Florence Louis - Syngenta France

30/10/20

Florence Louis

Directrice Solutions alternatives, Syngenta France

1/ Vous êtes Directrice des solutions alternatives chez Syngenta France. De quels types de solutions s’agit-il ? Est-ce une nouvelle gamme d’outils que développe votre groupe pour les agriculteurs ?

 

La raison d’être de Syngenta est d’apporter aux agriculteurs les solutions qui leur permettent de révéler le potentiel des plantes et nous voulons servir toutes les agricultures. Pour cela, notre force réside dans notre capacité d’innovations et d’anticipation. Pour accompagner ce que sera l’agriculture de demain, nous devons continuer à élargir la boite à outils mise à disposition des agriculteurs. C’est la raison pour laquelle la direction « Solutions alternatives » vient d’être créée.

 

Concrètement, les deux axes de développement principaux aujourd’hui sont le digital et le biocontrôle. Concernant le biocontrôle, ces solutions ne sont pas encore exploitées à leur plein potentiel et nous avons l’ambition d’apporter de nouveaux produits au service des agriculteurs. Nous avons une équipe dédiée en place, en France, en Europe et au niveau mondial. L’objectif est de développer un portefeuille innovant, notamment en nous appuyant sur notre expertise mondiale et notre capacité à l’adapter à un niveau local.

 

La transition agroécologique n’est plus une option, les agriculteurs font déjà face au réchauffement climatique. C’est pour cela qu’au niveau mondial, Syngenta a développé le « Good Growth Plan », plan de transformation en profondeur dont l’objectif est notamment de réduire, au maximum, notre impact environnemental. En France, ce plan prend les contours du programme « Viser Zéro Impact » et se décline sur les enjeux de biodiversité, de santé des sols, de sécurité des agriculteurs, etc. Pour parvenir à cet objectif, nous avons la conviction que nous devons travailler au niveau local avec tous les acteurs de la filière et que la combinaison des technologies nous permettra d’y arriver. Le Digital et les Outils d’Aide à la Décision font partie de ces solutions à mettre en œuvre, en particulier pour répondre au développement de l’agriculture de précision !

 

 

2/ Quels outils numériques Syngenta a-telle déjà mises en marché et pour répondre à quels besoins des agriculteurs ?

 

Depuis 20 ans, le digital est pour nous un moyen supplémentaire de partager notre expertise agronomique, de valoriser les bonnes pratiques et d’assurer le suivi des recommandations quant à l’utilisation de nos produits. Il y a deux objectifs majeurs : mieux connaitre son environnement (cartographie, météo, sols…) et mieux maitriser les risques (pression maladie, insectes…). Combiner les deux leviers permet de gagner en précision et en efficacité.

 

L’un des premiers outils d’aide à la décision (OAD) que nous avons lancé, en 2000, s’appelle « Qualimètre ». C’est un outil de prévision du risque mycotoxines en blé et maïs, au service des collecteurs de récoltes. Les prévisions sont basées sur des données réelles de plus de 100 000 parcelles et représentatives de 4 millions d’hectares. Je pourrai également vous parler de ScanBean pour évaluer le risque sclérotinia sur haricots ou de Quali’Cible, outil cartographique pour fournir les préconisations d’usage d’herbicides en fonction de la présence, à proximité du champ, d’aires de captage d’eau potable ou de cultures non cibles.

 

Les résultats de l’utilisation de ces OAD sont très concrets. Par exemple, Avizio a été lancé en 2017 pour gérer le risque fongique sur blé. Après 3 ans d’utilisation, basé sur nos résultats d’essais, l’utilisation d’Avizio a permis de faire l’impasse sur le T1 dans 50% des cas, sans pertes de rendement. L’une des principales attentes des agriculteurs est de rendre nos outils interopérables pour améliorer l’expérience utilisateur et simplifier la vie de l’agriculteur. Cela signifie être capable d’échanger des données de manière fluide entre les systèmes. Dans le cadre d’Avizio, nous avons déjà établi l’interopérabilité avec Geofolia, Sencrop, Weenat, Meteus, Weather measures et Farmi. Nous venons d’annoncer également la connexion avec SMAG Farmer, logiciel de gestion d’exploitation et de traçabilité des productions agricoles développé par SMAG. Nous sommes très heureux de cette nouvelle association. Nous allons continuer dans l’interopérabilité de nos solutions et nous sommes ouverts à toutes les propositions en ce sens. C’est sans aucun doute l’une des clefs du succès dans le déploiement de ces nouvelles approches au niveau des agriculteurs.

 

 

 

3/ Syngenta s’engage de plus en plus dans la voie des biostimulants. Comment les produits de Valagro, que Syngenta vient d’acquérir, peuvent-ils s’articuler avec les produits de Syngenta dans votre offre aux agriculteurs ?

 

Cette acquisition souligne bien nos ambitions de croissance dans ce domaine et nous positionne aujourd’hui comme l’un des acteurs les plus solides du marché mondial des biosolutions pour la protection des cultures. Les biocontrôles, solutions d’origine naturelle de lutte contre les stress biotiques (maladies, nuisibles), et les biostimulants, solutions d’origine naturelle de lutte contre les stress abiotiques (sécheresse, froid, chaleur), sont de plus en plus importants pour les agriculteurs partout dans le monde afin de soutenir leurs efforts en faveur d’une production agricole durable. Cette acquisition s’inscrit pleinement dans la volonté de fournir aux agriculteurs un plus grand nombre de solutions combinatoires de produits et technologies leur permettant de prendre soin de leurs cultures de manière efficace et durable en gérant les résistances, en améliorant la santé des sols, en réduisant les résidus sur les récoltes et en répondant aux demandes des consommateurs.

 

 

Propos recueillis par Marie-Cécile Damave

@SAFThinkTank

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