Innover pour le futur : la bioéconomie au Royaume-Uni et en FrancePublié le 8 mars 2018 par Isabelle DELOURME

Les enjeux de la bioéconomie pour l’économie et en particulier pour le secteur agricole étaient au cœur de l’Agriday du 7 mars 2018 co-organisé par l’ambassade de Grande Bretagne à Paris et le think tank agridées. Le thème choisi : « Innover pour le futur : la bioéconomie au Royaume-Uni et en France » voulait mettre en évidence les différences d’approche entre les deux pays mais aussi les points communs.

Les participants ont pu constater, comme l’a souligné SE Lord Llewellyn, Ambassadeur du Royaume-Uni en France, dans son discours d’introduction que le secteur de la Bioéconomie était formidablement important pour ce pays. Sa valeur est estimée à 36 milliards de Livres (40 Mrds €). Et même si son développement ne date pas d’hier, le gouvernement britannique qui s’apprête à publier sa Stratégie Nationale pour la bioéconomie, dans la foulée de la Stratégie pour une croissance propre (oct 2017) et de la Stratégie industrielle (novembre 2017), compte sur la bioéconomie pour qu’elle dynamise l’économie nationale en s’appuyant sur 5 socles (développer les idées, attirer les talents, faire progresser les infrastructures, l’environnement économique et revitaliser les territoires, en particulier les régions industrielles fragilisées). Les efforts d’investissement en faveur de la recherche ont été clairement énoncés, en particulier en direction du secteur de la biologie de synthèse et les biotechnologies qui ambitionne notamment de multiplier par 2 sa taille d’ici 10 ans.

 

 

L’agriculture en tirera d’autant plus de bénéfices qu’il est demandé à la recherche britannique d’accélérer sa maturité, pour passer plus rapidement de la recherche fondamentale à sa commercialisation. La mise en réseau et un maillage étroit entre tous ces acteurs permet déjà de répondre au mieux aux besoins des uns et des autres.

La France n’est pas en reste sur la bioéconomie, au contraire. Sa Stratégie pour le développement de la bioéconomie a été publiée en janvier 2017, et son Plan d’action 2018-2020, présenté le 26 février 2018 par le ministre de l’agriculture et de l’alimentation Stéphane Travert. Elaboré dans le prolongement des Etats Généraux de l’Alimentation, il propose une cinquantaine de mesures concrètes pour la développer, structurées autour de cinq axes : améliorer la connaissance, promouvoir la bioéconomie auprès du grand public, créer les conditions d’une rencontre de l’offre et de la demande, produire, mobiliser et transformer durablement les bioressources, lever les freins et mobiliser les financements. L’objectif est de créer de la valeur et de mettre en place de nouvelles filières agricoles et forestières dans les territoires métropolitains et ultra-marins, ont notamment expliqué les représentants du ministère de l’agriculture Clémence Meyruey et de l’économie Marc Rico. Un soutien et une visibilité que les entreprises de la chimie du végétal, déjà très dynamiques, espèrent voir se renforcer.

Du côté des agriculteurs britanniques, le développement de nouvelles activités en rapport avec l’économie circulaire et la bioéconomie (énergie verte, valorisation de la biomasse, valorisation des biodéchets,…) est vu comme un moyen de soutenir leur revenu et de compenser une politique agricole nationale désormais dirigée vers le marché et les biens publics (air, sols, environnement). Produire par exemple de l’énergie sur ses bâtiments (photovoltaïque, ou du gaz via un méthaniseur, est également vu côté français comme un potentiel complément de revenu. Mais c’est surtout la lourdeur et la complexité des dossiers pour ces projets, y compris la question de l’acceptabilité sociétale qui ont été mises en évidence. Davantage de pragmatisme, de simplification, de rapidité dans les procédures, et un alignement des politiques agricoles permettrait sans nul doute aux agriculteurs d’y voir plus clair et de tirer eux-aussi profit du potentiel de la bioéconomie.

 

Des points clés de cette journée seront disponibles sur notre site internet

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(crédit photos ML Hustache)