01/02/17

Arnaud Degoulet

Président d’Agrial

Agrial est l’un des premiers groupes coopératifs agricoles et agroalimentaires français. Il fédère 14 000 agriculteurs adhérents, et développe des activités de transformation agroalimentaire en Europe, en Afrique et aux États-Unis. Le Groupe affirme sa notoriété avec des marques fortes parmi lesquelles Priméale, Florette, Créaline, Soignon, Grand Fermage, Bio’nat, Agrilait, Loïc Raison, Ecusson, Maître Jacques…

 

1/ Agrial emploie 21 000 salariés à travers le monde et a doublé son chiffre d’affaires en cinq ans pour atteindre près de 5 milliards d’euros en 2015.  Comment résumer vos activités à l’instant T ?

 

Notre groupe se divise en huit branches, toutes fonctionnant en réseau. Quatre branches sont « agricoles » et regroupent l’agrofourniture, la nutrition animale, la collecte des productions, les semences, la distribution rurale (avec la marque Point Vert)  et le machinisme. Quatre autres sont « agroalimentaires » et concernent le  lait, les légumes (Agrial est le leader européen en légumes frais), les boissons (cidre et jus), et la viande (transformation, charcuterie…). Cette position de « multi-spécialiste » est un gage de sécurité et pérennité pour le Groupe, elle nous permet de faire face à des aléas de conjoncture dans telle ou telle de nos activités. Ainsi, alors que  2016 a été marquée par une crise laitière très dure et des récoltes catastrophiques en céréales, la conjoncture porcine s’est redressée au 2ème semestre et nos activités agroalimentaires se sont bien tenues. Sur ces différents secteurs couverts par Agrial, et plus encore en 2017 dans un monde en transition, il faut continuer d’aller chercher de la valeur sur nos différents marchés, et donc miser sur l’innovation et  l’international.

 

 

2/ Sur ces deux axes, quelles sont vos priorités d’investissements pour les années à venir ?

 

Sur ce premier levier, quand j’ai été nommé Président d’AGRIAL en 2012, nous avons créé une Direction Innovation Recherche Développement au niveau du groupe à Caen, qui coordonne  les différentes branches. Nous avons choisi d’être partenaire financier de la pépinière d’entreprises Le Village by CA de Caen et  de start-ups du secteur, comme WeFarmUp, tout en restant en veille sur la recherche et les avancées technologiques dans les domaines des algues, du numérique, de la robotique, de la génétique,  de la gestion de l’énergie. Soit quelques  millions d’euros investis par an, en misant sur la réussite et les potentiels.
Sur le volet international, sans négliger de nouvelles opportunités en Europe, nous axons notre développement sur d’autres continents comme l’Afrique et l’Asie. C’est là que va s’effectuer l’essentiel de la croissance démographique et donc de la demande alimentaire mondiale. C’est ainsi que notre branche légumes s’est implantée l’an dernier au Maroc et au Sénégal. Agrial dispose également de plusieurs implantations aux  Etats-Unis, dans le secteur des boissons et des produits laitiers.

 

 

3/ Quid du marché Français ?

 

En France le marché alimentaire plafonne mais va monter en gamme, vers plus de traçabilité, de qualité, de transparence, de marketing aussi. A nous de proposer aux consommateurs des produits en phase avec leurs attentes. Je pense au cidre par exemple, dont il faut rajeunir l’image et la clientèle. C’est un produit qui a plusieurs atouts: naturalité, goût, convivialité. Nous proposons des gammes de cidres aromatisés, à déguster en dehors des moments festifs traditionnellement associés à la consommation de cidre.
De façon plus globale concernant le secteur agricole, et en référence à nos adhérents, je reste convaincu et les nouvelles générations d’agriculteurs aussi, que l’agriculture va changer, que nous nous dirigeons vers une agriculture de précision, plus durable, où il faudra apprendre à mieux se passer des pesticides. L’heure est au basculement et il faut se tenir prêts : nous allons sortir d’un modèle productiviste pour aller vers un modèle plus diversifié. Je crois beaucoup à l’essor et au déploiement du bio par exemple sur lequel Agrial va miser aussi ces prochaines années pour étoffer sa gamme de produits. Il y a dans l’air une envie de changement de la part de tous les acteurs. Pour Agrial, mon projet est de continuer de croiser métiers et territoires, de conjuguer la puissance d’un grand groupe international, bien ancré dans ses terroirs.

 

 

Propos recueillis par Marie-Laure HUSTACHE

@SAFThinkTank

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