01/09/17

Stefano Volpi

co-fondateur de la start-up Connecting Food

Après avoir travaillé pendant plus de 20 ans dans des grands groupes de l’agro-alimentaire (dont Nestlé, Danone, Avril-Sofiprotéol), Stefano Volpi et son associée Maxine Roper décident en 2016 de créer une solution pour garantir en temps réel le respect de la qualité produit, en utilisant notamment les dernières technologies digitales. Une démarche de transparence positive et vertueuse pour tous les acteurs de la chaîne, prônant la vérité plutôt que l’opacité qui crée les peurs.

 

1/ Quelle a été la genèse du projet « Connecting Food » et quelle est son originalité ?

 

Savez-vous qu’à l’ère des promesses des étiquettes « sans OGM » « sans antibiotiques », « sans gluten », moins de 5% de la production alimentaire et réellement audité ? Notre constat de départ est qu’il y a un écart entre la qualité « théorique » (celle du cahier des charges) et la qualité « réelle » (celle qui sort chaque jour de la filière de production). Connecting Food est la première solution qui garantit le respect de la qualité produit, un audit en temps réel et en continu, de façon infalsifiable que les promesses des marques et distributeurs sont respectées. Comment ? En utilisant, avec l’appui d’IBM et de CEA Tech LIST, plusieurs technologies telles que la blockchain, les IOT, le cloud, la cryptographie, le machine learning et l’intelligence artificielle, nous révolutionnions ainsi le système actuel sur les audits « a posteriori » sur un pourcentage limité des productions, pour passer à un audit de l’ensemble des productions en temps réel et en continu. Nous protégeons en conséquence la brand reputation des marques et nous recréons  la confiance du consommateur, et le système Connecting Food permet aussi de réorienter le produit s’il ne correspond pas aux critères, pour lutter contre le gaspillage. Notre modèle économique repose ainsi sur une approche SaaS avec un abonnement payé par le propriétaire du cahier des charges. Nous valorisons aussi le travail des agriculteurs-éleveurs en rémunérant leur participation au système Connecting Food et la remontée de leur data.

 

 

2/ Cet enjeu d’une alimentation plus « sûre, saine et durable » tient une grande place aux Etats Généraux de l’alimentation qui ont commencé le 20 juillet dernier. Mais tout le monde accepterait de jouer le jeu de la transparence en temps réel ?

 

Nous avons tous en tête les derniers scandales alimentaires sur la filière œufs ou porc, venant éclabousser des marques ou les distributeurs. Et en 2017, ces problèmes peuvent faire voler en éclats la confiance des consommateurs, d’autant plus que à l’ère des réseaux sociaux, les informations circulent extrêmement vite et peuvent nuire à la réputation des marques, distributeurs et producteurs.

Avec Maxine, nous sommes persuadés que les nouvelles technologies vont permettre de résoudre ce problème en automatisant les audits au fur et à mesure que le produit passe à travers la filière de production.

 

 

3/ Quels sont vos projets de développement ?

 

En septembre 2017, nous lançons plusieurs « usecases » en France sur les principales filières animales, avec l’ambition de lancer la première version en 2018 dans plusieurs pays européens. Objectif : une qualité réelle et garantie dans l’assiette, grâce à l’audit en temps réel et permanent en associant tous les acteurs de la filière de production alimentaire.

 

Notre ambition est de fournir à nos clients la preuve infalsifiable du respect du cahier de charge, leur permettant de valoriser la qualité des produits alimentaires et les bonnes pratiques dans les filières de production,

 

 

Propos recueillis par Marie-Laure HUSTACHE

@SAFThinkTank

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