Des robots avec les agriculteursPublié le 18 mai 2018 par Marie-Laure HUSTACHE

 « Nous préférons concevoir des robots avec les agriculteurs plutôt que pour les agriculteurs. » a expliqué Peter Hanappe, chercheur au Sony Computer Science Laboratory, et invité à débattre avec d’autres spécialistes lors de notre agridébat du 16 mai dernier intitulé « Agriculture 2024* : des Hommes et des robots ». Pour sa part, Clément Baron, directeur technique d’Agreenculture, a également insisté sur l’objectif de concevoir des robots pour « remettre les Hommes au centre de l’exploitation ».

 

copyright Nicolas Viard

 

Deux déclarations qui pourraient ainsi résumer le fil directeur de ces échanges riches et variés et qui semble avoir mis tout le monde d’accord, à la fois avec le grand témoin du débat Cyrille Champenois, céréalier dans les Ardennes (et président du réseau France AgriTwittos) très demandeur de solutions pour optimiser son organisation personnelle sur son exploitation et la valorisation de ses productions, les intervenants et le public, en partie composé d’étudiants de l’IHEDREA en première et deuxième année, dont certaines filles et fils d’agriculteurs.

Cet agridébat – organisé par notre think tank dans le cadre d’un projet tutoré avec l’IHEDREA –  proposait en effet de faire un rapide état des lieux de la robotique agricole en France aux côtés d’Yves Bigay, vice-président de RobAgri venu donner des nouvelles de l’association lancée en automne 2017 par Axema et l’Irstea, et désormais composée de 61 membres et œuvrant sur plusieurs axes de travail dont la R&D.

 

Clément Baron (AgrenCulture) présente le challenge Centéol, dont l’objectif est de cultiver 50 hectares de maïs avec trois robots coordonnés dans une exploitation de l’Yonne. Pour ces tests en conditions réelles, AgreenCulture s’est associé à Kuhn, à Ausy, DuPont Pioneer et le producteur d’engrais Compo.

 

Des démonstrations en vidéos ont permis ensuite d’explorer les innovations actuelles du secteur avec les présentations des robots Centéol et Céol pour le désherbage des vignes, vergers et cultures maraîchères conçu par la start-up AgreenCulture (créée en 2016 par Christophe Aubé, ancien ingénieur aéronautique chez Safran) et du robot « Lettuce Think 2 » engagé dans un projet européen sur quatre ans et financé à hauteur de 3,8 millions d’euros intitulé « Romi » (Robotique pour micro-fermes), aux côtés de sept partenaires (Iaac/FabLab Barcelona, CNRS/ENS Lyon, INRIA, Université Humboldt à Berlin, Pépinières Châtelain et France Europe Innovation)

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Peter Hanappe (Sony SCL), présentant 2 visions opposées de l’agriculture robotisée

 

Les robots sont donc bien les acteurs à part entière d’une agriculture de précision et augmentée, à la fois dans les champs, dans les salles de traite et dans l’agriculture urbaine comme l’a confirmé Gilles Maréchal, venu présenter le cabinet de conseil AgreenCity  spécialisé sur cette nouvelle branche,  insistant aussi avec les autres intervenants sur l’attractivité renouvelée du métier d’agriculteur grâce à cette nouvelle dimension technologique.

 

Un deuxième tour de table, avec l’intervention du juriste Jean-Baptiste Pépin, s’est ensuite axé davantage sur la relation Hommes-robots et sur toutes les questions liées à leur usage : quel contrôle et quelle responsabilité des robots devenus super-robots avec l’exploitation des data et l’apparition de l’Intelligence artificielle ? Quelle surveillance, quel statut ? Mais aussi et surtout quelle formation des agriculteurs (et salariés) utilisateurs de ses assistants d’un nouveau genre ?

 

 

Grâce aux robots désormais enrichis par les données (des robots aux aspects, fonctions et manifestations multiples), le dur labeur et la pénibilité du quotidien disparaitraient aux profits de relations nouvelles et plus préventives avec le vivant, et de formes inédites d’organisations et de communications.

Une « AgrAIculture » co-pensée par l’humain et l’IA pour envisager le métier d’agriculteur dans une nouvelle dynamique…en prendrons-nous la voie ? Réponse en 2024 !

 

 

* Pourquoi cette date de « 2024 » ? Par rapport aux Jeux Olympiques de Paris :  une date repère, symbolique avec la Tour Montparnasse transformée en ferme urbaine pour l’inauguration des JO. Une bonne façon de se projeter avec les étudiants vers un futur proche où l’agriculture et ses métiers ne cesseront de muter… a expliqué Christian Ouillet, Directeur de l’IHEDREA

En voir plus :

Le robot Centéol d’Agreenculture

Le robot Céol 

Le Challenge

En savoir plus : notre brève “Robots pour micro-fermes”

A venir sur cette page :

-les slides des intervenants

Découvrez le journal futuriste “IHEDREA news” 16 mai 2024 conçu par les étudiants

 

 

 

 

 

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