06/11/18

Bruno Fontana

Photographe

Depuis plusieurs années,  Bruno Fontana sillonne les campagnes françaises pour photographier les silos à grains, posant un œil artistique original sur ce patrimoine méconnu. Il exposera ses œuvres à Paris dans le cadre du salon photographique A PPR OC HE du 9 au 11 novembre 2018 *

 

1/ Bruno Fontana, quelle est votre approche de la photographie et les thèmes sur lesquels portent vos travaux ?

Je m’intéresse principalement aux édifices qui sont les éléments significatifs de notre appropriation du territoire.  Aujourd’hui ces nombreux objets font partie de notre quotidien que notre regard habitué ne remarque plus. C’est pourquoi, série après série, j’invite à une observation minutieuse de nos paysages. Je révèle ainsi les formes d’appropriation que je place au rang de Monument dans une démarche mémorielle et patrimoniale.

 

 

2/ Vous êtes présent au salon photographique A PPR OC HE avec une œuvre consacrée au silo à grains. Quelles ont été vos motivations dans le choix de ce thème ?

Je travaille sur les silos à grains depuis plusieurs années. J’ai toujours été attiré par ces architectures gigantesques desquelles émane une beauté singulière. D’ailleurs, Gropius et Le Corbusier avaient déjà utilisé les silos pour illustrer leurs discours théoriques qui dénonçaient les excès ornementaux de l’architecture académique, en prônant “l’exigence de la beauté de la forme extérieure”. Pour moi, les silos dans leur diversité demeurent les témoins muets de l’identité de notre paysage rural.

 

3/ Pourquoi avoir pris le parti dans vos photographies d’extraire le silo de son environnement immédiat ? Pourquoi l’impression sur métal ?

 

En sortant ces édifices de leur contexte et en les plaçant ainsi au rang d’objet sculptural, j’invite à une observation minutieuse. La contemplation s’opère, l’esthétique industrielle singulière de ces objets nourrit notre imagination, on en oublie leur fonction. Ensuite, j’ai opté pour l’impression directe sur aluminium dont la simplicité et le dénuement vient rompre avec l’usage du papier photographique. On obtient alors une succession de formes qui vient interroger l’architecture de l’objet lui-même, son statut, son histoire en posant la question d’un patrimoine architectural français ignoré

*Pour s’inscrire en ligne à l’exposition, aller sur ce lien

 

Propos recueillis par Jean-Baptiste MILLARD

@SAFThinkTank

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