mondiaux de céréales poursuivent leur croissance permanente. Les mutations de ce marché sont radicales. Pour le blé, les pays du bord de la mer Noire sont devenus leaders à l’exportation (la Russie en premier rang) et prospèrent sur nos marchés historiques tels que Méditerranée-sud et Afrique notamment.

La filière céréalière française doit donc s’adapter, plus encore qu’elle n’a commencé à le faire. La Note de think tank que vient de publier agridées pointe trois leviers : améliorer la compétitivité des entreprises, organiser une véritable chaîne dédiée à l’exportation, élargir la palette qualitative de notre offre.

Ce thème de l’organisation de la chaîne exportatrice vers les pays tiers s’avère décisif, or il ne dépend pas des pouvoirs publics, mais d’une prise de conscience collective de tous les acteurs économiques suivie de leur évolution entrepreneuriale. Les participants des deux tables rondes de l’agridébat du 22 janvier 2019 l’ont affirmé, les exportations de céréales françaises pourraient connaitre un bel avenir : Si les entreprises savent fédérer leur énergie dans la continuité et avec une relation collaborative (« Les opérateurs français ont alors à jouer un rôle structurant » Pierre Duclos, Agri Trade Consulting, 1ère table ronde) ;  et même au-delà dans le champ coopératif qui regroupe 75% de la collecte, si les coopératives repensent leur supply chain (« Il faut créer un nouveau modèle compétitif collectif, regrouper les bureaux de trading » Thierry Blandinières, InVivo, lors de la seconde table ronde).

Les idées ont été lancées, qu’elles soient débattues et qu’elles prospèrent !


Yves LE MORVAN

11 janvier 2019

Point de vue

Des vœux pour des agricultures européennes reconnues et confortées

En ce début d’année 2019, je veux souhaiter mes meilleurs vœux à tous les acteurs qui œuvrent pour donner à nos agricultures et leurs filières une stratégie innovante nous permettant de retrouver la cohérence et notre bon sens paysan dont on a tant besoin.
Je m’adresse tout d’abord aux eurodéputés, aux membres du Conseil et tous les experts européens consultés. Qu’ils entraînent l’ensemble des Etats membres autour d’un véritable projet politique fédérateur qui saura reconstruire une vision commune tant attendue et redonner à l’Europe agricole le rang mondial qu’elle mérite, une reconnaissance forte auprès de sa population, et aux entreprises une situation économique viable et pérenne.
Je m’adresse ensuite aux élus, aux décideurs nationaux, aux organisations représentatives de la société et à tous les acteurs cherchant à agir d’influence au nom d’un « meilleur être sociétal ». Qu’ils tiennent compte de cette vision commune, des règlements collectifs qu’on ne peut négliger, et qu’ils aient le souci de placer les acteurs agricoles en situation de réussir la mutation tant attendue de nos entreprises et de leurs pratiques, dans un climat de confiance retrouvée et avec toute la sérénité nécessaire à une bonne compréhension.
Je m’adresse enfin à l’ensemble des représentants des acteurs agricoles et alimentaires. Que l’audace et le goût du risque puissent les amener à dépasser leurs lignes classiques menant souvent à l’immobilisme, sans excès de naïveté, bien-sûr, mais permettant des réponses positives à une attente qui correspond souvent à une réelle incompréhension et une crainte certaine de consommateurs parfois désorientés.
Souhaitons la mise en œuvre d’une politique agricole vraiment commune, acceptée de tous, et forte d’un projet ambitieux tenant compte de nos spécificités européennes et dans laquelle nos entreprises pourront collectivement et collaborativement répondre dans le plus grand intérêt de nos populations et apportant respect et dignité sur toute la chaîne du champ à l’assiette.
Je fais le vœu d’œuvrer au sein du think tank agridées dans ce sens, en continuant de proposer des axes précis et des actions concrètes que nos entreprises adhérentes, comme tous ceux qui nous suivent, souhaitent voir mettre en place dans le souci de répondre à l’attente sociétale, et dans un contexte toujours plus européen.


Damien BONDUELLE

7 décembre 2018

Point de vue

Notre planète devient un lieu de nécessaires solidarités

Sécheresse, inondations, excès de températures élevées, …La France n’est épargnée par les conséquences du réchauffement climatique. Un peu partout sur la planète, les cris d’alarme […]


Gerard MATHERON

23 novembre 2018

Point de vue

Le développement des biostimulants en Europe nécessite une réglementation harmonisée

Les biostimulants sont des matières fertilisantes qui, en dehors des éléments minéraux qu’ils peuvent contenir, permettent d’améliorer : la résistance des plantes aux stress abiotiques, la nutrition des plantes, la qualité des productions. Ils constituent un outil nécessaire pour relever les nombreux défis auxquels doit faire face l’agriculture : adaptation au changement climatique, réduction de l’empreinte environnementale, réduction de l’usage des ressources fossiles, production pour de nouveaux usages (bioéconomie)…

26 octobre 2018

Point de vue

Saisir d’urgence les opportunités de la bioéconomie pour créer de la valeur

L’économie biosourcée, ou bioéconomie, est en pleine actualité : au moment où agridées publie une note de think tank sur ce sujet, la Commission européenne communique son nouveau plan d’action. Et pour cause : la bioéconomie se situe au cœur des grands enjeux de sécurité alimentaire et énergétique, de lutte contre le changement climatique, de gestion des déchets et de réduction des pertes et gaspillages alimentaires…


Marie-Cécile DAMAVE

11 octobre 2018

Point de vue

Photo ML Hustache

L’avenir des agricultures passera par des intelligences combinées

Les agricultrices et les agriculteurs, qui travaillent au quotidien avec le vivant, doivent combiner au moins deux intelligences complémentaires. La première, “programmative”, qui relève de […]


Marie-Laure HUSTACHE

25 septembre 2018

Point de vue

Fiscalité agricole : une réforme sur la bonne voie

Promis par le Gouvernement en février 2018, dévoilé par le Premier Ministre le 19 septembre[1] et traduit dans le projet de loi de finances pour […]


Jean-Baptiste MILLARD

13 septembre 2018

Point de vue

Les contraintes du présent face aux défis du futur

L’agriculture revendique une pleine reconnaissance de ses contributions environnementales malgré les débats polémiques qui caractérisent souvent ses relations avec les représentants de l’écologie politique.
Les paysages attrayants de nos campagnes résultent en effet d’interventions humaines par des activités productives qui conditionnent leur survie. Que deviendraient-ils sans le maintien des cultures et des élevages qui caractérisent ce que chacun considère comme des réalités naturelles qu’il est indispensable de préserver ?

Le monde agricole en est pleinement conscient et il s’efforce de préserver l’avenir de ses activités par des adaptations permanentes de ses pratiques et de ses techniques.
Le paysan (c’est-à-dire l’agriculteur qui gère « le pays rural ») sait pertinemment qu’il ne faut pas négliger les réalités et contraintes du présent pour construire un futur dont chacun mesure, en matière d’environnement, les fragilités et les incertitudes.

Nicolas Hulot, ministre de l’environnement récemment démissionnaire, avec ses convictions et ses priorités politiques, dont personne ne conteste le bien-fondé, s’est trouvé en contradiction avec les priorités budgétaires et conjoncturelles gouvernementales et avec les contraintes actuelles de certaines activités professionnelles comme l’agriculture.

La gestion des affaires publiques, définition noble de la politique, se doit de concilier les exigences du présent avec la sauvegarde du futur. Ce n’est pas en mettant en cause systématiquement les performances du présent (et donc les capacités des entreprises à innover et à faire face à la concurrence) que l’on pourra répondre aux défis du futur.

Force est de constater que l’affaiblissement du multilatéralisme commercial () et les rigueurs budgétaires publiques ne permettent pas d’envisager des processus de normalisations internationales ou des mesures nationales (ou communautaires) compensatoires efficaces qui permettraient de réguler les pratiques en prenant en considération les exigences prospectives environnementales pourtant indispensables pour les générations futures.

Ces constats expliquent aussi le décalage qui caractérise les discours des hommes politiques entre ceux qui privilégient la gestion du présent et ceux qui priorisent les objectifs du futur,

Le monde agricole, qui est parvenu à répondre au défi alimentaire de la croissance démographique mondiale, se trouve confronté à cette contradiction des discours politiques. Il subit ainsi les critiques des partisans du futur environnemental et les hésitations des gouvernants dans la gestion du court et du moyen terme.
Il subit aussi l’affaiblissement de la seule solution capable de faire évoluer le présent en fonction des préoccupations du futur : l’innovation au service d’un progrès raisonné et compatible avec la préservation des équilibres naturels. Mais cela implique des mesures et des initiatives qui s’inscrivent souvent dans des objectifs à moyen voire à long terme.
C’est là le grand dilemme entre environnement et agriculture comme l’illustre l’actualité.

