Convention InVivo 2019 : Virage stratégique en coursPublié le 19 décembre 2019 par Yves LE MORVAN

Dans la foulée de son assemblée statutaire, InVivo a organisé sa Convention annuelle le 18 décembre 2019 sur le thème « Cap sur 2030 », mettant en perspective une trajectoire entrepreneuriale qui prend en compte les plus grands enjeux auxquels nous sommes confrontés, notamment climatiques.

 

 

Personne n’était inquiet, et les chiffres économiques et financiers le démontrent à l’envi, les résultats du Groupe s’avèrent confortables. Le chiffre d’affaires consolidé d’InVivo atteint 5,2 milliards d’€, les fonds propres consolidés sont à 1,1 milliard d’€ et le résultat net à 348 millions. Bien sûr ces chiffres s’expliquent en bonne partie par la cession de Neovia à ADM en cours d’exercice. Mais ils commencent à intégrer la mutation en cours de l’Union. Philippe Mangin et Thierry Blandinières l’ont souligné, la cession de Neovia a entrainé une réflexion stratégique qui se décline à la fois en un recentrage sur des métiers « historiques » modernisés et l’accélération du virage stratégique pour les autres métiers notamment par le digital et la RSE.

 

Pour les métiers historiques, il s’agit de redessiner une offre portée par de nouveaux vecteurs conçus avec quelques coopératives, et ensuite ouverte à toutes les coopératives intéressées. Ainsi Grains Overseas pour l’exportation des grains ou Aladin.farm comme plateforme collaborative avec un parcours d’achat pour les adhérents des coopératives. Une offre collective fondée sur le principe de « l’union fait la force ».

 

Pour les autres métiers d’InVivo : Bioline, Retail, Wine, l’objectif est d’investir, de croître afin pour chacun de parvenir à un rôle d’entreprise leader par la recherche, le capital humain, le digital, l’internationalisation. Il s’agit également de participer à un niveau de rentabilité (Ebitda) auquel Neovia contribuait fortement par le passé. La raison d’être n’est  pas oubliée pour autant, ainsi par exemple dans le plan « Cap sur 2030 », Bioline vise à réduire de 50 € par hectare le coût de production du blé, Retail va s’engager sur les emballages, et contre le gaspillage, Wine développe le bio et travaille sur les nouveaux cépages du fait notamment du réchauffement climatique.

 

Il n’est plus possible de dissocier business et sens de l’action. InVivo avait invité John Kerry, ex secrétaire d’Etat des Etats-Unis sous la présidence de Barack Obama, signataire de l’Accord de Paris sur le climat. Il revenait de Madrid où les négociations de la COP 25 semblent dans l’impasse. Une déception fruit d’un égoïsme des états qui fait fi des enjeux climatiques actuels. Selon lui il est nécessaire de se diriger rapidement vers une économie bas-carbone. La production agricole y tient une place essentielle, elle doit devenir plus efficace, et « il faut produire plus, mais de façon régénératrice », sinon nous risquons d’atteindre un point de non-retour.

 

Une intervention qui a constitué un grand moment d’humanisme, d’appel au sens des responsabilités, de vision constructive. Et toujours dans une ambition collective, on oserait presque dire coopérative.