05/01/18

Christian Vanier

Directeur du BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne)

1/ Après cinq années de petites récoltes, quelle est la situation économique des viticulteurs bourguignons ?

 

Cette année tout le monde a le sourire. Nous avons retrouvé du volume, et il y a une pression haussière sur les prix. Le prix des vins de Bourgogne a doublé en dix ans pour des raisons de rareté, d’image, de mythe. Nous avons toutefois des inquiétudes depuis une dizaine d’années sur la qualité physiologique de nos vignes. Plusieurs projets de recherche ont été mis en place au BIVB, et dans le cadre du plan national de dépérissement du vignoble pour trouver des solutions agronomiques et pour le matériel végétal.

 

 

2/ Difficile de communiquer sur le vin en France. Comment faites-vous ?

 

En France, depuis la loi Evin, il est presque interdit de parler du produit « vin ». C’est une particularité qui intrigue nos clients étrangers : « La France est considérée comme le pays de référence pour le vin, et en parallèle vos autorités sanitaires disent qu’il ne faut pas consommer de vin ! » constatent-ils. Cela nous oblige à être inventif et imaginatif. Nous avons créé Vin et Société, pour montrer le vin sous un autre angle. Nous assumons notre responsabilité environnementale (qualité des eaux). La signature de la Charte régionale « Engager nos terroirs dans nos territoires » en juin dernier vise à assurer le maintien du dialogue et de la cohabitation en bonne intelligence au sein des communes viticoles. Elle veut aussi assurer la maîtrise des risques santé et environnement liés aux pratiques de protection du vignoble contre les maladies et les ravageurs. Nous sommes également actifs en matière de responsabilité sociale : en particulier en luttant contre l’alcoolisme et en privilégiant la consommation du vin avec modération. Mais le vin fait partie du patrimoine culturel et gastronomique de la France. Nous avons entrepris de nous améliorer sur le plan du marketing territorial. L’interprofession des vins de Bourgogne est partenaire avec notamment la ville de Beaune de la future Cité des vins et Climats de Bourgogne qui devrait être opérationnelle d’ici 2021. Ce grand projet oenotouristique, validé pour un budget d’environ 16 millions d’euros, vise à mettre en valeur le patrimoine de la Bourgogne viticole autour de trois sites : Beaune, Macon et Chablis. Nous accompagnons aussi les mouvements de promotion des appellations. En juin dernier, l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) a validé la création de deux nouvelles AOC : Bourgogne Côte d’Or et Vézelay.

 

 

3/ Comment appréhendez-vous la question des travailleurs saisonniers ou détachés, en particulier dans le secteur viticole ?

 

Il y a une vraie difficulté à recruter, en particulier pour les vendanges. La question du logement de ces travailleurs est également importante. On nous demande des normes équivalentes à celles des campings 4 * pour loger les travailleurs saisonniers. Ce n’est pas forcément évident pour tous les vignerons.

 

 

 

Propos recueillis par Isabelle Delourme

 

 

 

Note : Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne rassemble 300 maisons de négoce, 17 caves coopératives et 3949 domaines viticoles. Il dispose d’un budget annuel d’environ 12 millions d’euros provenant de cotisations pour des actions de promotion de la notoriété et de la qualité des vins de Bourgogne. (www.vins-bourgogne.fr).

 

 

Crédit photo : BIVB

@SAFThinkTank

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