France Export Céréales – matinée d’information et d’échangesPublié le 21 mars 2019 par Yves LE MORVAN

France Export Céréales a organisé le 20 mars 2019 sa journée annuelle d’information sur le thème « Campagne 2018-2019 : Répit ou trompe l’œil ? ».  Cela à un moment où FranceAgriMer vient de revoir à la hausse ses prévisions d’exportation en blé tendre vers les pays-tiers à 9,5 MT, un niveau proche de la moyenne quinquennale. Cette évolution positive n’empêche pas de s’interroger sur l’organisation et la qualité de l’offre française à moyen terme.

En blé tendre, le nouveau contexte de marché est désormais bien connu. Sur les dix dernières années les échanges mondiaux se sont accrus de 45 Millions de Tonnes, dont 35 MT ont été fournies par l’origine mer Noire (Russie, Ukraine mais aussi Roumanie, Bulgarie). L’U.E. hors composante mer Noire progresse quant à elle de 3,3 MT, l’Australie de 2,5 MT, l’Amérique du Nord stagne. A noter par ailleurs le dynamisme des échanges intracommunautaires.

 

Philippe Heusèle, Président de FEC

 

Cette concurrence renforcée de l’origine mer Noire met sous pression les habituels marchés d’exportation pays tiers de la France, dont la part recule, sauf en Algérie pour le moment. En outre d’autres compétiteurs apparaissent ou font leur retour telle l’Argentine depuis la libéralisation de son organisation de marché. L’Argentine qui produit 19 MT de blé, pourrait en faire 10 de plus. Appartenant à l’hémisphère sud elle apparait sur nos marchés, au cœur de l’hiver, à un moment où la France est la plus active. A surveiller !

Il y a les flux, les prix, il y aussi la problématique de la qualité de l’offre et de l’écoute des acheteurs ou consommateurs. Sur ce point l’origine française,  quoiqu’on en dise souvent, est appréciée des acheteurs internationaux. Un panel (Maroc, Pays-Bas, Cameroun…) l’a confirmé au cours d’une table-ronde de la matinée. La régularité logistique, la qualité sanitaire sont remarquées. La qualité technologique (protéines) est globalement satisfaisante même s’il faut faire mieux. Cependant la diversité des souhaits des importateurs selon les consommations locales devrait impliquer un effort dans la caractérisation des blés y compris sur le plan variétal, la segmentation de l’offre et l’adaptation aux usages nationaux. Un vrai challenge pour l’avenir de la filière céréalière exportatrice. France Export Céréales était dans son rôle de l’exprimer, voire d’alerter ; la parole revient aux consommateurs.

Une analyse plus développée du contenu de cette matinée sera proposée aux adhérents d’agridées dans quelques jours.

Voir aussi notre Note de think tank “Filière céréalière française : construire une stratégie