Christian Bonnetier, administrateur d’agridées

24 août 2018

Point de vue

Respect mutuel

En cet été 2018, quelques faits d’actualité alimentent ma réflexion : l’abandon des néonicotinoïdes et l’accélération du calendrier de retrait du glyphosate au nom de la santé humaine, les difficultés de valorisation commerciale des producteurs de légumes, et enfin une récolte céréalière, certes impactée par la sécheresse, mais qui permet au prix du blé tendre de dépasser 200 euros/tonne sur les marchés tout en générant déjà de nouveaux débats sur le prix.

Et si tous ces faits, très disparates les uns des autres, ne révélaient pas tout simplement une absence de projet partagé entre acteurs de la profession ? Comment mieux prendre en compte les préoccupations sociétales et mieux anticiper les décisions politiques ?

Pour les chefs d’entreprises agricoles beaucoup d’options nouvelles permettront, après expérimentation, de s’adapter, de se former, de mieux communiquer, en faisant évoluer les pratiques culturales, en prenant mieux en compte les signaux de marchés avec des filières adaptées. Cela nous permettra ainsi d’acquérir une expérience véritable, de participer pleinement à la gouvernance des entreprises et de répondre aux attentes sociétales.
Faisons ainsi confiance à l’entreprise agricole pour mettre en œuvre sa propre résilience.

A travers les rendez-vous et les travaux de notre think tank agridées, nous souhaitons avec vous continuer à réfléchir, partager et avancer dans le respect mutuel de tous les acteurs concernés.

Damien Bonduelle, Président d’agridées


Damien BONDUELLE

5 juillet 2018

Point de vue

Pour une fiscalité agricole d’entreprise incitative

Alors que la vague de chaleur qui déferle ces derniers jours sur le pays a pour conséquence d’accélérer les chantiers de récoltes, les agriculteurs français ne doivent pas perdre de vue un autre chantier ouvert par le gouvernement en février dernier et qui doit se clore cet été : celui de la concertation sur la réforme de la fiscalité agricole.
Les quatre grands enjeux majeurs de cette réforme sont :
– l’amélioration de la résilience des entreprises, qui passe par des outils de gestion des risques et des aléas à travers notamment la constitution de provisions ou d’épargne de précaution ;
– le renforcement de la compétitivité des entreprises agricoles en favorisant les systèmes de production plus performants d’un point de vue économique, environnemental, social et sanitaire ;
– la facilitation de la transmission des entreprises agricoles pour relever le défi du renouvellement des générations ;
– une meilleure prise en compte de la diversification des activités agricoles.
Le think tank agridées se félicite d’une telle évolution tant il promeut, depuis plusieurs années, ces axes de réforme consistant à mettre en place une fiscalité pour des entreprises agricoles compétitives, appréhendant de manière globale les résultats d’activité et garantissant leur résilience à travers, notamment, la mise en place d’un impôt sur les sociétés agricole comme alternative aux bénéfices agricoles, une ouverture accrue des dispositifs de provisions ou la création d’une réserve de trésorerie.
Si l’entreprise agricole est une entreprise comme les autres, justifiant une convergence fiscale, l’activité agricole, en prise directe avec le vivant, n’est pas une activité comme les autres. C’est ce qui justifie la mise en place des dispositifs particuliers.
Les pistes de travail sont ambitieuses, les attentes sont fortes, l’effort budgétaire doit être à la hauteur et le gouvernement ne peut décevoir !
N’oublions pas que face à l’abandon des outils de régulation des marchés agricoles, la fiscalité reste encore un puissant levier d’action publique pour orienter les décisions des chefs d’entreprises vers des pratiques et des investissements, moteurs de la croissance de demain.
Pour ne donner qu’un exemple : pourquoi ne pas étendre le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique à d’autres formes de transitions agricoles, telle que l’agriculture de conservation, qui apporte son concours, à travers ses pratiques, à la lutte contre le changement climatique ?
Pour relever les nombreux défis auxquels elle est confrontée, l’agriculture française a plus que jamais besoin d’une politique fiscale incitative.


Jean-Baptiste MILLARD

22 juin 2018

Point de vue

Jeu de rôles

La Commission européenne, le Parlement souhaiteraient que les Etats membres contribuent plus au financement de l’Union européenne ; le Conseil européen ne l’entend pas de cette oreille.
Alors, il faut compenser le Brexit, la mise en place de nouvelles politiques, notamment immigration et défense, sans apports financiers supplémentaires significatifs venant des Etats-membres.
Quant aux ministres de l‘Agriculture, ils se retrouvent dans une forte majorité pour demander un maintien des dotations de la PAC au sein du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027…


Yves LE MORVAN

4 juin 2018

Point de vue

Un texte de loi aux mains des lobbies ?

L’Assemblée nationale vient à peine de voter en première lecture le projet de loi « agriculture & alimentation » que la polémique enfle.   Ce texte doit […]


agriDées

30 mars 2018

Point de vue

Le droit rural à la croisée des chemins

Né à la fin du XIXème siècle, le droit rural s’est densifié au fil des décennies pour accompagner le développement de l’agriculture française. Son autonomie, […]


agriDées

9 mars 2018

Point de vue

Les Etats généraux de l’alimentation et l’Europe

Une conférence sur le thème de « L’Europe, absente des EGA » a été organisée par l’agence Shan et le cabinet Euralia pendant la semaine du Salon international de l’Agriculture.
Aux côtés de représentants de l’industrie agro-alimentaire et de la distribution, le député européen Michel Dantin avait allure de grand témoin plus que d’un simple intervenant à une table-ronde.
Une nouvelle fois, nous avons eu l’occasion de constater que dans les domaines agricoles et agro-alimentaires, la France a une grande propension pour identifier ses positions et défis comme étant ceux de l’Union européenne.
Si Michel Dantin fut intervenant à un atelier des EGA à la demande de la profession agricole, d’autres parlementaires européens n’ont pas été invités à apporter leurs connaissances, à donner un avis dans ces travaux ; aucun compte-rendu ne leur a été adressé.
Au-delà de questions relationnelles ou même de courtoisie, ce qui continue de choquer dans cet évitement de la dimension européenne, c’est l’entêtement que nous avons à ne parler, à ne penser, à n’échafauder des montages qu’avec des réflexions et volontés hexagonales.
Pourtant, la politique agricole est une politique intégrée au sein de l’Union européenne ; les règles de la concurrence sont soumises aux textes, jurisprudence et contrôle de l’UE.
L’UE avance et les questions agricoles ont pris une dimension particulière avec la mise en place de la co-décision. Cela implique des relations fortes avec le Parlement européen et des échanges permanents avec nos partenaires pour obtenir les majorités nécessaires aux avancées que nous souhaitons.
De plus, nous ne sommes plus dans les années soixante avec une Europe à six dans laquelle la France définissait la politique agricole européenne. Alors, sans arrogance et avec la volonté de convaincre et d’expliquer à nos partenaires, nous devons prendre notre bâton de pèlerin pour écouter et consulter les vingt-six autres Etats-membres.
Sans doute eut-il été intéressant d’entrer dans cette voie pour densifier et amplifier le travail de nos Etats généraux de l’alimentation.


Patrick FERRERE

1 février 2018

Point de vue

Ne nous tirons pas une balle dans le pied !

« Un pays qui ne peut se nourrir lui-même n’est pas un grand pays ! ». Cette phrase prêtée au Général De Gaulle interpelle les diverses stratégies développées tant au niveau européen qu’aux niveaux national ou local, et ce depuis plusieurs années. Les politiques publiques face à une mondialisation et ses divers traités de libres échanges n’ont pas enrayé la dépendance de la France qui doit, comme elle l’a toujours plus ou moins fait, recourir à des importations pour satisfaire ses besoins. Certes, dans certains secteurs, nous pouvons nous prévaloir d’avoir une balance commerciale à notre avantage mais la ferme France a perdu de sa superbe en la matière.

Pis, notre production est en plus menacée, quand elle n’est pas littéralement attaquée, par des produits d’autres pays européens à moindres contraintes ou par des pays tiers au dumping social avéré et à l’agroécologie discutable. L’Europe et la France semblent de plus en plus leur ouvrir les étals de nos distributeurs. Certaines voix s’élèvent pour qualifier cette situation de déloyale et totalement paradoxale par rapport aux changements souhaités par les consommateurs.

 
Comment ne pas être circonspect face aux accords qui laissent entrer, exemptés de tous droits et donc à des prix défiants toute concurrence, des denrées produites selon des normes moins contraignantes, dans des contextes sociaux discutables, forcément à moindre coût et qui sont loin de refléter la qualité de nos productions même si parfois elles en portent le label… Les accords en discussion avec le Mercosur, en pleine actualité, en sont un exemple précis et mettent dans la difficulté certaines de nos filières, en particulier animales. Sans rentrer dans les statistiques, les chiffres le plus alarmistes sont avancés par ces filières sur l’impact de tels accords : de la viande issue de bovins élevés dans des stabulations d’engraissement et gavés de matières premières pas vraiment traçables ni « planète friendly » (les consommateurs brésiliens de la capitale répugnent ainsi à consommer de la viande bovine d’Amazonie dont la production est une cause de déforestation) entre en concurrence avec une partie de nos bovins français élevés selon des critères qualitatifs tenant compte aussi de la préservation de l’environnement.

