Etude France Stratégie pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETIPublié le 1 avril 2021 par Francky Duchâteau

France Stratégie a organisé le 25 mars dernier un webinaire dédié aux démarches de RSE (Responsabilité Sociétales des Entreprises) à destination des petites et moyennes entreprises. Une plateforme RSE, qui associe de nombreux acteurs économiques privés et publics a été mise en place. Occasion de présenter  les  conclusions d’une étude dédiée à ce sujet.

 

Labels RSE Propositions pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETI

 

Les démarches RSE se sont fortement développées depuis les années 1980-90 avec la prise de conscience croissante des enjeux du développement durable. Progressivement, les entreprises s’approprient ces démarches en cherchant à prendre conscience des impacts de leur activité économique sur l’environnement et à mettre en place des actions faisant évoluer leur modèle d’affaire.

 

Les grandes entreprises ont déjà des obligations accrues en la matière depuis le Grenelle de l’Environnement (2007) consistant à publier des données extra-financières qui complètent leurs rapports financiers annuels (bilan et compte de résultat). La directive européenne NFRD (reporting extra financier des entreprises) entrée en vigueur en 2014 et actuellement en cours de révision, va elle-aussi renforcer ces exigences.

 

C’est aussi devenu un enjeu de communication important de l’entreprise envers ses clients, ses fournisseurs, ses financeurs mais aussi les collectivités territoriales. Mais en raison d’une définition encore imprécise et la prolifération de labels, c’est aussi une source de confusion pouvant entrainer des pertes de confiance des parties prenantes envers l’entreprise.

 

France Stratégies a présenté les résultats d’une étude réalisée auprès de réseaux distincts d’entreprises organisés dans différents secteurs. La Coopération Agricole fait partie du périmètre de l’étude. Le label PME+, porté par la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France) et ouvert à ses adhérents, est également cité.

 

Cette étude dresse un panorama des différentes familles de labels existants (généralistes, territoriaux, thématiques et sectoriels), les coûts de ces démarches et des propositions pour renforcer ces démarches de RSE pour les TPE et PME.

 

France Stratégie relève entre autres, parmi les points positifs, l’intérêt de l’approche métier, l’impact d’une démarche RSE pour structurer l’organisation interne de l’entreprise et l’ouverture aux parties prenantes de l’entreprise. De l’autre côté, il est relevé le manque de reconnaissance des donneurs d’ordres (privés ou publics, à travers notamment l’octroi d’avantages dans les appels d’offre), le coût et le temps consacré à ces démarches en interne et leur financement.

 

Bien que le contexte actuel soit favorable, il est important de conduire des démarches de RSE robustes et crédibles. Les manques d’engagements réels, de transparence et de garanties des entreprises, ne seront pas créateurs de confiance. Pour cela, il est nécessaire de créer des référentiels crédibles, en co-construction avec les parties prenantes, évolutifs (marquant un processus de progrès dans le temps), adapté au secteur d’activité, transparent et évalué par un organisme tiers indépendant et impartial (OTI).

 

L’étude a mis en avant 10 principes pour s’assurer de cette chaine de confiance : robustesse, matérialité des engagements, amélioration continue, bénéfice pour la société, l’environnement et la société (indicateurs et moyens associés), représentativité, non compensation des items, séparation des compétences (entreprise et OTI), transparence, exemplarité et accessibilité.

 

La Plateforme RSE a émis 24 recommandations réparties en 3 parties pour :

  • renforcer la robustesse de la démarche RSE ;
  • reconnaitre et valoriser les labels RSE sectoriels tierce partie (supervision, marchés publics, accompagnement et formation…) ;
  • crédibiliser dans la durée et réussir la généralisation de la démarche de labels RSE (évaluation des impacts réels, incitations des parties prenantes, simplification administrative, soutien spécifique aux TPE…).

 

Les conclusions de l’étude sont largement extrapolables aux entreprises agricoles qui sont des petites structures avec peu de ressources humaines internes. Pour autant, il est essentiel pour elles de s’engager dans ce type de démarches positives pour renforcer leur image auprès des consommateurs et répondre aux exigences grandissantes des acheteurs industriels et de la grande distribution. Bien conduite, elle est aussi un outil de pilotage de l’entreprise pouvant contribuer à l’amélioration de ses performances.

 

 


Pour compléter, voir le Rapport de la DG Trésor « Labels RSE : Accompagner les entreprises et donner confiance à leurs parties prenantes », 30 novembre 2020.