09/07/15

Clarisse PREVOST

Co-fondateur de MOTTAINAÏ

Parution : juillet 2015

Clarisse Prévost a lancé en partenariat avec le célèbre boucher Yves-Marie Le Bourdonnec une école de formation originale et dédiée à la boucherie fine, pour mieux accompagner tous les « entrepreneurs de la viande de qualité ».

 


Saf agr’iDées : Comment vous est venue l’idée de créer cette école d’un autre genre ?

Réunis par nos valeurs, forts de nos expériences respectives, nous avons voulu créer une entreprise commune qui soutient la culture de l’excellence de l’artisanat boucher, et qui réunit enfin tous les acteurs qui veulent bâtir une filière viande durable et de qualité. Aux éleveurs et aux candidats au métier de boucher (de plus en plus nombreux) qui cherchent une alternative à l’élevage et à la formation classique, nous voulons proposer une autre voie, à partir de la filière « Qualité Le Bourdonnec » reconnue aujourd’hui en France et à l’étranger.

 

Saf agr’iDées :  Quelle est la philosophie de votre école ?

« Mottai-naï », littéralement « non au gaspillage ! » est une expression japonaise marquant une respectueuse reconnaissance à l’égard des aliments issus de la nature, ainsi qu’envers les personnes qui les produisent et les pourvoient. Les valeurs de l’entreprise Le Bourdonnec se retrouvent pleinement dans cette philosophie. « Cultivons la viande que nous aimons » est notre slogan et nous déclinons dans un Manifeste notre approche et ce qui fait sens pour nous et nos partenaires. Nous avons ainsi décidé d’accompagner toutes celles et ceux qui ont fait le choix d’une autre viande et d’un commerce vertueux : de l’éleveur au consommateur, en passant par le commerçant, le Chef en cuisine…

 

Saf agr’iDées : Quelles sont vos ambitions à long terme ? 

Notre programme de formation propose de former des « bouchers entrepreneurs », en intégrant tous les maillons de la chaîne (culture de la production, approche pratique, théorique et culturelle). Beaucoup sont en reconversion professionnelle, ils sont exigeants et soucieux du sens de leur démarche. Ils accompagneront la vision d’Yves-Marie Le Bourdonnec (défendre les races mixtes, le « vrai » bœuf, l’élevage à l’herbe etc.) et porteront sa filière en pleine expansion internationale. Du côté des autres acteurs (éleveurs, réseaux de commercialisation, restaurants, ateliers de dégustation etc.) notre ambition est aussi de « faire école » et de proposer un accompagnement stratégique et logistique. Oui, on peut encore manger de la viande en 2015 et dans les années à venir, en respectant l’animal, en comprenant notre culture gastronomique, et en respectant notre environnement. Oui, on peut se lancer dans l’élevage ou la boucherie en trouvant des débouchés et des consommateurs !

 

Propos recueillis par Marie-Laure Hustache

@SAFThinkTank

Autres interviews :