15/05/17

Gad Weil

Artiste, créateur de l'évènement BiodiversiTerre

Du 3 au 5 juin 2017, les Parisiens et les touristes pourront découvrir BiodiversiTerre, Avenue Foch à Paris, une initiative de la Mairie de Paris et de l’artiste Gad Weil, à laquelle participe notamment l’AGPL, l’Association Générale des Producteurs de Lin et ses agriculteurs pour faire découvrir le lin et tous ses débouchés.

 

 

1/ Sept ans après Nature Capitale sur les Champs-Elysées et la métamorphose de la Place Vendôme en champ de blé en juillet dernier, vous relevez un nouveau pari : mettre en scène la biodiversité au cœur de Paris. De quoi s’agit-il ?

 

Il s’agit dans cette période de mutation de notre vie collective de montrer l’élan qui nous porte à plus de discernement dans nos rapports avec la nature.

Comment, au quotidien les citoyens-consommateurs que nous sommes, participons-nous aux évolutions souhaitables et nécessaires dans les processus de production, de distribution et de consommation de ce qui nous nourrit, nous habille, nous apporte de l’énergie….

BiodiversiTerre c’est une leçon de chose à ciel ouvert, surprenante et jubilatoire pour que les familles partagent ces débats, comprennent les enjeux de ces mutations, participent à ce mouvement d’un renouveau de notre conscience collective.

 

 

 

2/ Cette installation a-t-elle des spécificités propres à la France ou est-elle reproductible ailleurs ? 

 

BiodiversiTerre est une expression à la fois très française dans sa forme et très universelle dans son propos. Elle a vocation à pouvoir se reproduire ici et ailleurs pour participer à une prise de conscience la plus large possible des enjeux de la biodiversité dans toutes ses acceptions.

La France et Paris ont cette particularité de créer des moments qui ensuite deviennent des signatures internationales (Nuit Blanche, Paris Plage, la Fête de la Musique, …). Nous espérons un destin similaire à BiodiversiTerre.

 

 

 

3/ Comment intégrez-vous dans ce travail d’artiste les rapports entre l’Homme et l’Agriculture, et les mutations en cours ? 

 

L’artiste de rue, que je suis, a cette particularité de parler avec le public populaire. Je veux exprimer à mes concitoyens l’amour et le respect que nous avons, que nous devons avoir envers les paysans et les jardiniers. Je veux leur dire que dans toutes les civilisations, ce sont ces femmes et ces hommes qui, allant travailler chaque matin, quel que soit le temps et les conditions, cultivent la terre, nourrissent et soignent les animaux, dessinent les paysages. Je veux leur dire que nous attendons d’eux cette mutation vers de meilleures pratiques, cette conscience renaissante de respecter la terre, les animaux et la nature, mais également notre volonté commune qu’ils puissent vivre dignement de leur beau métier. Que notre conscience de citoyen n’est pas le contraire de nos réflexes de consommateurs. Que cette exigence nouvelle que nous remettons entre leur main nous donne la responsabilité de leur assurer une vie économique et sociale épanouie.

Le saltimbanque peut dire à ces concitoyens cette vérité : nous attendons beaucoup des paysans et jardiniers, veillons sur eux.

J’emploie délibérément le mot « paysan » qui réunit les mots « pays » et « paysage ». Il nous ramène à ce lien d’affection qui nous unit entre ruralité et vie urbaine.

 

 

Propos recueillis par Isabelle Delourme

 

Crédit photo : DR

@SAFThinkTank

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