03/08/15

Arnaud Bardon Debats

Responsable agronomique chez Bonduelle

Arnaud Bardon Debats est responsable agronomique chez Bonduelle. Il a également contribué au projet de définition d’une agriculture respectueuse de l’environnement pour l’ensemble du groupe.


 

 

Saf agr’iDées : « Comment s’organise l’approvisionnement en légumes des usines Bonduelle ?

«  Le groupe Bonduelle a fait le choix de concentrer son organisation appro. Nous avons désormais un seul service agronomique pour 5 usines, ce qui signifie que nous avons une vision de l’ensemble de la plaine à un instant « t ». Mais approvisionner de manière fiable et régulière ces usines, c’est comme piloter un supertanker : il est nécessaire de toujours anticiper à 15 jours. Rien qu’en pois, 300 ha sont récoltés quotidiennement, ce qui fait 2 500 t/jour qui sont destinés aux usines, sachant que l’usine d’Estrées-Mons par exemple n’a que 4 h de stock et que la maturité d’un pois dure 3 jours. Les décisions de production sont revalidées chaque semaine par la supply chain qui priorise ses besoins. Pour répondre aux besoins globaux légumes nous procédons, soit via la contractualisation auprès des Organisations de producteurs comme l’OP-L Vert (85 % des volumes), soit en achetant auprès de courtiers. Dans ce dernier cas, il s’agit essentiellement de légumes racines (type carottes ou salsifis) ou non courants dans la région et qui peuvent supporter 24 h de transport. Dans tous les cas, nous essayons d’ajuster les achats de légumes à la demande commerciale pour avoir le moins possible de stock de report en conserves ou surgelés. »

 

Saf agr’iDées : «  Comment gérez-vous les surplus de production ? »

« Il nous faut prendre en compte la volumétrie et la cinétique. Il s’agit de quotidiennement déterminer si la production à maturité peut passer dans les usines. Si sa qualité est dépassée, le légume ne sera pas accepté dans l’usine. En cas de volumes « débordants » : si les excédents peuvent passer dans les usines, c’est la piste privilégiée ; ces quantités additionnelles achetées moins cher permettront des promotions pour prendre des marchés. Si il n’y a pas de place dans les usines, nous essayons de les vendre à des confrères tout en étant vigilant à faire de la marge (ne pas vendre moins cher que pour nous). Enfin, si aucune de ces solutions ne fonctionne, nous devons laisser les légumes au champ. Mes fonctions consistent donc aussi à acheter/vendre des légumes pour ajuster l’offre à nos besoins ».

 

Saf agr’iDées  : «  Pouvez-vous nous parler des actions entreprises en matière de développement durable ? »

« Nous travaillons depuis longtemps avec les agriculteurs pour mettre en place des solutions en faveur d’une agriculture responsable qui s’inspire de l’agriculture écologiquement intensive. La cinquième version de la charte agronomique Bonduelle a été dévoilée lors du Salon International de l’Agriculture 2015 de Bonduelle est en cours de déploiement dans l’ensemble du groupe. Cette charte est un gage majeur de qualité qui nous différencie de nos concurrents ». Il est intéressant de noter que les producteurs sont très proactifs dans cette démarche. Notre rôle consiste plutôt à l’apport d’un soutien technique ».

 

Propos recueillis par Isabelle Delourme

Crédit photo : I. Delourme

@SAFThinkTank

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