Colloque « Etat de l’agriculture 2020, le métier d’agriculteur face à la transition écologique »Publié le 10 février 2020 par Yves LE MORVAN

L’Académie d’agriculture de France organisait le mercredi 5 février dans les locaux de la Fédération Nationale du Crédit Agricole un colloque sur la transition écologique, que les participants ont souvent appelé agro-écologie, constitué d’un ensemble d’éclairages et de témoignages. Il s’agit ici moins d’en faire un résumé que de capter quelques points subjectifs qui, rassemblés, peuvent dessiner un tableau pointilliste de l’intérêt de cette riche manifestation.

 

Après l’ouverture matinale de Jean-Christophe ROUBIN (Crédit Agricole) qui a rappelé que la Banque Verte avait créé un Fonds de transition agro-écologique dédié aux entreprises à hauteur de 160 M€, les éclairages suivants ont été apportés dans la matinée, sous la houlette chronométrique de Jean-Marie SERONIE :

 

-Nicole OUVRARD (Groupe REUSSIR) a vu cinq faits marquants pour 2019 et sans doute en perspectives :-Météo/climat,-Productions animales/consommation viandes,-Pesticides,-Agribashing,-PAC/Green Deal, (N.B. : tous font l’objet de travaux à agridées),

-Bernard HUBERT (INRA/EHESS) a rappelé l’historicité du concept d’agro-écologie, antérieurement décrite par Basil BENSIN puis Miguel ALTIERI, des auteurs à relire,

-Florence GRAMOND (BVA Services) a évoqué le questionnement pragmatique des agriculteurs vis-à-vis de la transition : Coût des investissements, poids de la réglementation, temps de travail, création de valeur ?,

-Anne SANDER (Députée européenne PPE), au sujet des débats sur la future PAC  avec un budget a priori réduit, a décrit le nouveau contexte parlementaire : 60% de nouveaux députés et une vision beaucoup plus « verte »,

-Pierre DUPRAZ (INRA Rennes) a montré les vertus des services écosystémiques liées au développement des pratiques agro-écologiques par rapport aux intrants achetés.

 

 

En milieu de journée l’Académie représentée par Marion GUILLOU a remis son prix de l’article pour l’information scientifique du grand public, année 2019, à Berengère LAFEUILLE  pour son article dans la France Agricole du 22/11/19 : « Petites exploitations, une richesse ignorée ».

 

Deux tables-rondes se sont déroulées l’après-midi apportant des témoignages.

 

La première consacrée à « Comment les techniques relèvent le défi de la transition écologique », composée de François DESPREZ (GNIS), Eugenia  POMMARET (UIPP), Marianne SELLAM (ACTA) et René AUTELLET (AAF) a montré à quel point les différents leviers : génétique, intrants, machinisme, organisation du travail, combinés entre eux, permettent d’évoluer et de rester optimiste, avec un retour des pratiques et de l’expérience agronomiques.

 

La deuxième table-ronde de la journée

 

La seconde consacrée à « Quelles formations pour quels métiers ? » composée de Dominique CHARGE (LA COOPERATION AGRICOLE), Bruno HERAULT (CEP/MINAGRI), Mickaël JACQUEMIN (ANEFA), Philippe VINCON (DGER/MINAGRI) et Jérôme VOLLE (FNSEA) a souligné la capacité propre de la formation agricole à répondre aux transformations des emplois et des activités en agriculture, notamment par son aspect pluridisciplinaire, son humilité par l’observation du terrain et la densité de son offre. Cependant il existe encore un problème d’attractivité à résoudre, pour l’agriculture et la chaîne alimentaire.

La transition écologique, l’agro-écologie… des concepts très vastes que l’Académie de l’agriculture contribue à éclairer par de telles manifestations, ici sous l’angle des métiers.