Ajoutons à ceci : manque de transparence, information partielle, équivalences accordées, politiques publiques floues, loi nouvelle, déclarations contradictoires…et voici que le producteur s’interroge légitimement sur son avenir tandis que le consommateur se perd dans les absurdités du système. De ce fait, au lieu d’être en proactivité/en empathie avec le monde agricole, ce même consommateur remet en cause tous les modèles de production ou peut éliminer des produits au profit


Gerard MATHERON

19 décembre 2017

Point de vue

Qualité et quantité aux EGAlim

Les Etats généraux de l’alimentation (EGAlim) font, et cela est normal, la part belle à la société civile sur ses attentes par rapport à ce que concitoyens vont, ou plus exactement veulent, trouver dans leurs futures assiettes. Cela interpelle de fait les modèles agricoles français sur la qualité de nos produits, les méthodes de productions, la sécurité alimentaire, la santé des français. Modèles qui depuis des lustres ont pourtant fait la réputation de nos productions nationales, identifient la France à un pays où l’on mange bien et contribuent au rayonnement de notre gastronomie.
Cela est sain dans une société démocratique et responsable, dans un monde qui nous inonde de ses excès, de revisiter le bien-fondé de nos modèles agricoles quant à la durabilité de tels systèmes, quant à l’équité d’accès à une alimentation équilibrée quant à la santé de nos concitoyens et quant à la qualité de ce qu’ils mangent voire de la manière dont cela arrive jusque sur nos tables.

En laissant de côté la vaste question de la compétitivité de notre agriculture, vrai et existentiel sujet cependant, changer de paradigme de production pour une alimentation de meilleure qualité est sans aucun doute nécessaire pour peu que l’économie de notre agriculture ne s’en trouve pas mise inéluctablement à mal. Constatons d’ailleurs, au-delà de l’effet d’annonce, qu’une telle démarche est déjà en partie engagée sur nos territoires et dans nos filières. C’est parce que nos agricultures se trouvent interpellées qu’elles réagissent et parce qu’elles réagissent qu’elles sont à même aujourd’hui de dire combien ces transitions nécessitent du temps car délicates, souvent difficiles et parfois irréalistes par manque d’alternatives ou de connaissances.

Mais parler de qualité de l’alimentation sous tous ses aspects ne doit pas occulter la question tout autant cruciale de la quantité. Notre agriculture ainsi revisitée permettra-t-elle d’assurer quantitativement l’alimentation des français ? Sans aller jusque-là, de tels changements risquent-ils, in fine, de conduire à une diminution du volume de production de la ferme France ? Car si tel était le cas, nous risquerions d’être dans la situation contradictoire où les EGA déboucheraient d’une part sur une plus grande dépendance de notre pays vis-à-vis des pays tiers et d’autre part sur un surcroît dans nos assiettes d’une alimentation produite selon des normes et des valeurs en partie opposées à celles que la société civile exprime au cours de ces EGA !

Gérard Matheron, administrateur saf agr’iDées


Gerard MATHERON

8 décembre 2017

Point de vue

Nouvelles technologies agricoles : pourquoi la France a(urait) tout pour réussir

Plus un jour ne semble s’écouler sans qu’une déclaration ministérielle, un article, ou un tweet ne vienne célébrer « l’ambition mondiale » de l’agtech française…


P. POULLAIN & F. DELAGE

14 novembre 2017

Point de vue

Evitons les mélanges et la confusion

Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il n’y a plus une agriculture mais des agricultures. La nature des produits, la diversité des marchés, la multiplicité des types d’entreprises agricoles, tout ceci est devenu réalité. Il n’y a plus de modèle et chaque analyse sur l’entreprise agricole doit se faire en prenant en compte ses productions et structures, son management et son mode de gestion, son implantation géographique, et les marchés qu’elle veut atteindre.

Deux exemples récents me viennent à l’esprit pour illustrer cette préoccupation, touchant des projets d’investissement qui ont suscité diverses réactions de la part de membres de la société civile et de représentants d’associations syndicales …


Damien BONDUELLE

20 octobre 2017

Point de vue

Learning from the future – Apprendre du futur

Je dois avouer que je ne suis que de loin les travaux des États Généraux de l’Alimentation (EGAlim). Cependant, les échos qui m’en parviennent me donnent l’impression que l’esprit du futur n’y a pas été convié. A traiter les problèmes du présent sans intégrer une solide vision prospective, on prend le risque de bâtir un système performant aujourd’hui et demain, mais qui ne le serait plus après-demain…Et certaines décisions bonnes aujourd’hui peuvent lourdement handicaper le futur !

Que nous apprennent les grandes entreprises de leurs pratiques ?

Les dirigeants de ces entreprises analysent en permanence les causes de leurs échecs et les raisons de leurs succès. Parmi celles-ci, ne pas prendre le bon tournant au bon moment est souvent cité comme le plus grand risque d’échec. Certes, la route devant elles n’est plus aussi droite qu’il y a encore dix ans. Les transformations peuvent être fulgurantes et profondes en nature, et compte tenu du temps nécessaire à l’adaptation, l’anticipation devient une nécessité et la prospective un art auxquels elles doivent s’adonner…

29 septembre 2017

Point de vue

Contractualisation, contrat… et marge

C’est une évidence, une lapalissade : celui qui contractualise n’a pas de problème de marge…s’il a été maître de son prix. Car le contrat, c’est selon les termes du code civil, « la chose » (le produit),« la contrepartie» (le prix), « le consentement » (l’accord de l’autre partie).
Le prix se fixe « de gré à gré » ; un contrat signé sans le consentement est réputé nul.
Et c’est là où le bât blesse, car le prix trop souvent fixé par une seule des deux parties ne recueille pas l’assentiment de l’autre.
Dans sa réflexion, saf agr’iDées commentant l’inefficacité du contrat obligatoire, prône le contrat d’initiative privée, l’accompagne de commentaires et recommandations et le pose en  exemple : ce type de contrat suppose un projet commun aux deux parties ce qui règle d’ emblée, cette question fondamentale  du « consentement »…


Jean SALES

31 août 2017

Point de vue

Pour rendre nos agricultures performantes et reconnues des citoyens

Les premières réunions des quatorze ateliers créés dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation (EGA) ont commencé, et nous souhaiterions que soit étudié le […]


Damien BONDUELLE

13 juillet 2017

Point de vue

Moisson 2017 : de l’espoir aux interrogations

« Et toujours reviendra la moisson ». Tel était le titre des mémoires d’un grand agriculteur coopérateur qui cherchait ainsi à délivrer un dernier message d’espoir à ses troupes.
Certes, à l’instar de la crue bienfaisante du Nil, la moisson revient tous les ans en meilleur ou en pire. Difficile cette année de faire pire que l’an dernier ! Mais les soubresauts du climat ont réduit les espoirs à une réalité très moyenne en rendement et peut être meilleure en qualité avec beaucoup d’hétérogénéités. Et le marché est à l’affut des informations prêt à bondir ou à se tapir….


Francis CAPELLE

23 juin 2017

Point de vue

Les multiples facettes du progrès

Notre conférence anniversaire du 15 juin dernier, à l’occasion de la 150ème assemblée générale de saf agr’iDées, nous a permis d’avoir des éclairages historiques, sociologiques, philosophiques sur la notion de progrès, avant de passer la parole aux acteurs concernés de nos secteurs. En les écoutant, nous avons compris que le progrès n’est pas mort mais simplement qu’il se trouve désormais en situation d’évolution permanente, et parfois rapide et contradictoire.

De fait le progrès est appelé à s’adapter au principe de réalité, en s’adaptant aux attentes des citoyens-consommateurs. Mais il convient qu’il reste le fruit des travaux de chercheurs, de « sachants ». Le progrès doit reposer sur des fondations dont la solidité est importante pour éviter de conduire à des impasses ou à des choix plus destructifs que constructifs.

Initialement, le progrès répond en lui-même à des préoccupations d’amélioration de la vie, profitant de grandes innovations dans des domaines aussi différents que le numérique, la mécanique, la génétique, les pratiques culturales et la chimie, et l’environnement à prendre mieux en compte, pour s’en tenir à notre domaine agricole. Il est au service des entreprises pour permettre d’être présent sur les marchés internationaux, mais aussi de répondre aux soucis de pouvoir d’achat des consommateurs. Et donc, finalement, pour l’Homme lui-même, en respectant sa capacité d’adaptation et d’anticipation, tenant compte de l’évolution sociétale….


