Un jour, une idée “Améliorer la durabilité de l’agriculture bio via la sélection génétique”Publié le 27 décembre 2017 par agriDées

« Le désherbage et la gestion de la fertilité du sol, ont été les premiers défis techniques relevés. Aujourd’hui, un gros travail est mené sur le minimum de travail de sol, voire le semis direct, d’associations de plantes de production et/ou de service. La sélection génétique des céréales cultivées est une des prochaines étapes majeures pour l’amélioration des systèmes de grandes cultures biologiques. A titre d’exemple, en blé tendre, les 2 variétés les plus plébiscitées par les céréaliers sont Renan et Attlass, inscrites en France respectivement en 1990 et 2004. Mais l’agriculture biologique ne rime pas avec l’âge de pierre ! Nous observons un manque flagrant d’innovation dans dans le secteur de la sélection génétique, pourtant porteur.

 

Actuellement, les nouvelles variétés plébiscitées par les céréaliers bios proviennent principalement du catalogue européen. Plus particulièrement de Suisse, d’Allemagne ou encore d’Autriche, pays où les coûts d’inscription sont beaucoup moins chers qu’en France. Dans notre pays, face à l’investissement financier que représente la création d’une variété, de son coût d’inscription et du marché encore limité, le risque pour une entreprise de s’engager dans cette démarche reste trop important.

 

En 2017, nous sommes encore au stade embryonnaire de cette sélection. Nous pouvons tout de même noter le travail de sélection en itinéraires faibles intrants menée à l’INRA par l’équipe émérite de Bernard Rolland depuis 2000. Le GEVES a également créé un VAT bio suite à une demande lobbyiste de l’ITAB, ce qui a permis en 2012 les inscriptions de Hendrix et de Skerzzo issue de la sélection citée à l’instant.

 

Mais les agriculteurs sont en attente de nouvelles génétiques pour déplafonner les performances du bio : productivité mais surtout résilience. Il faut soutenir massivement les structures qui souhaitent développer la recherche génétique des blés en conditions de système céréalier bio. Celui-ci est plus risqué sans chimie. Il faudrait également pouvoir permettre d’autres critères que la DHS, qui n’ont pas évolué depuis le gouvernement de Vichy, pour permettre l’inscription des variétés plus diversifiées et plus résilientes permettant l’inscription de variétés de populations. Ce devrait être une priorité gouvernementale de soutenir cette recherche pour assurer un avenir durable à la production céréalière bio, pour une alimentation de qualité pour demain. »

 

 

 

Adrien PELLETIER, Ingénieur agricole, co-gérant de la Ferme d’Orvilliers, de
la semence jusqu’au pain

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Recherche et innovation”, page 172. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

 

Penser l’innovation organisationnelle en agriculture“, Zam-Zam ABDIRAHMAN et Loïc SAUVEE, Enseignants-chercheurs, UniLaSalle

Promouvoir et aider spécifiquement la recherche associant des compétences publiques et privées”, Damien BONDUELLE, Chef d’entreprise de travaux agricoles, Président de saf agr’iDées

L’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture. Position des Instituts Techniques Agricoles“, François BRUN, Mehdi SINE, Sylvain GALLOT, Animateurs du Réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA

Respectons et écoutons les experts“, Marie-Cécile DAMAVE, Responsable innovations et marchés, saf agr’iDées

Quelle recherche agronomique face à la demande croissante d’innovations ?“, François HOULLIER, Administrateur provisoire de Université Sorbonne-Paris-Cité, ancien Président-Directeur général de l’INRA

Investir dans la génétique de précision pour relever le choc climatique“, Gil KRESSMANN, Directeur de Syntonie Communication

Une innovation ouverte à intensifier“, Philippe LECOUVEY, Directeur Général, ACTA

Développer l’entomoculture“, Maxime MOINARD, Boursier Nuffield France 2016

Innover par la tradition“, Leslie MOREIRO, Docteure en sciences du management, Université Paris-Saclay