FAD2 : traçabilité et blockchain pour répondre aux enjeux de sécurité, confiance et valeurPublié le 6 février 2020 par Marie-Cécile DAMAVE

 

Le 4 février 2020, la deuxième édition du Forum de l’Agriculture Digitale et Durable (FAD2) s’est tenue à Auch (Gers), à l’initiative de Gascofarming. Cette association rassemble des agriculteurs gascons pour développer les nouvelles technologies dans l’agriculture, fédérer et promouvoir les initiatives interrégionales en faveur de l’innovation dans le monde agricole.

 

Nous y avons été conviés pour stimuler les réflexions des participants en présentant une introduction de cadrage à l’événement, animer une table ronde et démarrer les travaux du hackathon à l’aide d’une présentation adaptée aux élèves et étudiants impliqués.  Une excellente opportunité de mettre en avant les réflexions du think tank et de son groupe de travail « quels outils numériques de traçabilité dans les chaînes de valeurs agricole et alimentaire ? ».

Les réflexions se sont concentrées sur la traçabilité et la blockchain construites à partir des données agricoles. Les participants au FAD2 ont présenté des cas d’usage existants ou en construction et qui utilisent ces outils. Concernant plus spécifiquement la technologie blockchain (dont le fonctionnement a été présenté par OKP4), il semble que ses applications les plus pertinentes dans le monde agricole sont de trois ordres : la gestion du consentement des agriculteurs à partager leurs données (cf le projet Multipass porté par l’ACTA) ; les smart contracts[1] (présentés par Groupama) ; et la traçabilité de la fourchette à la fourche chez Nataïs (pop corn) et chez la coopérative Terres du Sud (filière canard).

 

 

Il existe encore peu de cas d’usage de la blockchain en agriculture car cet outil a peu d’intérêt lorsqu’existe déjà un tiers de confiance pour réaliser des transactions. Cependant, elle pourrait se développer si l’autorité de confiance est remise en question. D’autre part, cette technologie permet une redistribution de la valeur aux acteurs de la chaîne.  C’est un objectif évident pour les agriculteurs, qui ont souvent l’impression que leurs efforts au niveau de la production ne sont pas suffisamment rétribués. Dans ce sens, le projet de la société Nataïs est particulièrement intéressant : il vise à rémunérer les agriculteurs produisant du maïs à pop corn pour leurs pratiques permettant de stocker du carbone sous forme de Paiements pour Services Environnementaux (PSE), au moyen de la blockchain.

 

Sécurité, confiance et valeur sont les grands enjeux à la clé. Tous les participants au FAD2 l’ont souligné.

[1] Ou « contrat intelligent » : A la différence d’un contrat traditionnel dont la réalisation est garantie par un cadre législatif, l’exécution d’un smart contract est régie par le code informatique. Ce dernier est automatiquement déclenché lorsque ses conditions sont remplies. Un smart contract définit donc les termes d’un accord entre plusieurs parties et sa mise en application ne nécessite aucun tiers de confiance (cadre législatif, notaire etc.) (Définition de cryptoencyclopedie.com)