Damien BONDUELLE

19 mai 2017

Point de vue

Le 15 juin, retrouvons-nous pour fêter les 150 ans de la Société des Agriculteurs de France

En 1867, la Société des Agriculteurs de France (SAF) se donnait pour but de contribuer à la diffusion du progrès en agriculture. Ce rôle essentiel, organisé autour de plate-forme d’échanges et de rencontres, s’est renforcé depuis cette date pour faire de cette structure un think tank résolument orienté vers les conditions de la réussite de nos agricultures, prenant en compte les évolutions sociétales par une anticipation permanente en tant qu’acteur impliqué du changement…


Damien BONDUELLE

28 avril 2017

Point de vue

Quelles compétences pour les futurs managers du vivant ?

Le monde du vivant au sein duquel œuvrent  tous les professionnels des filières agricoles et agroalimentaires est confronté à un renforcement des contraintes sécuritaires, sanitaires, […]

4 avril 2017

Point de vue

« Et si l’agriculture aidait à refonder l’Europe ? »

Alors que l’Union européenne a fêté, le 25 mars, le 60e anniversaire du traité de Rome, son acte fondateur, Patrick Ferrère, délégué général du think tank Saf agr’iDées, plaide pour une « ré-européanisation » de la Pac. Pour lui, « des règles de production identiques et transparentes sur tout le territoire européen avec un système unique de sanction » permettraient aux agriculteurs « d’affirmer leur professionnalisme et leur responsabilité sociétale ».


Patrick FERRERE

23 février 2017

Point de vue

Boom de la bio

Comment toucher les dividendes du développement de la bio, sans payer la rançon du succès ?

La consommation alimentaire des produits bio est en pleine expansion en Europe et en France où son chiffre d’affaires a atteint 7 Mds d’€ en 2016. Certes cela ne représente encore que 3% du marché alimentaire de notre pays, mais la progression est fulgurante : +20% par rapport à 2015. En Allemagne, pays leader, les ventes atteignent 9,5 Mds d’€ pour 5% du marché alimentaire.

Du point de vue du consommateur, le concept-clé est celui de la confiance. A l’opposé de la défiance qui s’est emparée de nos concitoyens vis à vis de l’agroalimentaire à l’issue de scandales alimentaires, nourrie aussi de l’incompréhension envers l’agriculture d’aujourd’hui, en décalage avec l’image d’Epinal souvent diffusée…


Yves LE MORVAN

3 février 2017

Point de vue

L’innovation, une impérieuse nécessité pour l’avenir de l’agriculture

Plus le monde avance, plus l’agriculture est au cœur des enjeux stratégiques de demain : nourrir l’humanité, réduire l’empreinte environnementale, participer à la lutte contre le changement climatique et s’y adapter grâce aux solutions disponibles.
Dans ce contexte, les entreprises des Industries de la Protection des Plantes répondent à cet objectif de compétitivité et de durabilité : en aidant la ferme France à produire plus et mieux, en préservant les emplois et les sites industriels sur le territoire français.

Le sens de leur action est de promouvoir des pratiques agricoles alliant durabilité et productivité sans opposer les différents modèles agricoles. Les solutions développées répondent aux exigences d’une agriculture moderne, innovante et respectueuse de l’environnement, au service de toutes les filières et toutes les formes d’agriculture.
L’innovation constitue à la fois un levier de progrès et une impérieuse nécessité. Cela permet d’innover dans la composition des produits de synthèse, d’origine minérale, de biocontrôle, mais aussi dans les équipements, les emballages… Sans oublier le progrès dans les services associés, grâce notamment à l’apport du numérique.
Un soutien sans faille à l’investissement et à l’innovation demeure impératif. Or, des décisions politiques arbitraires basées sur un principe de précaution à outrance viennent freiner sérieusement cette dynamique d’innovation, mettant la France dans une posture compliquée par rapport aux autres pays européens.
Le temps politique n’est pas celui de la recherche, ni celui du modèle agricole.

Si nous voulons stimuler l’investissement, nous devons nous conformer aux standards européens et assurer la lisibilité et la fluidité du dispositif réglementaire qui doit s’appuyer sur des études d’impact basées sur la science et sur une analyse du rapport bénéfices/risques.
Restons vigilants et intervenons de façon proactive pour éviter toute «surtransposition ». Et ce pour continuer de répondre au mieux aux enjeux de compétitivité et aux attentes politiques et citoyennes.

Eugenia Pommaret, Directrice de l’UIPP

20 janvier 2017

Point de vue

Vers une agriculture collaborative

Le métier d’agriculteur devient beaucoup plus complexe et mobilise des compétences beaucoup plus larges qu’auparavant. Ainsi les chefs d’entreprises agricoles doivent-ils augmenter leur efficacité économique et environnementale mais aussi apprendre à gérer eux-mêmes leurs risques.

Ces deux dimensions doivent se trouver aujourd’hui au cœur de chaque décision, quotidienne comme stratégique. Ce que je décide augmente-t-il ma valeur ajoutée créée par heure de travail ? Cela contribue-t-il à accroître ou réduire mes risques (techniques, commerciaux, humains ou économiques)…

6 janvier 2017

Point de vue

Rebondissons en 2017

En 2016, nombre d’événements nous ont fait prendre conscience de notre extrême fragilité : nos entreprises ont dû faire face aux conséquences d’un climat difficile et d’une situation de marché défavorable. Et, dans le même temps, nous sommes interpellés sur l’arrivée rapide des nouvelles technologies, des data dans notre quotidien de producteurs. Ainsi, 2016 est une année qu’il faut considérer comme riche d’enseignements sur les incertitudes auxquelles nous sommes soumis et porteuse d’espoir, de remise en cause, de nouvelles inventions qu’il nous faut considérer.

En 2017, je forme le vœu que nous soyons pleinement acteurs, que nous sachions saisir les opportunités, que nous ayons l’envie, la motivation de prendre la réalité en considération et d’envisager sans tabou des solutions…


Damien BONDUELLE

16 décembre 2016

Point de vue

Vous avez dit « bioéconomie » ?

Cette fois-ci, elle arrive ! La stratégie nationale sur la bioéconomie était en préparation depuis de nombreux mois en interministériel, et voici que le nouveau Premier ministre lui-même s’empare du sujet. Dans son discours de politique générale du 13 décembre 2016 devant l’Assemblée nationale, Bernard Cazeneuve a en effet indiqué que «l’agriculture devra être moins dépendante de l’énergie fossile. Elle devra s’appuyer sur un plan en faveur de la bioéconomie pour favoriser le développement des biomatériaux, la production d’énergies renouvelables et la chimie du vivant ».
Jusqu’à présent, peu de responsables politiques français s’étaient emparés de ce sujet, et le concept de bioéconomie était demeuré dans les cercles de la recherche, de l’innovation, et de l’industrie. Le rapport « Agriculture-Innovation 2025 » remis au gouvernement en 2015 avait toutefois identifié la bioéconomie comme un des deux axes prioritaires avec l’agroécologie pour l’agriculture de demain.
De nombreux pays (en Europe et aux Etats-Unis par exemple) se sont appropriés ce système et en ont fait une priorité stratégique, non seulement en termes de recherche, innovation et industrie, mais aussi pour la production de biomasse. La bioéconomie commence ainsi dans les champs et dans les forêts !
Dans le contexte du changement climatique, gageons que les acteurs du monde agricole sauront s’approprier cet enjeu pour créer de la valeur, de l’optimisme, aller de l’avant, et construire des agricultures innovantes, technologiques, durables, responsables, et cohérentes avec la transformation alimentaire et non alimentaire, pour développer de nouveaux services et de nouveaux produits utiles à nos sociétés, et porteuses de sens.

Marie-Cécile DAMAVE est Responsable innovations et marchés à saf agr’iDées.


Marie-Cécile DAMAVE

2 décembre 2016

Point de vue

Il faut changer pour vivre…

La crise qui perdure peut engendrer la sidération, la prostration et la dépression mais elle peut également stimuler l’esprit d’initiative, l’inventivité, le sens de l’innovation, du système D, de la collaboration, et finalement renforcer ce sentiment que nous avons tous intérêt à préserver nos ressources. Cette façon de renouer avec la notion de « bien commun » qui connaît de nos jours un certain regain d’intérêt au-delà des clivages de pensées et des croyances prend dans le monde agricole la forme d’une stratégie du changement simple et pragmatique pour faire face aux tensions et aux défis (alimentaires, écologiques, sociétaux, etc.) cruciaux qui s’imposent à tous.
Car le secteur agricole dans son entier est plus que jamais bouleversé par la forte houle de la mondialisation, par les défis alimentaires qualitatifs, quantitatifs et éthiques qui viennent remettre en cause des habitudes et des réflexes. Exposés frontalement aux difficultés, ces entrepreneurs du vivant, ces chefs d’entreprise agricoles, ne veulent plus perdre de temps à tergiverser et à attendre des aides et autres solutions technocratiques. Avec le déploiement du numérique, de nouvelles formes de collaborations et d’organisations issues du partage de données et d’informations viennent booster ce besoin de nouvelles dynamiques, partout sur les territoires.
Voici par exemple quatre évènements récents qui illustrent le bouillonnement d’idées et l’esprit d’initiatives actuel. Citons ainsi le lancement du premier site dédié à l’échange « responsable » de parcelles agricoles conçu par deux agriculteurs de la Marne, les Trophées Agrica récompensant les meilleures initiatives « antigaspi » (et associant bien souvent naturellement les agriculteurs au process), la nouvelle édition à Angers de Esa Connect sur l’agriculture connectée proposant de revenir sur « les nouveaux modèles collaboratifs du producteur au consommateur », ou encore le Festival « A table en 2030 » à la Cité des Sciences de La Villette qui met en scène une cuisine « durable » pour les nouvelles générations… Ces rendez-vous traduisent chacun à leur façon ce nouvel élan et cette faim d’actions concrètes. Changer pour soi et pour la pérennité de son métier, certes, mais également être un acteur utile au sein d’un véritable écosystème. Une prise de conscience assumée, qui incite les agricultrices et agriculteurs français à réinventer leurs propres sources de revenus ou d’organisation (pour mutualiser leurs coûts par exemple avec ce qu’on appelle le « co-farming »), à s’allier aux start-ups qui proposent de revaloriser intelligemment leurs produits, à se rapprocher des consommateurs, à bénéficier pleinement de la révolution numérique en cours.
L’agriculture est peut-être en crise, mais elle n’est pas en panne d’idées.


