Un jour une idée “Développer les agricultures des pays pauvres”Publié le 28 octobre 2017 par agriDées

« L’urgence alimentaire est aujourd’hui essentiellement une question de solvabilité des consommateurs et donc, non pas de disponibilité en alimentation mais d’accès à cette alimentation et donc de pauvreté. Dans la plupart des pays du Sud à dominante agricole, il existe un lien très fort entre croissance de l’agriculture et réduction de la pauvreté. Le développement agricole y dépend de façon vitale des investissements agricoles et ruraux. L’irrigation, les améliorations foncières,  les capacités de stockage des facteurs de production et des produits, l’énergie, les routes, les communications contribuent en effet, directement ou indirectement, au développement de l’agriculture. Il ressort de plus de 700 études de cas que les investissements dans le secteur agricole, ou plus largement le secteur rural, représente le meilleur levier de lutte contre la pauvreté.

 

L’insécurité alimentaire, c’est-à-dire le manque de nourriture pour un individu ou un groupe d’individus est avant tout une question d’insuffisance de développement et de pauvreté des  pays ou des ménages. Les diagnostiques globaux ne sont pas suffisants pour définir les solutions à mettre en oeuvre. La grande diversité des situations impose des réponses différenciées. Pour y faire face, il faut associer des solutions internes mais aussi en dehors du secteur agricole. De nombreuses cartes sont en effet dans les mains d’acteurs non agricoles, au niveau des institutions, de l’éducation et de la santé, de la monnaie ou encore de la protection sociale. L’agriculture dispose néanmoins de de cartes maîtresses sans lesquelles la partie ne pourra pas être gagnée. D’abord parce qu’elle représente souvent la seule possibilité de décollage économique des pays en développement, notamment les plus pauvres, et peut fournir un excellent retour sur investissement sous certaines conditions. Ensuite, parce que les populations les plus pauvres et donc les plus vulnérables, le « milliard d’en bas », sont majoritairement des agriculteurs ou des ruraux.

 

Pour faire face à l’insécurité alimentaire mondiale, il faut donc prioritairement cibler les agriculteurs en leur permettant de tirer des revenus suffisants de l’activité agricole et mettre la création d’emplois non agricoles en zones rurales au centre des préoccupations des politiques publiques. Mais le faible poids politique et médiatique des populations rurales jouent en leur défaveur. »

 

Etienne HAINZELIN, Conseiller du Président, CIRAD

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Politiques agricoles”, page 124. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Compétitivité et protection des producteurs“, Jean ARTHUIS, Député européen, Ministre de l’Economie de 1995 à 1997

Renforcer le rôle des agriculteurs au sein des filières et des interprofessions“, Philippe BOURGEOIS, Consultant

Retrouver l’élan“, Dominique BUSSEREAU, Ancien Ministre, Député et Président du département de la Charente-Maritime, Président de l’Assemblée des Départements de France

Pour une « exception agricole »“, François COLLART-DUTILLEUL, Professeur émérite, Membre correspondant de l’Académie d’agriculture de France

Défendre le modèle des fermes plutôt que celui des firmes“, Jérémy DECERLE, Président de Jeunes Agriculteurs

L’avenir de notre agriculture sera français ou ne sera pas !“, Edouard FERRAND, Député au Parlement européen, Membre de la Commission Agriculture et développement rural

Pour un nouveau pacte agricole avec la Nation“, Philippe GOSSELIN, Député de la Manche

Renverser le retard de l’agro-alimentaire français sur les marchés les plus dynamiques”, François GUILLON, Enseignant-chercheur, UniLaSalle