Compétitivité et durabilité : deux défis pour des céréaliers fragilisésPublié le 29 janvier 2018 par Isabelle DELOURME

Quelques jours avant le congrès annuel des céréaliers prévu à Dijon les mercredi 31 janvier et jeudi 1er février 2018, Philippe Pinta, Président de l’Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB) a souligné les défis qui s’imposent à court et moyen terme à cette filière : retrouver rapidement de la compétitivité dans un contexte de concurrence internationale agressive et mettre en place des solutions de protection des cultures efficaces et durables. Le tout dans un contexte où les exploitations céréalières françaises enregistrent depuis 5 ans des résultats économiques catastrophiques. « Du jamais vu » a déclaré Philippe Pinta.

Les céréaliers ont expliqué souhaiter obtenir un rééquilibrage des aides de la PAC par la révision de la politique de redistribution des aides franco-françaises de la PAC (refus de tout nouveau transfert entre le 1er pilier et le second pilier, qui est déjà passé de 3,3 % à 4,2 %, abaissement à 5 % du paiement redistributif), la mise en place d’une politique de gestion des risques (franchise de 20 % pour l’assurance récolte), des mesures spécifiques et un accompagnement pour les zones intermédiaires (ZI) dont le potentiel de production est limité, l’accès à l’innovation et aux solutions de protection des plantes.

Le plan de transformation de la filière céréalière, présenté en décembre 2017 dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, traduit l’engagement de la filière à s’adapter. Il s’agit de faire progresser la bioéconomie, l’économie circulaire, mais aussi la traçabilité, la segmentation de l’offre, l’évolution des modes de production, tout comme des points déterminants sur le plan commercial comme le taux de protéines ou l’absence d’utilisation d’insecticides de stockage.

Reste que pour redonner une bouffée d’oxygène aux céréaliers français tout en leur permettant d’être compétitifs, dans le cadre du changement de modèle souhaité par le Président de la République, il faudrait, d’après Philippe Pinta, « un investissement de l’ordre de 14 milliards d’euros dans la filière céréalière, dont 10 milliards d’euros chez les producteurs, sur une période de 15 ans ». Des chiffres importants pour lesquels manque encore le financement, mais qui doivent être mis en perspective avec le poids d’une filière qui a dégagé en moyenne 9 milliards d’euros d’excédent sur la balance commerciale (moy. 2011-2015), et revendique un rôle géopolitique régional.