Congrès des céréaliers : engagement sociétal et durabilité économiquePublié le 20 février 2019 par Yves LE MORVAN

Le congrès de l’AGPB qui vient de se dérouler les 13 et 14 février 2019 à Compiègne fera probablement date. Sous les coups cumulés d’aléas climatiques à répétition, de la compétition désormais installée des céréales issues de la mer Noire sur les marchés, de distorsions de concurrence intracommunautaires, de la pression réglementaire nationale et enfin de très fortes attentes sociétales allant parfois jusqu’à l’ « agribashing », les céréaliers ont décidé collectivement de se fixer une nouvelle trajectoire : engagement sociétal et durabilité économique.

Selon une enquête réalisée par l’Institut ViaVoice auprès de 1000 personnes + 400 « décideurs », l’image des céréaliers français auprès de leurs concitoyens est bonne : 74% d’opinion favorable. Ils sont vus comme une force pour l’économie à 81%, de bons intégrateurs des nouvelles technologies à 76% et aux prises avec un métier difficile à 74%. Bémol important, la céréaliculture n’est vue comme une production plus soucieuse d’environnement qu’à 38%. A noter que les plus  jeunes ont une opinion plus favorable que les plus âgés. L’AGPB va donc lancer une campagne de communication, sur la presse écrite et le web,  intitulée « Les Nouveaux Céréaliers », incarnés par cinq ambassadeurs. Il s’agit de redonner aux producteurs leur fierté, et de mettre en lumière auprès des consommateurs l’évolution des pratiques agricoles et la qualité des produits.

 

Au-delà de la communication, le nouveau cap défini est celui de la RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale) pour la filière et de la HVE (Haute Valeur Environnementale) pour la production. A défaut d’atteindre un niveau 3 de la HVE, l’AGPB va travailler à un nouveau cahier des charges s’appuyant sur des acquis reconnus (chartes, labels …) afin d’atteindre un niveau suffisant pour parvenir à une certification, proposée à toute la production céréalière. L’ambition est plurielle, il s’agit tout à la fois de renouer avec la confiance dans l’agronomie, l’innovation et les techniques de production, d’inscrire cette durabilité dans les soutiens et les outils de la PAC à venir et enfin de se construire une image y compris vis-à-vis des marchés.

Cette évolution qui relève du même esprit positif que le « Contrat de solutions » a été appuyée par la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume, a soutenu ce « changement de paradigme » incluant résilience, durabilité et compétitivité.

A l’issue de cet important  congrès, Philippe Pinta, président de l’AGPB depuis 2005, a annoncé sa volonté de transmettre le relais à une nouvelle génération. Eric Thirouin, ancien secrétaire général, a été élu nouveau président de l’AGPB par le conseil d’administration réuni le 19 février 2019.

 

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