20/04/15

Thibaut Le Mailloux

Directeur de la Communication du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC)

Pour Thibaut Le Mailloux, « monsieur communication » du Champagne, la notion de territoire est indissociable de la célèbre appellation.

 

Cet entretien est paru dans la Revue Agriculteurs de France n°205, mai-juin 2013.


 

Agriculteurs de France:  Quel est le rôle du pôle communication du Comité Champagne (CIVC) ?


Le pôle communication du Comité Champagne est chargé de mettre en œuvre la stratégie interprofessionnelle de communication du champagne. Cela comprend la communication institutionnelle (édition, diffusion de documentation, photos, films, relations presse, accueil de personnalités et journalistes en Champagne, actions de formation et communication digitale). Le pôle communication est aussi chargé de gérer et animer le réseau des Bureaux du Champagne dans le monde, qui sont au nombre de quatorze et couvrent seize pays.

 

Agriculteurs de France : Faire « le choix des territoires » constitue un atout indéniable pour les entreprises et les marques. Vous confirmez ?

 

Bien entendu. La notion d’indication géographique est essentielle pour définir l’origine mais aussi, de manière indissociable, la qualité d’un produit agroalimentaire, et elle est de plus en plus demandée par des consommateurs en quête d’authenticité, de traçabilité et tout simplement, d’un goût et d’un style de produits qui soient singuliers et donc inimitables. Pour ce qui concerne le champagne, nous n’avons tout simplement pas le choix de « faire le choix des territoires ». Le vin de Champagne est indéfectiblement lié au territoire dont il tire son nom. La cohérence et la cohésion autour de ce terroir et de ce nom mythiques sont un atout extraordinaire.

 

Agriculteurs de France : Pensez-vous qu’au-delà de l’image de marque, la dimension éthique va prendre de plus en plus d’importance ?

Le mouvement est en cours, nous le voyons avec l’accélération du rythme des protections de l’appellation champagne par les législations locales à l’étranger. En effet, la première des dimensions éthiques, de notre point de vue, consiste à n’autoriser que les étiquetages explicites sur l’origine (nature et qualités singulières) des produits. Par ailleurs, la Champagne a commencé à mettre en oeuvre, depuis le début des années 2000, un plan de réduction des émissions carbone et une politique de viticulture durable. En ce sens, les vignerons et les maisons ont commencé à s’imposer une éthique bien avant que les consommateurs ou la législation ne l’exigent.

 

Propos recueillis par Marie-Laure Hustache

@SAFThinkTank

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