23/06/17

Pierre Guez

Président du pôle de compétitivité VITAGORA, et directeur général du groupe coopératif Dijon Céréales

Toujours à l’affût de nouveaux projets collectifs, Pierre Guez, président du pôle de compétitivité VITAGORA, et directeur général du groupe coopératif Dijon Céréales s’active au service du développement économique de la région Bourgogne-Franche-Comté.

 

 

1/ Vous êtes depuis 25 ans à la tête du groupe coopératif Dijon Céréales. Quelle est votre vision de l’avenir des coopératives ?

 

Nous sommes arrivés à la fin d’une période. Il faut selon moi, recréer un nouveau modèle coopératif, plus en phase avec le numérique, le digital, le commerce en ligne,… Cela passe par de nouveaux projets collectifs. Dijon céréales est issu de la fusion de 13 coopératives. Le groupe a ensuite participé à la construction de deux unions majeures autour de la commercialisation des grains (Cérévia), de l’agrofourniture (AREA), et à celle de la plateforme d’innovation agro-environnementale (Artémis). Aujourd’hui, nous sommes en train de passer à une nouvelle étape. Nous allons créer prochainement l’Alliance coopérative Bourgogne France-Comté. Elle devrait regrouper les coopératives Dijon Céréales et trois autres coopératives : Bourgogne du Sud, Interval et Terre Comtoise. Cela permettra de faire émerger un groupe coopératif à la taille de la nouvelle Région Bourgogne-Franche-Comté. Il devrait réaliser une collecte de plus de 2 millions de tonnes et un chiffre d’affaires prévisionnel d’1,2 milliard d’euros, à partir des filières végétales et animales.

 

2/ Votre volonté de rassembler les hommes et les entreprises, vous l’avez également mise au service du Pôle de compétitivité VITAGORA « Goût-Nutrition-Santé » que vous présidez ?

 

C’est exact. Le Pôle VITAGORA a pour mission le développement de projets collaboratifs innovants pour l’industrie agroalimentaire. Territorialisé à l’origine sur la Bourgogne Franche-Comté, et depuis deux ans il s’est même étendu à l’Ile de France dans le cadre de partenariat avec la Communauté d’Agglomération Melun val de Seine. La force de VITAGORA et des 342 acteurs et entreprises qui lui font confiance et travaillent de concert avec des centaines de chercheurs et d’universitaires (Agrosup Dijon, AgroParisTech, …) réside dans sa stratégie élaborée autour du thème « Bien-être des consommateurs par l’alimentation ». Trois axes sont travaillés prioritairement pour répondre aux demandes des consommateurs en matière de bien-être : la préservation de l’environnement, du capital santé et le développement du plaisir gustatif. Nous avons ainsi pu labelliser 170 projets.

 

 

3/ Vous vous êtes également beaucoup impliqué dans la création du pôle d’innovation en agroécologie AGRONOV, installé près de Dijon ?

 

La création de ce technopôle a été soutenue par VITAGORA dans le cadre d’un partenariat avec les collectivités locales et territoriales (Chambre d’agriculture régionale, départementale, métropole du grand Dijon,…). AGRONOV vise une évolution intégrée des systèmes agricoles à moyen et long termes, qui s’articule à différentes échelles : de la ferme au territoire, et du champ à la filière. Le monde agricole est totalement imbriqué avec les collectivités pour trouver de nouvelles solutions plus durables en lien avec les territoires, comme par exemple l’agriculture péri-urbaine ou productrice d’énergie locale avec la méthanisation. C’est dans le même esprit de dynamisme des territoires qu’une chaire « Evolution des business models dans la filière agroalimentaire » vient d’être crée en mai 2017 entre VITAGORA et l’école de commerce BSB (Burgundy School of Business).

 

 

Propos recueillis par Isabelle Delourme

@SAFThinkTank

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