Comment circulerons-nous demain ?Publié le 6 avril 2020 par Bernard VALLUIS

Corona_G.Altmann_PixabayParmi les questions qui se poseront au sortir du confinement, celle des règles de circulation des hommes doit être instruite rapidement si l’on veut éviter que les bénéfices des mesures de confinement ne soient remises en cause par une nouvelle explosion de la pandémie.

 

En matière de santé animale et végétale, les contrôles sanitaires et phytosanitaires exercés nationalement, avec s’il y a lieu une vigilance locale, permettent non seulement de lutter efficacement contre la propagation des dommages des bio-agresseurs de toute nature, virus, bactéries et champignons, sans compter les insectes qui en sont les vecteurs, ou eux-mêmes bio-agresseurs.

 

Au plan des relations internationales, des accords multilatéraux ou bilatéraux prévoient la mise en oeuvre des dispositions, qui d‘une part stipulent les conditions d’équivalence des systèmes nationaux, et qui d’autre part peuvent restreindre les échanges internationaux pour limiter les conditions de propagation des maladies des plantes comme des épizooties. Ainsi les certificats sanitaires ou phytosanitaires accompagnent-ils obligatoirement les mouvements de marchandises du commerce mondial. Et comme dernier recours, en cas de doute, le pays importateur peut procéder à des analyses complémentaires et à la mise  éventuelle en quarantaine des produits.

 

Pour la circulation des hommes, le problème est autrement compliqué. A l’intérieur d’un espace national aux frontières strictement fermées, quels seront les éléments individuels de garantie sanitaire permettant de mettre fin au confinement ? Puis entre les états, comment contrôler les mouvements de population rendus nécessaires pour la reprise de l’activité économique ?

 

Il existe bien un « certificat international de vaccination et de prophylaxie », édité par l’Organisation Mondiale de la Santé, utilisé en document annexe du passeport pour voyager dans les pays à risque (fièvre jaune, paludisme…). Mais à y regarder de plus près et en l’absence actuelle de vaccin contre le COVID-19, quelles informations alternatives pourraient-elles y figurer ? Les résultats des tests de détection, les certificats de guérison pour les individus ayant pu en guérir seront-ils suffisants pour contrôler la pandémie comme la peur qu’elle génère ?

 

La tâche est urgente pour l’Union européenne qui doit imaginer les mesures à prendre pour la sortie de crise, comme pour l’OMS, dans sa responsabilité multilatérale.

 

En France, les pouvoirs publics se préoccupent des modalités du déconfinement en indiquant que celui-ci ne pourra se réaliser que par étapes. Pour catégoriser les différentes parties de la population autorisées à être affranchies des mesures de distanciation sociale, tout va dépendre des moyens techniques disponibles pour effectuer des diagnostics individuels. Qu’il s’agisse des tests biologiques PCR sur prélèvement nasal, ou des tests sérologiques, le déploiement du dispositif ne pourra qu’être progressif en fonction des facteurs limitants des opérateurs biologistes et des moyens à leur disposition. Enfin la perspective de découverte de techniques d’immunisation ou de vaccination pourrait changer la donne, mais avec des délais certains de mise en œuvre.

 

Ainsi, nous ne pouvons pas envisager de circuler demain aussi librement qu’hier, et les enjeux de reprise de l’activité économique détermineront sans doute les priorités d’un déconfinement progressif, gage d’une sortie de crise à moindre risque.