Colloque à l’Assemblée Nationale sur l’étiquetage de l’origine des produitsPublié le 16 décembre 2019 par Yves LE MORVAN

 

Jean-Baptiste Moreau, Député de la Creuse, a organisé le 11 décembre 2019 un Colloque à l’Assemblée Nationale sur le thème de « L’étiquetage de l’origine au service de l’économie agricole et agroalimentaire ». Cela fait suite à une des recommandations, la 17e, contenue dans la dernière édition de juin 2019 du Think Tank Agroalimentaire dirigé par Olivier Dauvers qui proclamait un état d’urgence agricole et alimentaire et proposait de « permettre réellement l’identification de l’origine des produits par le consommateur ».

 

Un Colloque ouvert par la Secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher, en charge notamment de l’application de la loi Egalim, qui a rappelé l’importance de l’étiquetage pour les agriculteurs dans une organisation de la fourche à la fourchette. L’étiquetage affiche de l’information, apporte de la transparence pour que le consommateur fasse ses choix en toute connaissance de cause. D’où par exemple l’évolution de l’étiquetage du pays d’origine pour le miel. A noter que c’est la réglementation européenne qui constitue le socle juridique relatif à l’étiquetage.

 

 

En réalité, avec l’étiquetage de l’origine, c’est la problématique de notre propre place sur notre marché intérieur qui est posée. Thierry Pouch  (APCA) a montré que si la France continue à jouir d’un solde du commerce extérieur enviable sur les produits agricoles et alimentaires, probablement à +6 milliards en 2019, cela est dû aux relations avec les pays-tiers à 93%. Nous reculons en Europe, nous importons de plus en plus des pays de l’U.E., la volaille et les pommes en provenance de Pologne en sont un puissant exemple.

 

Certes, la France agricole et industrielle connait des problèmes de compétitivité liés à son niveau normatif. Néanmoins, elle peut bénéficier d’une ressource essentielle qui est l’appui des consommateurs si les différents opérateurs de la chaîne alimentaire française (producteurs, industriels, distributeurs, restaurateurs) savent interpréter la demande. En prix bien sûr, mais aussi en segmentant  l’offre, en répondant aux questions sociétales dont l’origine, ou la proximité sous une forme ou une autre. Sandro Gozi, ancien ministre italien des affaires européennes et aujourd’hui député européen, a bien résumé l’évolution de la demande et son accompagnement réglementaire : « avant en Europe, l’étiquetage devait éviter d’être un obstacle au marché unique, désormais il répond à des besoins ». Et de citer l’affichage en Italie de l’origine de la semoule de blé dur ou des tomates.

 

Jean-Baptiste Moreau/Olivier Dauvers (photo FEEF)

Jean-Baptiste Moreau/Olivier Dauvers (photo FEEF)

En conclusion Olivier Dauvers a lancé l’appel des acteurs de la filière alimentaire, un Manifeste signé à ce stade par 56 personnalités majeures /entreprises/organisations pour « aider les consommateurs à aider les agriculteurs » via un étiquetage offensif de l’origine des produits alimentaires. Ce Manifeste va vivre, Nestlé par exemple vient de le rejoindre, mais pas l’ANIA à ce stade, et contribuer par la visibilité et la transparence à informer les consommateurs.

 

 

 

Le prochain SIA permettra de faire le point sur la dynamique lancée afin de répondre à une forme de recul de l’économie agricole et alimentaire française sur son marché intérieur, et aux nouvelles demandes sur le contenu de notre assiette. La loi (Egalim) a un intérêt, l’engagement des acteurs aussi.