Colloque sur le partage des données pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnementPublié le 8 septembre 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

COcap-GWwAAuwZCLe 4 septembre, l’Institut Agronomique, Vétérinaire et Forestier de France (IAVFF, ex-Agreenium) a organisé un colloque scientifique intitulé « partage des données pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement – des opportunités pour innover et créer de la valeur ». Si les présentations sont souvent restées conceptuelles et ont malheureusement manqué de concret en associant insuffisamment les opérateurs privés qui auraient eu une approche plus opérationnelle, il ressort néanmoins de ce colloque des éléments très intéressants :

Le G8 a donné une feuille de route aux gouvernements dès 2012 pour travailler sur les données ouvertes en agriculture, ce qui explique que l’INRA travaille sur cette question : son conseil scientifique a rendu un rapport sur la gestion et le partage des données en 2012.

Peut-on vraiment parler de « big data » en agriculture, la masse de données générée dans ce secteur étant très importante mais bien moins que dans les sciences du climat par exemple ?

Le terme de « données ouvertes » ou « open data » contient la notion de mise à disposition des données brutes ou élaborées, et est chère à l’INRA, organisme de recherche publique, en lien avec le partage des données.

Pendant les trente dernières années, la donnée est passée du statut de produit de luxe à commodité. On s’interroge donc aujourd’hui sur sa valeur : matière première (qui ne s’épuise pas quand on la consomme, et dans la valeur dans sa réutilisation), levier, ou actif stratégique ?

Il existe un foisonnement d’initiatives et d’usages des données massives en agriculture : stockage du carbone dans les sols, agroécologie, biotechnologies, agriculture de précision. Ils remettent en question et modifient les métiers des conseillers agricoles auprès des agriculteurs.

La mission agriculture-innovation 2025 va prochainement remettre ses recommandations au ministre de l’agriculture. Parmi celles-ci, on trouvera très probablement la proposition d’un portail des données agricoles pour l’innovation ouverte, dont la gouvernance serait dominée par la profession agricole.