Consommation : Fera-t-il bio demain ?Publié le 1 avril 2020 par Yves LE MORVAN

A l’heure du confinement, les Français se précipitent sur des produits de réassurance. Pâtes, riz, purée, conserves, surgelés…en sont les leaders incontestés, sans parler de l’inévitable compagnonnage du papier toilette. Bio ou non bio ? Ce n’est pas la question décisive du moment.

 

De même les canaux de distribution sont différemment impactés par les contraintes de déplacement et la volonté de réduire rencontres et contacts. Les magasins de proximité, le drive, l’e-commmerce…sont plus sollicités que les hypermarchés. Consommation locale, glocale ou globale? Ce n’est pas le sujet actuel.

 

 

Il est difficile aujourd’hui de concevoir les critères et les comportements des consommateurs de l’après confinement. Bien sûr, tournoient déjà au-dessus de nos têtes les prophètes de malheur qui nous annoncent les ravages de la crise climatique, après ? la crise sanitaire. Rappelons-leur qu’en grec ancien l’apocalypse veut dire la révélation. L’anéantissement n’est pas obligatoirement au menu.

 

 

Que consommer demain? Certes tous les produits des agricultures plurielles. La situation présente démontre que toutes les agricultures sont à féliciter pour leur engagement sociétal, leur capacité à tenir dans l’adversité, leur résilience.

 

Dans cet avenir  l’agriculture bio a, quant à elle, de nombreuses cordes à son arc. Les consommateurs en choisissent les produits sur des exigences qui sans doute se renforceront, liées à la santé, l’environnement, le goût…. Afin d’accroître leur confiance les consommateurs demandent également de la proximité ou du local, de la saisonnalité, des engagements contre le gaspillage, la lutte contre le plastique…Les filières bio peuvent alors être bien placées, mais ce ne sont pas les seules.

 

Le marché alimentaire bio s’est fortement développé en France au cours de ces dernières années, pour atteindre 10 milliards d’€ de chiffre d’affaires, soit un total qui reste relatif de 5% des achats alimentaires. Ce n’est plus une niche regardée avec condescendance, notamment pour sa capacité à créer de la valeur, une des grandes questions pour l’avenir.  Cette croissance s’est notamment appuyée sur une forte progression de la production nationale qui couvre d’ores et déjà 2 millions d’hectares (7,5% de la SAU) et représente 10% des exploitations. Cependant l’importation a aussi crû, à hauteur de 31% de ce chiffre d’affaires global en bio, posant un vrai débat en ces temps d’interrogation sur la souveraineté.

 

La France n’est pas un cas d’espèce, la production bio représente également 7,5% de la SAU de l’Union européenne, même si les modèles peuvent être différents. L’Espagne et l’Italie ont construit des systèmes exportateurs, l’Allemagne est importatrice, la France joue différemment selon les filières. Selon les critères, la place des pays européens est variable. En total des ventes alimentaires l’Allemagne est première devant la France, en SAU l’Espagne est devant la France, en nombre d’exploitations l’Italie est devant la France…Au total la France, toujours là, est sur une pente ascendante.

 

La France agricole et alimentaire peut être leader partout, sur tous les segments et tous les marchés, avec ses capacités d’innovation. Et bien sûr dans son ambition bio d’aujourd’hui et de demain, en phase avec les consommateurs.

 

C’est le moment de saluer le travail de l’Agence Bio, et de son directeur Florent GUHL qui ce jour vogue vers d’autres responsabilités. Avec Agridées il s’est toujours agi de mettre en valeur la bio, sur ses propres apports, sans jamais opposer les agricultures entre elles et leurs vertus.

 

Il fera beau demain.