Intelligence artificielle : quels enjeux ?Publié le 15 février 2018 par Marie-Cécile DAMAVE

Le 13 février 2018, les enjeux de l’intelligence artificielle ont été débattus lors d’une conférence franco-britannique qui s’est tenue à l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris, entre différents intervenants issus de l’administration des deux pays, d’Universités, de think tanks, d’entreprises, de startups, et de diverses organisations : « Artificial Intelligence in UK and France – Challenges, Benefits and Opportunities ».

 

L’intelligence artificielle (IA) est « à la mode » en ce début d’année 2018.  Elle a fait l’objet de discussions et de publications au Forum économique mondial réuni à Davos[1] en janvier, étant l’une des technologies de la « Quatrième révolution industrielle[2] ».

 

Côté français, le Premier ministre a chargé Cédric Villani, mathématicien et député, d’une mission sur l’IA[3], qui devrait rendre ses conclusions en avril prochain.

 

L’IA est prioritaire pour le gouvernement britannique, puisqu’elle est l’un des quatre grands enjeux identifiés dans la toute nouvelle stratégie industrielle britannique[4] : « développer l’intelligence artificielle et une économie fondée sur les données ». Les autres enjeux sont la croissance propre, la mobilité du futur, et la société vieillissante.

 

La conférence du 13 février 2018 a mis en avant les recommandations d’un rapport remis fin 2017 au gouvernement britannique et intitulé « Développer l’industrie de l’intelligence artificielle au Royaume-Uni »[5] : améliorer l’accès aux données, approfondir les compétences, renforcer la recherche, et encourager l’adoption de l’intelligence artificielle.

 

La nécessité de construire un discours positif autour de l’IA a été soulignée par France Digitale[6] lors de cette conférence, étant donné que « la seule évocation du mot intelligence artificielle soulève généralement une vague d’inquiétudes[7] ».  L’effet « Big Brother », d’une « super intelligence artificielle »  fait généralement peur. Pourtant, l’IA vise à augmenter les capacités humaines, et non à s’y substituer. L’un des principaux enjeux est donc la confiance, nécessaire à l’acceptation de ces technologies. C’est le cas des véhicules autonomes et connectés, ou des systèmes de reconnaissance faciale par exemple.

 

 

 

[1] Celine Herweijer (24 janvier 2018) 8 ways AI can help save the planet  : cet article cite notamment les véhicules autonomes et connectés, les réseaux de distribution d’énergies renouvelables, l’agriculture intelligente et les systèmes alimentaires intelligents, les prévisions météorologiques et climatiques de nouvelle génération,  les réponses intelligentes face aux catastrophes, les villes intelligentes et connectées, la surveillance numérique et transparente de la planète, et une meilleure connaissance des sciences de la Terre.

[2] Klaus Schwab (2018) Shaping the fourth industrial revolution

[3] http://www.villani2017.eu/blog/mission-villani-sur-l-intelligence-artificielle

[4] https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/668161/uk-industrial-strategy-international-brochure.pdf

[5] Wendy Hall, Jérôme Pesenti (Octobre 2017), Growing the artificial intelligence industry in the UK  

[6] http://www.francedigitale.org/

[7] Enguérand Renault (14 février 2018), L’intelligence artificielle va créer 10% d’emplois nets », Le Figaro