Marie-Laure HUSTACHE

18 novembre 2016

Point de vue

Réalisme et pragmatisme pour avancer

L’actualité du 60ème Congrès des producteurs de légumes de France qui se déroule actuellement en Guadeloupe, permet d’une part le rapprochement des problématiques de production sur l’ensemble de nos territoires de France, et d’autre part est l’occasion de souligner l’intérêt des départements français d’outre-mer (DOM) pour l’économie de notre pays.

L’agriculture occupe dans ces territoires une place majeure, voire existentielle tant au niveau économique que social mais aussi environnemental et sociétal. Des valeurs sont aussi partagées : valeurs comptables certes mais aussi valeurs sur les produits, sur leur mode de production et sur l’image véhiculée par chacun d’entre eux. Ce Congrès est l’occasion de confronter des questionnements métropolitains et domiens qui finalement se rejoignent beaucoup plus que l’on pourrait le croire. Pour sa part, saf agr’iDées a présenté ses analyses pour un développement de agricultures des DOM dans une Note qui vient de paraître.

Un des points saillant des travaux de ce 60ème Congrès concerne la difficulté posée par des réglementations européennes aux contraintes croissantes, fréquemment incompréhensibles, disparates entre les pays membres et tolérantes vis à vis des pays tiers. L’Europe représente certes « la carotte » des légitimes et indispensables soutiens aux agriculteurs. Oui, l’Europe doit plus que jamais accompagner l’agriculture sur les bases d’une politique agricole nationale (dont il faut bien reconnaître que nous avons parfois encore du mal à en percevoir les contours en France). Mais cette politique finalement conduit les producteurs à être dans une posture de quémandeurs alors qu’ils sont une force qui devrait, au contraire, être financée en reconnaissance de sa contribution majeure à l’économie et à la vie de notre communauté. L’Europe, c’est aussi « le bâton » de règles drastiques de plus en plus contraignantes dont le coût est plus supporté par les producteurs que par ceux qui conduisent à les imposer.

Comment ne pas être choqués lorsque l’Europe autorise (voire encourage par des accords globaux avec certains pays tiers), la présence sur nos tables d’aliments qui sont produits avec des molécules qu’elle même interdit ? Comment ne pas être surpris de l’hétérogénéité, de la non harmonisation des autorisations et des labels au sein même de l’Union Européenne ? Comment ne pas regretter que nos producteurs servent en fait de monnaie d’échange lors de complexes accords commerciaux avec des pays aux contraintes réglementaires laxistes qui entrainent une concurrence déloyale, des circuits de distribution douteux ou des appellations fallacieuses ?

Platon ne disait-il pas que la plus grande injustice est de traiter également des choses inégales ?

Gérard Matheron est administrateur de saf agr’iDées


Gerard MATHERON

28 octobre 2016

Point de vue

Le « bon consommateur » : un bien commun pour les IAA

Le SIAL Paris s’est terminé après avoir attiré 155 000 visiteurs du monde entier, présentant notamment aux professionnels présents, tous « à l’écoute des consommateurs » les innovations autour du « Made in France, Made with love »…

14 octobre 2016

Point de vue

Les certitudes sont malmenées

L’année 2016 restera dans les annales agricoles françaises. Les rendements ont été catastrophiques dans de nombreuses productions. Le prix du lait est au plus bas, comme l’était celui du porc il y a quelques mois. Tout prête à la déprime. Pourtant, c’est dans ces moments critiques que l’on se doit de rester vigilant dans l’analyse, quitte à jeter quelques croyances récalcitrantes aux orties…

30 septembre 2016

Point de vue

Rien ne sert de courir

A lire le rapport 2016 de PricewaterhouseCoopers sur « les coopératives agricoles et le numérique », on constate que le secteur agricole est en retard sur le sujet numérique. Est-ce grave docteur ? Pas forcément. Car ce « retard » pourrait permettre paradoxalement de prendre de meilleures décisions stratégiques, d’effectuer un « leapfrog » (saut de grenouille) pour sauter directement à la solution optimale en évitant de nombreuses impasses. La Corée du Sud par exemple, sous-équipée au niveau télécom dans les années 90, est désormais le pays le plus connecté au monde en super-haut-débit, comptant 20 millions d’abonnés fibre sur 50 millions d’habitants. Pourquoi ? Parce qu’elle a évité d’utiliser notre technologie ADSL, trop limitée en débit, et qu’elle a directement choisi de fibrer tout le pays. Quant à l’Afrique, hier faiblement dotée en infrastructure informatique et internet, elle surinvestit actuellement dans le mobile et sera sans doute, grâce à un « leapfrog », à l’origine des nouveaux usages mobiles de demain.

Le retard est donc potentiellement une chance lorsqu’on a de l’ambition. Les outrances et les écueils peuvent être évités, et en particulier sur un sujet aussi vital pour l’avenir de l’agriculture qu’est la data agricole et son exploitation.

Profitons donc de notre retard pour éviter de subir le même hold-up sur les données personnelles que l’on a vécu depuis 15 ans par les géants américains du numérique. La bonne nouvelle c’est que l’Europe sort enfin de sa torpeur, et nous permet de profiter d’un cadre juridique de protection des données dont on aurait rêvé pour la décennie 2000.

Profitons-en ensuite pour traiter les données personnelles des agriculteurs de manière totalement transparente, éthique, et plus sérieuse que les adresses emails des consommateurs, qui se baladent aujourd’hui partout sans contrôle ni traçabilité.

Profitons aussi de notre retard pour éviter les abus cyniques de position dominante sur les données que l’on constate partout ailleurs. Développons un écosystème ouvert, innovant, profitant à tous plutôt qu’à quelques élus, et qui serve en particulier à créer de la valeur pour les agriculteurs. Car les données consommateurs collectées par les géants du web n’ont pour l’instant jamais créé beaucoup de valeur pour le consommateur, voire sont désormais utilisées par certains pour en détruire.

Et enfin, si on pouvait aussi en profiter pour éviter de revivre dans l’agriculture les dérives totalitaires de la NSA sur les données personnelles, sans avoir à attendre l’émergence d’un lanceur d’alerte agricole type Snowden en bottes, ça ne serait pas mal non plus.

La bonne nouvelle, c’est que toutes ces erreurs numériques sont là, devant nos yeux, et qu’il n’appartient qu’à nous de les éviter pour imaginer et construire des modèles alternatifs…

16 septembre 2016

Point de vue

L’Association Interprofessionnelle de la Banane, pour quoi faire ?

L’Association Interprofessionnelle de la banane (AIB) vient d’être reconnue, composée de trois collèges : la production française, représentée par l’ ASSOBAN (dont les adhérents sont LPG, […]


Pierre Monteux

2 septembre 2016

Point de vue

Une récolte céréalière décevante mais riche d’enseignements

Tandis que les résultats de la récolte céréalière se précisent et confirment l’ampleur des pertes, tant en volume qu’en qualité, chaque professionnel, chaque entreprise cherche dans l’urgence à s’adapter à cette situation pour en limiter les conséquences sur son activité. Pour leur part, les sélectionneurs se contenteront d’analyser les facteurs de réduction des rendements et d’en proportionner les effets. Le travail d’amélioration des plantes consiste à adapter les variétés à leur environnement économique (marchés, filières), agronomique (parasitisme, maladies, sol), et climatique. Après le choquant rappel de cette année, la première question qui se pose est celle de la résilience, de la rusticité des variétés modernes. En d’autres termes, l’amélioration des plantes a-t-elle fait fausse route?

Pour répondre à cette interrogation, l’INRA, le GEVES[1], et les instituts techniques agricoles tels qu’Arvalis, l’Institut technique de la betterave ou Terres Innovia, mènent régulièrement des expérimentations pour analyser le comportement des variétés proposées par les obtenteurs. Les conclusions sont claires : quelle que soit l’espèce considérée, les variétés modernes sont à la fois plus productives, de meilleure qualité industrielle et résistent mieux aux aléas climatiques.

