Efficience alimentaire : quelle contribution de l’élevage à la sécurité alimentaire mondiale ?Publié le 23 octobre 2017 par Marie-Cécile Damave

Le 17 octobre 2017, le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) « Elevages Demain » a organisé une conférence sur l’efficience alimentaire des productions animales, diffusant à cette occasion son nouveau rapport sur ce sujet. En proposant une nouvelle méthode de mesure de la valorisation alimentaire de l’élevage, le GIS Elevages Demain tente de souligner la contribution bénéfique de l’élevage à la sécurité alimentaire mondiale, alors que les productions animales sont contestées dans  un certain nombre de pays.

 

 

L’efficience alimentaire est définie comme le rapport entre la quantité de produits animaux issus de l’élevage et les ressources alimentaires utilisées pour les produire. Parmi les aliments consommés par les animaux d’élevage, le rapport du GIS Elevages Demain fait la distinction entre les aliments consommables par les humains et ceux qui ne le sont pas. Ainsi, un système d’élevage est considéré comme plus efficace :        

  • s’il parvient à valoriser un maximum d’aliments que les humains ne peuvent consommer directement,
  • s’il génère un maximum de produits consommables par l’Homme (viande, œufs, lait…).

 

C’est ainsi que la notion d’efficience nette de conversion des aliments est introduite. Elle est le rapport entre les produits de l’élevage « consommables par l’homme  » et les consommations par l’élevage de végétaux « consommables par l’Homme ». Pour les protéines par exemple, une efficience nette supérieure à 1 indique qu’un système d’élevage produit davantage de protéines animales consommables par l’Homme qu’il ne consomme de protéines végétales.

 

Il existe une grande variabilité de la mesure de l’efficience alimentaire nette, selon les systèmes d’élevage. Les monogastriques (porcs et volailles) produisent entre 0,7 et 1,6 kg de protéines animales par kg de protéines végétales consommables par l’Homme selon les modes d’alimentation. Les bovins laitiers produisent de 0,6 kg à 2 kg de protéines animales par kg de protéines végétales consommables par l’homme. Leur efficience nette grandit avec la part de l’herbe dans la ration.

 

Un point de discussion important est la catégorisation des aliments comme étant ou non directement consommables par l’Homme. Les échanges lors de cette journée ont montré que les tourteaux d’oléagineux ne font pas l’objet de consensus parmi les experts sur leur nature consommable ou non par l’Homme.