Des coopératives laitières sous pressionPublié le 13 avril 2017 par Isabelle DELOURME

En dépit d’une baisse de la production laitière un peu partout dans le monde (sauf aux USA), l’embellie attendue sur les prix du lait payé aux producteurs en 2017 ne permettra pas de reconstruire les trésoreries mises à mal par les crises de 2015 et 2016.

Dominique Chargé, Président de la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières) a été très clair lors de la conférence de presse organisée le 13 avril 2017 : Le déséquilibre de valeur entre la matière grasse (qui connait une tension pour la disponibilité) et la matière protéique (dont le prix est redescendu au niveau du seuil d’intervention) ne permettra pas d’atteindre les niveaux de prix dont ont besoin les producteurs pour reconstruire leurs trésoreries. Les perspectives d’obtenir un prix du lait producteur de 320-330 €/1000 l sont désormais à mettre en face d’une cotation Beurre/Poudre qui s’établit à 290 €/1000 l.

Tout en rappelant le soutien des coopératives laitières vis-à-vis de leurs adhérents, Dominique Chargé, a également souligné les écarts de plus en plus grands entre les producteurs fragiles et ceux qui continuent à se développer, voire à gagner de l’argent dans un contexte difficile. « Un tiers est performant et dynamique, un tiers est stable et résiste, un autre tiers est en difficulté. Il faut accompagner ces producteurs pour améliorer leur compétitivité, leur résistance. Cela nous conduit à faire des démarches qui nous entrainent sur des démarches plus résilientes, à avoir des modes de production alternatifs qui permettent aux producteurs de mieux gérer la volatilité des cours. Il faut qu’on réinvente le modèle économique laitier » a-t-il ajouté.

Face à ce contexte laitier inédit, les coopératives laitières réunies en Assemblée générale ce même jour ont souhaité la mise en place de mesures structurelles :

-d’ordre politique  (responsabilisation des acteurs pour des relations industrie-commerce restaurées, une Europe plus forte et mieux armée pour faire face aux effets de la volatilité) ;

-mais aussi des solutions d’équilibre de la valorisation matière grasse/matière protéique (des débouchés vers l’aide alimentaire et vers des segments non alimentaires (textiles, cosmétiques,…).

« Nous avons besoin de sortir de la crise par le haut » a déclaré Dominique Chargé dans son discours de clôture, avant d’insister sur la nécessité d’avoir une filière forte, des transformateurs qui assurent leur rôle d’expertise, et des synergies renforcées au sein de la famille coopérative.