Dans le cas du blé, l’amélioration génétique a permis aux rendements de progresser de 0,9% par an depuis les années 1980, tout en renforçant la résistance aux maladies et aux parasites (l’écart entre rendement des blés traités et non traités s’est réduit de 0,4 quintal par an), et en élevant la qualité industrielle : 80% des variétés de blé sont aujourd’hui panifiables contre seulement 20% en 1978. Dans le cas du maïs, les rendements ont progressé parallèlement à la tolérance à la sécheresse. Pour le tournesol, les rendements ont augmenté de plus de 40% en 30 ans, et sont devenus plus stables.

En dépit des conditions extrêmes de cette campagne, nous sommes confortés dans les voies et les technologies que nous utilisons. Ce travail d’amélioration des plantes sera d’autant plus efficace que nous aurons accès aux biotechnologies qui font déjà leurs preuves en santé humaine. Nous pourrons alors mieux contribuer au progrès tant agricole que sociétal.

Rappelons enfin que les semences s’insèrent dans un corpus large d’outils dont disposent les agriculteurs et que la génétique n’est pas la seule solution ! Elles ne peuvent, à elles seules, pallier tous les aléas, amplifiés par les dérèglements climatiques. Pour atténuer leurs impacts sur la production agricole, les agriculteurs français doivent disposer d’une large palette de solutions qu’ils sauront utiliser dans le respect de contraintes réfléchies et proportionnées.

Souhaitons que cette séquence douloureuse pour notre agriculture nous rappelle ces quelques enseignements. Nous pourrons alors profiter dans toutes les circonstances de l’apport des innovations.

Régis Fournier est président de l’Union Française des Semenciers

[1] Groupe d’Etude et de contrôle des Variétés Et des Semences : organisme officiel constitué par l’INRA, le Ministère en charge de l’Agriculture et le GNIS (interprofession des semences) assurant l’expertise sur les nouvelles variétés végétales et l’analyse de la qualité des Semences.


Régis FOURNIER

4 août 2016

Point de vue

Une moisson atypique, et pourtant…

Les céréaliers français subissent une moisson catastrophique en rendements, alors que dans d’autres pays européens et chez de grands pays producteurs mondiaux la situation est meilleure : aucune amélioration sur les prix ne paraît donc prévisible comme élément compensateur. L’équilibre financier de ces cultures n’en sera que plus dégradé encore, après une année de rendements records accompagnés de prix régulièrement orientés à la baisse. Il est vraisemblable que des défauts de trésorerie impacteront les entreprises agricoles, et des mesures d’accompagnement sont déjà en cours de réflexion….


Damien BONDUELLE

5 juillet 2016

Point de vue

Cultivons nos sols mais aussi nos cerveaux !

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans sa régulière publication sur l’état de la France, pointait, entre autres régressions, notre mauvais score sur la part de notre budget consacrée à la recherche.

Avec seulement 2,26%, nous sommes encore très loin de l’objectif de la Stratégie de Lisbonne qui stipulait que les Etats européens devaient y investir 3% de leur PIB. La France est à la traîne en la matière, sa part dans les publications scientifiques internationales et dans les demandes mondiales de brevets diminue de manière inquiétante. Sa compétitivité est en conséquence écornée. Dans le même temps, le Président de la République, sous la pression de tous nos prix Nobel, renonçait finalement à de nouvelles coupes qui étaient bel et bien programmées dans le budget de la recherche publique.

La recherche privée demeure encore très loin des objectifs de Lisbonne. Notre tissu d’entreprises est hésitant ou, pour les plus modestes dans l’incapacité, faute de soutiens, d’investir pour notre avenir (les investissements de R&D des entreprises françaises ont progressé presque trois fois moins vite que ceux de l’ensemble des entreprises européennes depuis 2005). En outre les partenariats du privé avec la recherche publique est loin de faire consensus.

La société civile, elle, est de plus en plus frileuse vis-à-vis des innovations et, en partie par manque d’information et de transparence, doute de la science et finalement remet en cause le bien-fondé des nouvelles technologies. Les élus se fondent dans la masse des opinions, agissent au coup par coup en réaction à tel ou tel incident, certains cèdent au populisme et finalement, au lieu d’assumer des choix forts pour l’avenir de notre société, laissent, sur ces questions, les divers acteurs s’opposer frontalement. Se rajoute à cela les actions de celles et ceux qui dénoncent le profit de certaines entreprises innovantes en associant les attentes « capitalistes » de leurs actionnaires à des innovations produites qui, par assimilation négative, seraient néfastes aux humains ou à leur environnement.

Tout ceci interpelle et finalement laisse en suspens une question : ne serions-nous pas opposés au progrès technique ? Ne serions-nous pas en train de remettre en cause un des piliers de notre développement depuis un siècle ? Ne serions-nous pas en train d’hypothéquer la compétitivité de notre pays et en particulier celle de notre agriculture ? Cultivons nos sols mais aussi nos cerveaux ! Dans un tel contexte la culture scientifique ne devrait-elle pas devenir une priorité stratégique de notre pays afin que chacune et chacun puisse, en toute connaissance de cause, assumer ses choix de vie et contribuer à l’élaboration d’un modèle de société porteur d’épanouissement pour tous ?

Gérard MATHERON est administrateur de saf agr’iDées


Gerard MATHERON

17 juin 2016

Point de vue

Saf agr’iDées, un réseau qui se renouvelle

C’est avec grand plaisir que j’ai pu assister le 9 juin dernier à l’AG de saf agr’iDées, dont le rapport d’activité 2015 a parfaitement reflété la variété et la richesse des travaux ! Aux côtés de nos équipes, l’implication des administrateurs et des adhérents de notre think tank y est fortement perceptible. Tout comme la volonté de mettre des expertises complémentaires au service de nos secteurs ! Et c’est donc avec beaucoup de fierté (et un peu de tristesse aussi) qu’après avoir été pendant 7 ans membre du Conseil d’administration et du Bureau, je passe le relais et laisse la place à de nouveaux administrateurs (et administratrices !) qui sauront j’en suis sûr, dans la nouvelle équipe conduite par le président Damien Bonduelle, porter avec dynamisme nos réflexions !

ofre IAAEngagé notamment au sein du Groupe de travail Alimentation de saf agr’iDées je souhaite en tant qu’adhérent actif poursuivre et accompagner nos réflexions, encourager d’autres adhérents à nous rejoindre. Nous savons combien nos filières agricoles et agro-alimentaires sont à un tournant, face aux marchés, face aux nouvelles attentes des consommateurs aussi.

“Regarder vers l’avenir, c’est la nature de notre think tank !” a déclaré Damien Bonduelle en conclusion de notre Assemblée du 9 juin. Saf agr’iDées est en effet un formidable réseau, qui a su, sous l’impulsion de Laurent Klein, s’épanouir et se renouveler sans cesse.

Je continuerai à en être le fier ambassadeur !

Gérard Laloi

3 juin 2016

Point de vue

Les entreprises agroalimentaires face à leurs marchés présents et futurs

Il est toujours intéressant de comparer. Et lorsque l’on s’interroge sur les différences entre les entreprises de l’agroalimentaire (IAA pour Industries Agroalimentaires) et celles des autres secteurs, plusieurs traits apparaissent.

A l’une des extrémités de la chaîne, la production agricole est fluctuante, incertaine, et à l’autre, la consommation est plutôt stable en volume et en prix. Les marchés sont donc soumis à rude épreuve puisque tant bien que mal il faut faire entrer, dans la filière, ce qui est produit dans le champ. Le stockage joue un rôle de tampon, mais il a une capacité limitée. Autre fait marquant, une partie de l’agroalimentaire est, au moins en France, attachée au concept de terroir ou plus généralement aux traditions. Les agriculteurs comme les industriels ont su valoriser au mieux les productions d’un territoire. Ce concept de valorisation n’est pas partagé dans les autres industries qui cherchent à satisfaire les consommateurs, sans cet ancrage historique. On dit souvent que les IAA poussent leurs produits vers le consommateur (« push »), alors que les autres secteurs sont en mode « pull » (on attire le consommateur vers le produit). De nouvelles entreprises font leur apparition dans certains secteurs des IAA en mode « pull ». Au Japon, Toshiba produit ainsi par exemple des salades à la demande : car son mode de production n’est pas soumis aux aléas climatiques. Elle peut récolter de manière flexible, en fonction de la demande…

13 mai 2016

Point de vue

Ecrivons ensemble l’avenir de nos agricultures !

En charge de saf agr’iDées depuis sept ans, Laurent Klein a souhaité passer le relais de la présidence après en avoir dynamiquement porté son évolution en think tank reconnu pour la qualité de ses expertises, permettant à tout acteur impliqué dans les enjeux de ce 21ème siècle d’exprimer talents et potentialités. Qu’il en soit fortement et chaleureusement remercié : les retours de toute nature nous montrent que cette orientation était attendue et qu’elle offre une nouvelle perspective pour nos entreprises.

