29/05/19

Amélie Drouault

Partnership manager, ARBIOM

1/ Quelles solutions innovantes propose ARBIOM dans le cadre de la bioéconomie ?

 

ARBIOM est une société qui a une double implantation en France et aux Etats-Unis. La technologie que nous avons mise au point permet de convertir une biomasse non-alimentaire, le bois, en ingrédient riche en protéines destinés à l’alimentation animale et humaine. Notre objectif est de contribuer à augmenter le potentiel de production de nourriture en utilisant une ressource non-alimentaire, abondante et durable, afin de répondre aux enjeux alimentaires majeurs à venir -augmentation de la population mondiale et de l’urbanisation, entrainant une forte croissance de la demande en protéines.

 

Le procédé « Wood to Food » d’Arbiom allie pré-traitement de résidus de bois et fermentation par une levure afin de produire SylPro, notre ingrédient riche en protéines (>60%), présentant un profil en acides aminés amélioré, et une excellente digestibilité.

 

 

2/ Quels types de biomasse sont valorisés par votre technologie et à quels marchés sont destinés vos produits ?

 

Nous utilisons des résidus de bois, ressource abondante et qui n’entre pas en compétition avec les filières agro-alimentaires. En France, nous  avons un partenariat avec le papetier Norske Skog dans les Vosges (Golbey) qui nous fait bénéficier de sa compétence sur cette ressource. Nous obtenons des produits nutritionnels riches en protéines dont les marchés sont l’aquaculture (notamment les salmonidés), des porcelets en fin de sevrage, des animaux de compagnie et des humains. Nos produits sont des alternatives ou des compléments aux farines de poissons en aquaculture ou au tourteau de soja dans l’alimentation des animaux d’élevage. Ils ont vocation à devenir une source de protéine alternative en nutrition humaine avec la croissance du marché des alternatives à la viande. Un avantage économique indéniable de nos produits vis-à-vis de leurs concurrents plus traditionnels est la stabilité des prix, indépendants des aléas de production sur les marchés internationaux, et bénéficiant d’approvisionnements réguliers et stables de résidus de l’industrie du bois.

 

 

3/ Quels sont les leviers d’innovation qu’ARBIOM utilise pour développer son activité ?

 

En 2017, nous avons obtenu un financement européen de 10,9 millions d’euros par le BBI-JU (Bio-Based Industries Joint Undertaking) afin de mener à bien notre programme de démonstration. C’est un partenariat public-privé entre l’Union Européenne et le Bio-based Industries Consortium dans le cadre d’Horizon 2020. Ce programme, d’une durée de 4 ans, nous permet de démontrer le concept « Wood to Food » en associant des acteurs tout au long de la chaîne de valeur allant du bois à l’alimentation animale. Le projet est focalisé sur le marché de l’aquaculture, et nous permet de valider la mise à l’échelle de notre technologie et les performances de notre produit. En Europe et en France, les plateformes dédiées à la mise à l’échelle des procédés innovants  sont nombreuses. Elles offrent les moyens de démontrer la technologie et de réduire le risque d’industrialisation. Nous sommes adhérents au pôle de compétitivité Industrie et Agro Ressources (IAR) de la bioéconomie et avons récemment rejoint le consortium d’entreprises Protéines France, dont l’objectif est de fédérer et catalyser le développement des protéines végétales et nouvelles ressources.

 

ARBIOM était présente au Plant Based Summit qui s’est tenu à Lyon du 22 au 24  mai 2019. Voir aussi notre brève. 

 

 

Propos recueillis par Marie-Cécile DAMAVE.

 

Crédit photo Amélie Drouault : Amandine GREVON / ACDV

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