Exiger plus, consommer mieux ?Publié le 15 juin 2016 par Marie-Laure HUSTACHE

RapportObsocoLa traçabilité et la composition des produits l’emporteraient aujourd’hui sur le prix au moment de composer son panier d’achats. C’est ce que rapporte la dernière étude*  de l’Observatoire du rapport des Français à la qualité des produits alimentaires  (ObSoCo), soutenu par l’ANIA, la FCD et Intermarché.

 

Dans un contexte de niveau de vie pourtant perçu à la baisse, « les consommateurs ne sont plus seulement à l’affut de prix bas » souligne Philippe Moati,  économiste et cofondateur de l’ObSoCo, du moins en mode « déclaratif ». « Les Français interrogés sont 82 % à exprimer, par rapport à il y cinq ans, faire plus attention à la qualité des produits alimentaires qu’ils achètent. À 59 %, ils affirment privilégier la qualité quitte à payer plus cher. »

 

Autre enseignement de l’étude : « si les consommateurs portent un jugement plutôt positif sur la qualité des produits qu’ils achètent, ils pointent des voies d’amélioration en particulier sur la sécurité alimentaire et sur la qualité environnementale et sociétale des produits ». Travailler la qualité des produits dans toutes ses dimensions, la signaler de manière crédible aux consommateurs est une manière pour les filières agro-alimentaires et la distribution de sortir par le haut de la guerre des prix, en s’engageant résolument dans la voie d’une « bonne consommation » . A défaut, les consommateurs pourraient accélérer le mouvement actuel d’engagement vers les circuits alternatifs (bios, direct-producteurs…), prévient encore l’ObSoCo. A ce propos, Philippe Moati relève également le retour du produit de proximité, gage de confiance  : « Dans l’imaginaire des consommateurs, un produit alimentaire proche et local est associé à la qualité. Et d’ailleurs la qualité n’est plus forcément en 2016 naturellement liée au niveau de prix et à la marque. »

Enfin, interrogé sur la consommation de viande, l’expert a confirmé la volonté de réduction de la quantité et de la fréquence de consommation de produits carnés de la part des consommateurs, dont beaucoup se tournent vers la qualité et la rareté, d’autres vers les alternatives « vegan » (voir aussi notre brève).

 

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