Récemment élu par le conseil d’administration, je prends le relais de Laurent avec l’intention de pérenniser cette orientation, de veiller au maintien de saf agr’IDées au service du progrès en agriculture et en restant attentif à ce que le think tank reste une force de propositions dont nos filières ont tant besoin !

Plein d’enthousiasme pour ce projet, je compte vous faire participer de plus en plus activement en encourageant votre présence active à nos groupes de travail et votre participation à nos réflexions en général, dans le but de générer les actions prochaines qui permettront de construire l’avenir de nos secteurs.

L’équipe de saf agr’iDéees s’est renforcée régulièrement durant ces sept dernières années, apportant de nouvelles compétences pour accompagner les experts extérieurs qui contribuent à nos travaux et nous aident à concrétiser nos débats. Cette équipe a besoin d’une plus grande participation des acteurs de terrain, issus des entreprises agricoles et de leurs filières, de façon à répondre à leur propre attente.

Faire de toutes celles et tous ceux qui suivent nos travaux des acteurs de l’expertise, c’est aussi le but de l’appel à contribution que nous lançons aujourd’hui. En 1867 était créée la première organisation agricole française, la Société des Agriculteurs de France (SAF). L’an prochain en 2017, saf agr’iDées célèbrera ce 150ème anniversaire. A cette occasion nous vous proposons de devenir avec nous les acteurs de l’expertise en participant à la rédaction d’un ouvrage original, regroupant 150 idées et propositions pour la réussite de nos agricultures en France. Un livre fédérateur qui donnera nous l’espérons une impulsion nouvelle pour souligner les potentialités de nos agricultures !

Damien BONDUELLE, Président de saf agr’iDées


Damien BONDUELLE

20 avril 2016

Point de vue

Pédagogie du « bien-manger »

Bien manger, cela s’apprend et prend du temps. Bien choisir ce qui va composer son panier d’achat puis son assiette, bien s’informer sur les produits, cela prend du temps aussi, mais de plus en plus de consommateurs semblent vouloir relever le défi. Les évènements consacrés à notre alimentation se multiplient d’ailleurs en ce printemps 2016, tout comme les « Unes » des magazines vantant nos chers terroirs ou décryptant le phénomène « Food », qui fait tant rêver les marques en mêlant retour aux saveurs, nouvelles technologies et personnalisation du rapport aux nourritures.
L’offre se diversifie, la concurrence entre acteurs traditionnels fait rage, les modes de vie changent, la crise réduit les budgets et encourage de nouvelles formes d’approvisionnement plus variées, voire complémentaires. Nos entreprises agricoles, notre industrie agro-alimentaire sont assurément à un tournant, et aucun maillon de la chaîne n’est épargné : production, transformation, conditionnement et marketing, distribution…
Les consommateurs du 21ème siècle que nous sommes, à la fois surinformés et désorientés, souvent paradoxaux dans nos choix alimentaires, se retrouvent toutefois par la même quête de bon sens et de plaisir, comme le montre encore une récente étude Kenwood-Ipsos, …à condition bien-sûr de pouvoir accéder à cette culture alimentaire ! C’est tout l’objet de la dernière intervention de saf agr’iDées le 6 avril dernier lors d’un déjeuner débat organisé par le Club de la Table Française, où notre Note d’analyse et nos propositions ont rejoint les ambitions pédagogiques des organisateurs et des participants, bien décidés à démocratiser l’accès au goût, à favoriser chez les plus jeunes un rapport apaisé et éclairé à l’alimentation et à sensibiliser nos élus à cette urgence éducationnelle !
La dernière édition de l’évènement « Food morning » le 12 avril dernier à Paris, intitulée « Démocratie du goût », va aussi dans ce sens. Citons pour finir l’un de ses organisateurs, Thierry Jadot (CEO de Dentsu Aegis Network) : « La France a dans sa raison d’être l’élévation de l’art culinaire au rang de culture populaire. Elle se targue de la rendre accessible à tous et cherche à contribuer à éduquer la planète à se nourrir de façon plus responsable et plus écologique. » Une ambition forte, qui nécessite l’implication de tous les acteurs de la société.

Gérard LALOI, administrateur de saf agr’iDées

8 avril 2016

Point de vue

Science et société : recollons les morceaux !

Malgré un continuum dans le progrès de la science, des savoirs et de la connaissance, les modes de production qui ont avec succès assuré la modernisation, la productivité et la compétitivité de notre agriculture au cours du 20e siècle sont aujourd’hui mis en cause et taxés de productivisme.

L’amélioration génétique des plantes cultivées et des animaux d’élevage, ancestral, efficace et incontournable levier de l’amélioration des productions agricoles, une des clés de la satisfaction de nos demandes alimentaires, en est un exemple.

Aggravé par le changement climatique, le même besoin impératif de sécurité alimentaire est ailleurs : en Afrique notamment. Les enjeux de sécurité alimentaire sont devenus des enjeux de sécurité tout court.

Comment y parvenir lorsque le continuum scientifique est aujourd’hui rompu par les controverses d’acteurs en quête de sens ? Communiquons pour redonner confiance en la recherche, au développement et en une production agricole durable. Intégrons les outils modernes de la génétique dans la boîte à outils des agriculteurs et des éleveurs et développons la culture scientifique dans notre pays, qui en manque cruellement !

Notre think tank a justement voulu poser ces problématiques le 5 avril dernier et a apprécié la diversité des points de vue exprimés, côté intervenants et côté public.


Gerard MATHERON

24 mars 2016

Point de vue

La loi biodiversité figée par le principe de non régression du droit

Le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages occupe le devant de la scène parlementaire et médiatique depuis quelques mois maintenant. Au fil des lectures parlementaires, le texte s’est construit autour de mesures fortes telles que la création de l’Agence nationale de la biodiversité, l’organisation de la compensation écologique et l’interdiction des néonicotinoïdes. Toutes ces mesures ont fait l’objet de débats parfois très vifs qui devront se poursuivre lors de la seconde lecture de ce projet de loi devant le Sénat et, dès le 3 mai, devant sa commission d’aménagement du territoire. Mais si l’essentiel de la loi n’était pas là ?

L’Assemblée Nationale, en seconde lecture du texte, a ainsi décidé que devrait figurer (aux côtés des principes de précaution, de prévention, de participation du public, et de pollueur/payeur) le principe de non régression du droit “selon lequel la protection de l’environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement, ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante.” Ce nouveau principe, en réalité une valeur, exprime une ambition politiquement louable mais qui, inscrit dans le droit, pourra se révéler redoutable pour la dynamique des évolutions. L’expérience du principe de précaution montre comment un simple principe peut se transformer en valeur refuge de toute une société.

Si l’essentiel à retenir était donc plutôt dans les valeurs que véhiculent ce projet de loi ? Valeurs que le droit de l’environnement comme à son habitude transforme en principes de droit de l’environnement. Comme l’a déclaré la ministre de l’Environnement et de l’Energie Ségolène Royal : « Le concept de biodiversité dit-on est complexe. Aussi ce projet de loi s’appuie-il sur des valeurs que je veux comprises par tous. […] la première de ces valeurs est la solidarité écologique (reconnue aujourd’hui par le projet de loi) fondée sur la prise en compte des écosystèmes et des innombrables services qu’ils nous rendent […] la deuxième valeur est le principe Éviter, réduire, compenser.[…] le projet de loi permet une nouvelle alliance entre l’homme et la nature.” (Voir également les travaux de l’Académie sur ce sujet).


Carole HERNANDEZ-ZAKINE

10 mars 2016

Point de vue

Des agricultures pour des marchés

La crise agricole, avec ses multiples manifestations régionales, ainsi que la vitrine du salon de l’agriculture (qui vient de fermer ses portes) a placé l’activité et ses filières sous les projecteurs des médias.
Mais si les multiples émissions et reportages ont le mérite de permettre la reconnaissance des caractères dramatiques des situations enregistrées dans de nombreuses exploitations et la sensibilisation de l’opinion publique, il faut désormais quitter le monde des paroles pour passer à celui des décisions et des actes.
Ce n’est pas en opposant les différents modèles agricoles qui coexistent dans notre pays, ce n’est pas en favorisant les antagonismes entre les gros et les petits, entre les bio et les conventionnels, entre les circuits courts et les filières industrielles et commerciales, que l’on forgera les solutions de demain.
Les segments de marché qui constituent les débouchés de nos activités de production sont suffisamment diversifiés pour rendre complémentaires ces modèles multiples à condition toutefois que l’on s’assure d’une adéquation entre les offres et les demandes (à tous les niveaux, depuis l’échelon local jusqu’à ceux des marchés internationaux).
Notre agriculture est riche de ses diversités mais elle est affaiblie par ses oppositions internes et par des antagonismes qui résultent d’une identification politicienne de ses différentes composantes.
Or la campagne médiatique exceptionnelle sur la crise agricole qui pourrait réconcilier les agriculteurs avec leurs concitoyens, et mobiliser les responsables politiques en faveur de démarches pragmatiques, réalistes et consensuelles doit elle-même sortir des ornières polémiques pour participer positivement aux attentes légitimes des producteurs.

