24/01/19

Arnaud Petit

Directeur Executif, Conseil International des Céréales (CIC)

1/ Vous êtes le Directeur exécutif du Conseil International des Céréales. Présentez-nous cette organisation dont le sigle est connu, mais pas l’étendue des travaux.

 

Le CIC est une plateforme intergouvernementale de 56 pays dont l’objectif est d’accroître la transparence des marchés et de favoriser les échanges internationaux dans le secteur des grains. Le CIC assure une veille des marchés des céréales mais aussi des oléagineux et du riz, soit 16 commodités agricoles. Nous concentrons nos efforts sur le suivi quotidien des marchés physiques et du mouvement de ces commodités permettant ainsi d’avoir une idée plus précise des stocks, notamment des principaux exportateurs mondiaux. Depuis peu, nous offrons à nos membres l’opportunité de suivre les prix du blé et du soja « à destination » pour plus de 120 routes.

 

2/ Au-delà du facteur démographique, quels sont, d’après vous les principaux points d’évolution qui vont structurer les échanges céréaliers mondiaux ?

 

L’évolution démographique reste le principal moteur du marché mondial du blé, mais son centre de gravité se déplace vers l’Afrique et l’Asie du Sud. La confirmation du positionnement de la Russie comme principal leader à l’exportation et une tendance baissière des stocks mondiaux peut exacerber la volatilité naturelle des marchés. Les évolutions technologiques tout au long de la chaine de valeur, de la « Smart Agriculture » jusqu’au commerce en « blockchain », devraient modifier la structuration de ce secteur. Enfin l’évolution rapide des pratiques de commerce international, amène aussi les opérateurs à développer des nouvelles stratégies de couverture du risque et favoriser certains canaux de commerce. Tous ces sujets seront abordés lors de de notre prochaine conférence les 11 et 12 juin 2019 à Londres.

 

 

3/ Dans ce monde en mutation, quelles perspectives s’offrent aux céréales françaises  européennes sur des marchés en croissance ?

 

Le secteur céréalier européen bénéficie de conditions propices pour la production et une connexion directe avec plus de 500 millions de consommateurs. Ce marché unique devrait représenter le vivier d’initiatives pour structures des démarches à l’exportation. L’Union européenne a un agenda ambitieux d’accords internationaux où le secteur agro-alimentaire est très souvent bien représenté : des opportunités à ne pas manquer ! Le secteur céréalier en Europe dispose également d’outils pour valoriser ces productions, mais est-ce suffisamment visible face aux nouveaux opérateurs de marché.

 

 

4/ Qu’en est-il de la présence de la puissance publique sur les marchés céréaliers ?

 

Les politiques agricoles interviennent de moins en moins sur les marchés. Mais cela ne veut pas dire que la puissance publique se désintéresse du développement des marchés agricoles. Je souhaiterais que le CIC puisse développer une plateforme d’échange entre le secteur public et privé pour apporter des informations complètes aux décideurs politiques, notamment au travers de AMIS (Agricultural Market Information System).

 

 

Propos recueillis par Yves Le Morvan

 

Crédit photo : CIC

@SAFThinkTank

Autres interviews :