Convention Nationale de la Meunerie Française : évolution des marchés et création de valeurPublié le 21 juin 2018 par Yves LE MORVAN

A la sortie des Etats Généraux de l’alimentation (EGA) la Meunerie Française s’interroge elle aussi sur les tendances des marchés et la création de valeur dans son métier. Tout d’abord la Convention annuelle de la Meunerie, organisée à Deauville le 15 juin dernier, est l’occasion pour cette industrie de mettre en exergue ses spécificités et son poids dans la filière. En 2017 les 417 moulins (pour 359 entreprises) ont ainsi écrasé 5,42 millions de tonnes de blé pour une production de 4,15 millions de tonnes de farines. La panification demeure le débouché majeur de la meunerie pour 63% de ses volumes. Selon le CREDOC les Français consomment 94 grammes de pain par jour, davantage les hommes à 109 g. que les femmes à 80 g.,  les anciens que les jeunes. Quid du futur ?

 

De Gauche à Droite : Rémi Haquin FranceAgriMer , Jean-François Loiseau, Intercéréales, et Lionel Deloingce, Président de l’ANMF

Selon l’Observatoire financier des entreprises agroalimentaires du Crédit Agricole, le secteur de la meunerie est sur une tendance positive de réorganisation et d’adaptation aux nouveaux enjeux des marchés. Si la rentabilité sectorielle s’améliore, l’Ebitda atteint désormais  4,8% du chiffre d’affaires, cela reste inférieur à la moyenne des IAA à 7,5%. Il ne faut pas oublier également que la Taxe Farine, finançant la Sécurité Sociale, grève toujours spécifiquement la production et les comptes des entreprises à hauteur de 3% du chiffre d’affaires ! Pour la dernière année ?

Trois tables-rondes  ont abordé des thèmes qui s’insèrent dans l’objectif de réflexion sur l’avenir, la compétitivité et les clients.

-L’économie meunière en Europe (La France est 2e derrière l’Allemagne), ou comment dépasser le traumatisme de la perte historique des marchés internationaux de commodités, se restructurer et prospérer sur des débouchés plus qualitatifs.

-Les leviers de création de valeur dans l’agroalimentaire, aves deux cas individuels d’entreprises emblématiques Bonduelle et Tereos (compétences, innovation, qualité et origine du produit, services, internationalisation…).

-L’évolution nécessairement collective de la filière céréalière, aux prises à la fois à la mondialisation qui fixe les prix directeurs et le cadre de jeu, et la territorialité qui détermine les enjeux sociétaux. Avec un point commun, que veut le client ?

 

Pour reprendre le mot de Lionel Deloingce, président de l’ANMF, il devient nécessaire de changer de paradigme en termes d’approche des marchés et plus largement d’enjeux de société. La meunerie, un vieux métier, dans un tempo moderne et avec un esprit filière collectif. « Ces consommateurs un peu difficiles, ces jeunes gens responsables, instruits et exigeants, ce sont nos enfants ! » « A nous de nous adapter,… et nous nous adapterons ! ».