26 février 2016

Point de vue

Contractualisation et dépendance économique des agriculteurs

Le Salon International de l’Agriculture, qui ouvre ses portes samedi 27 février, offre au monde agricole l’occasion de dialoguer posément avec le grand public sur les difficultés que rencontrent nombre de producteurs, particulièrement dans les secteurs porcin et laitier.
En cause : le faible niveau des prix de vente dû à un excès d’offre sur le plan européen et mondial et le manque de résilience du modèle agricole français.
Dans l’objectif de stabiliser le revenu des agriculteurs dans la durée, les pouvoirs publics font pourtant la promotion, depuis plusieurs années, de la contractualisation entre producteurs et transformateurs/distributeurs. Cette politique a pris le relai des outils de maîtrise et de gestion du potentiel de productions qui, pour une large part, ont été démantelés.
Si le contrat permet de garantir sur une certaine durée, pour le producteur, l’écoulement de sa production et, pour l’acheteur, son approvisionnement, il n’est pas nécessairement « juste ». Conclu dans le cadre d’une relation déséquilibrée, il peut même conduire à la faillite.
Certes, le droit des contrats, qui vient de connaître une importante réforme par voie d’ordonnance, pose quelques garde-fous. Ils ne sont toutefois pas de nature à empêcher un agriculteur de « mal » vendre sa production.
N’ayant que rarement le choix de son acheteur, s’agissant de productions non stockables comme le lait, le producteur, sans être juridiquement intégré, se trouve dans une situation de forte dépendance économique. C’est précisément cette situation qui doit être reconnue et acceptée par les opérateurs, pour envisager la définition d’un cadre contractuel adapté, qui peine toutefois à s’imposer…


Jean-Baptiste MILLARD

12 février 2016

Point de vue

La « plateformisation » de l’agriculture est en marche

Ce nouveau modèle économique, permis grâce au numérique, offre aux acteurs d’une filière d’interagir à faible coût en mettant en contact fournisseurs et clients, devenus interchangeables.

La France dispose de conditions sociales qui ont permis l’émergence de Blablacar (devenu en dix ans le premier service au monde de covoiturage) et de « La Ruche Qui Dit Oui » (qui met en contact 4000 agriculteurs et 100 000 consommateurs), très regardés à l’étranger. Miimosa a déjà proposé 179 projets agricoles en financement participatif. En moins d’un an, WeFarmUp a mis en contact 500 agriculteurs pour la location de matériel agricole entre exploitants.


Michel DUBOIS

29 janvier 2016

Point de vue

« Ensemble » face aux marchés…

Dans l’arsenal des outils qui constituent les éléments de notre politique agricole, il en est un que beaucoup nous envient, que d’autres craignent : les […]


Patrick FERRERE

8 janvier 2016

Point de vue

Se former, s’adapter, et saisir les enjeux en 2016 !

Les années difficiles se succèdent, et pourtant plus que jamais la curiosité, l’ouverture au monde et aux autres, la mobilité et l’agilité sont des postures essentielles et salvatrices. Dans un monde ouvert où les distances réelles et virtuelles se rétrécissent, les chefs d’entreprise de nos secteurs agricoles et agro-alimentaires ont tout intérêt à jouer leurs cartes sur les territoires qui s’offrent à eux.

Plus que jamais il est nécessaire de se former, de s’adapter, de tisser et de cultiver ses réseaux pour ne pas rester isolé et fermé aux opportunités.

Tel sont les messages « décomplexés » de nos Rapports 2012 et 2013, tel est encore le fil directeur des travaux et publications de notre think tank, en ce début de 21ème siècle et cette période de multiples transitions accélérées (économiques, sociétales, technologiques, culturelles).

Au niveau plus national et politique enfin, une fois déroulées les élections régionales et mis en œuvre le réflexe citoyen, l’espoir peut resurgir, l’envie de reconstruire en se disant que tout n’est pas perdu.

La paix, l’amitié et le rire seront assurément les meilleurs remèdes pour cette nouvelle année 2016 qui commence…

Ensemble engageons-nous avec saf agr’iDées, à développer la réflexion et les espoirs !

Laurent KLEIN, Président de saf agr’iDées

18 décembre 2015

Point de vue

La forêt est une agriculture de long terme !

La forêt française est aujourd’hui confrontée à trois évidences :

Il ne peut y avoir de filière forêt-bois industrielle sans une forêt de production organisée.
Une telle forêt exige des investissements et donc des capitaux : la forêt est une agriculture de long terme !
Enfin la forêt de production oblige au respect des règles de développement durable.


Thierry WALRAFEN

7 décembre 2015

Point de vue

Elections régionales : quelles motivations des électeurs ?

Les résultats du 1er tour des élections régionales n’expriment en rien la compétence des candidats à la gestion d’une collectivité dont les pouvoirs devraient être […]

26 novembre 2015

Point de vue

Vous avez dit élections régionales ?

Force est de constater qu’à quelques jours du scrutin régional, les électeurs sont davantage orientés vers « le vote pour qui » que vers le « vote pour quoi ».

L’absence de véritable campagne sur le rôle futur des nouvelles régions et sur les projets territoriaux des candidats interpelle aujourd’hui les observateurs soucieux du respect des finalités de toute consultation électorale…

16 octobre 2015

Point de vue

Compétitivité et investissements ne riment pas toujours !

La production du blé 2015 atteint des records : record de surface avec 5,2 millions d’hectares, record de collecte aux environs de 40 millions de tonnes de bonne qualité, en faisant abstraction d’une nouvelle baisse du taux de protéines…

25 septembre 2015

Point de vue

L’agriculture intra-urbaine, une agriculture comme les autres ?

Le monde s’urbanise à grande vitesse. Entre 1900 et 2000, la population urbaine a été multipliée par vingt alors que la population mondiale quadruplait. Aujourd’hui, 50 % des habitants de notre planète vit en ville, en 2020, ce sera 60 %, probablement 70 % en 2050. Les défis à relever de cette obésité urbaine sont énormes si l’on souhaite un tant soit peu que notre développement soit durable….

11 septembre 2015

Point de vue

RDD : RESET, Design Thinking et Discipline !

Depuis quelques années, observateurs et acteurs confondus ne peuvent que constater que, à quelques exceptions près, les filières agroalimentaires françaises ne sont pas en bonne santé. Leurs positions dans le commerce international sont challengées ; leur compétitivité questionnée ; les crises deviennent plus fréquentes avec le risque de s’installer dans une dangereuse permanence ; les finances des entreprises agricoles sont exsangues… Certes ces constants doivent être nuancés, mais, malgré des atouts certains, le pronostic ne peut être vraiment optimiste…

28 août 2015

Point de vue

La filière porc française doit s’en sortir collectivement !

Pour éviter l’effondrement de notre filière porc, en dehors des mesures structurelles (dumping social, fiscal et excès de normes), une mesure immédiate domine toutes les autres, ne coûtant rien au gouvernement et qui mérite 10 à 25 centimes de plus au kilo de porc que le cours allemand : c’est le renforcement de l’étiquetage « Porc Français ».

Ceci permettra de reconquérir un pourcentage non négligeable de parts de marché, fournies aujourd’hui par de la viande de porc étrangère.

La grande distribution est convaincue du porc français et de sa valeur. Carrefour avec Cooperl, Leclerc avec Kerméné, Intermarché et ses filiales, etc. ont intégré politiquement la démarche et tirent le prix du porc vers le haut.

Maintenant, il faut que Fleury Michon, Aoste avec ses filiales « saucisson sec » et Cochonou, et sa filiale branche « lardons » (qui utilise de la poitrine de porc non tracée), prennent la même direction.

Seule l’exigence de l’origine « porc français » par nos grands distributeurs peut nous permettre de justifier un écart avec notre concurrent allemand.

Michel CRESPEL, administrateur et trésorier de saf agr’iDées


Michel Crespel

23 juillet 2015

Point de vue

Il y a urgence de réformes structurelles !

Sécheresses,  volatilité des prix, mal-être dans les campagnes, embargo russe, réglementations et normes …Les crises et les difficultés agricoles se succèdent de plus en plus […]

30 juin 2015

Point de vue

Ah, mes privilèges !

Qui n’a entendu dans les conversations, dans les débats médiatisés, dans les déclarations des responsables politiques : «  la France n’est pas réformable, sauf à arriver à […]


Patrick FERRERE

18 juin 2015

Point de vue

Des territoires et des Hommes

Lors de notre Assemblée Générale des 10 et 11 juin dernier, dont une partie s’est déroulée à Chartres, et la conférence sur la réforme territoriale organisée à l’occasion l’ont encore prouvé : en matière d’activité, les initiatives viennent des Hommes et des acteurs économiques dynamiques localement, sachant entreprendre et saisir les opportunités…