Les coproduits de l’industrie agroalimentaire, un gisement de valeurPublié le 24 novembre 2017 par Yves LE MORVAN

Réséda, réseau pour la sécurité de la qualité des denrées animales, a organisé le 22 novembre 2017 un séminaire de restitution d’une grande enquête, en année référence 2016, sur les gisements et valorisations des coproduits issus de l’agroalimentaire.

Cela a nécessité tout d’abord de définir les coproduits de façon conventionnelle, soit l’ensemble des flux des IAA autres que ceux destinés à l’alimentation humaine en première intention. Dit autrement cela représente l’ensemble des coproduits, tourteaux, sous-produits, freinte, déchets organiques, issues…sauf les boues, effluents et eaux de lavage. Au total le gisement annuel français s’élève au chiffre impressionnant de 12,1 millions de tonnes, calculé en matière sèche. Les principales industries émettrices étant dans l’ordre celle des oléo-protéagineux (29%), puis sucrerie (14%), amidonnerie-féculerie (14%), distillerie, meunerie, viandes/pêche, lait, vin…

Le volume offert est une chose, l’analyse des débouchés une autre puisque cela convoque des réalités et des questions très diverses, économiques, industrielles, place de l’innovation, évolution de la réglementation. Sans surprise, la nutrition animale représente 76% des consommations grâce à sa capacité à décomposer les constituants (énergie, protéines,..) et à savoir les assembler dans les formulations. Au-delà, les différentes industries utilisent 15% des coproduits comme matières premières, le solde étant valorisé dans des utilisations agronomiques et énergétiques.

Marc Henninger et Bénédicte Renaud, Président et Directrice de Réséda

A l’avenir la répartition des utilisations devrait se confirmer. Par contre la panoplie de l’offre pourrait évoluer avec les secteurs de la sucrerie et de la brasserie en croissance et celui des biocarburants dans l’expectative d’évolutions réglementaires.

Le regard doit évoluer sur les coproduits, un terme générique apte à regrouper toutes les situations mais qui est souvent mal interprété. Un coproduit n’est pas un poids mais une valeur, nous entrons là dans le domaine de la bioéconomie et dans la lutte contre le gaspillage. Les coproduits sont des ressources pour les entreprises, à exploiter dans tout leur potentiel pour créer un maximum de valeur. Un bon exemple a été présenté par Cécile Duputel de chez Roquette dont les amidonneries cherchent à valoriser 100% des produits travaillés. A l’issue du process 0,6% des matières est constitué de « déchets », dont in fine après réutilisation seule une petite fraction de 3% sera considérée comme « déchet ultime ». D’ailleurs chez Roquette on ne parle plus de « coproduit » mais de « produit premier ». La quête de valeur se traduit aussi par le choix des mots.

 

 

 

A savoir : le think tank saf agr’iDées anime actuellement un Groupe de travail sur la biéconomie pour ses adhérents.

A lire : le chapitre sur la bioéconomie dans notre ouvrage collectif anniversaire “150 idées pour la réussite de nos agricultures”