21/12/15

Marie-Thérèse Bonneau

Vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et productrice de lait en Vendée

Marie-Thérèse Bonneau a été nommée présidente du nouveau « Groupe agriculture » au CESE (Conseil économique, social et environnemental) pour la période 2015 à 2020, sous la présidence de Patrick Bernasconi.

 

1/Pouvez-vous tout d’abord nous faire un bilan de votre premier mandat au CESE, de 2010 à 2015 ?

 

J’ai été pendant cinq ans au titre de l’APCA dans le Groupe Environnement du CESE, instance placée alors sous la présidence de Jean-Paul Delevoye. Avoir le privilège de siéger et de travailler dans « l’assemblée consultative de la République » est une expérience extraordinaire, l’occasion unique de s’ouvrir à la société civile, aux autres corps sociaux, de faire des rencontres marquantes. Ce fût vraiment très formateur, sachant que notre Groupe composé de trente membres « conseillers » se réunissait une fois par semaine et œuvrait sur les questions allant de la biodiversité aux éléments de transition énergétique en passant par la sécurité des plateformes en haute mer ! A nous les conseillers de nous servir de ce qu’il se passe au CESE comme d’une veille, qui nous permet d’avoir une autre vision de notre profession, de comprendre comment l’agriculture et ses acteurs sont perçus par les autres parties prenantes. Cette ouverture nous sert d’ailleurs aussi dans notre action syndicale.

 

2/ C’est pourquoi vous avez accepté de repartir sur cinq ans au CESE ?

 

Le CESE a été renouvelé les 1er et 2 décembre 2015. J’ai accepté alors de prendre la présidence au titre cette fois-ci de la FNSEA du Groupe de l’agriculture, constitué de 20 personnes désignées par la FNSEA, l’APCA, les JA et la Fédération nationale de la mutualité agricole. Objectif : mener une réflexion sur la place de l’agriculture dans la société, sur ses territoires en tenant compte des trois grands enjeux qui sont devant nous environnementaux, économiques, et sociaux. Les travaux des sections ont repris rapidement une fois ce renouvellement acté, pour que le premier avis puisse être présenté en assemblée plénière à la fin du 1er trimestre 2016. Nous voulons notamment formuler des avis et des rapports qui identifient l’agriculture comme une solution plus que comme une contrainte. Montrer aussi tout le vivier d’emplois derrière cette révolution des actions et mentalités dans nos secteurs, dynamisés par les nouveaux outils à notre portée et par la mise en place de nouvelles pratiques durables et vertueuses. Oui, il faut souligner que les potentiels sont là mais que tout ne suit pas forcément et qu’il y a des paradoxes forts. On ne cesse ainsi par exemple de souligner l’efficacité de la filière laitière en Europe, mais les producteurs ne s’y retrouvent pas…

 

3/ Justement, ma question s’adresse cette fois ci à la vice-présidente de la la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) : comment envisagez-vous le début 2016 et l’approche du Salon de l’agriculture axé cette année sur « l’agriculture et l’alimentation citoyennes » ?

 

Cette thématique est je trouve parfaitement dans le timing par rapport aux nouvelles attentes de la société et des consommateurs que je peux aussi « ressentir » et mesurer au CESE. Les Français sont sensibles à l’avenir de l’agriculture et s’inquiètent de voir parfois ce secteur menacé, fragile. Il y a comme un « effet miroir » qui leur renvoie ce qu’il peut leur arriver quand les feux ne sont pas tous au vert. Il y a une prise de conscience de l’économie et des emplois générés, tout autant qu’une forte demande de qualité, de dialogue et de transparence. Dans cette optique, les acteurs du lait -dont font partie la FNPL et le CNIEL- ont décidé au prochain salon de l’agriculture de représenter toute la « famille du lait » (ovins, caprins, bovins) et de parler d’avenir, en créant une grande place et des animations où seront rappelées nos valeurs, nos territoires, notre unité.

Propos recueillis par Marie-Laure HUSTACHE

@SAFThinkTank

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