Un jour, une idée “Développer l’entomoculture”Publié le 24 décembre 2017 par agriDées

« Vous en avez certainement déjà entendu parler : l’avenir passera par la consommation d’insectes. Des taux de protéines exceptionnels, un indice de consommation très faible grâce à un métabolisme efficient, une empreinte carbone allégée… Les insectes ont effectivement de nombreux atouts pour devenir l’aliment du futur !

 

Mais plusieurs interrogations demeurent : quid de la barrière psychologique pour la consommation humaine ? On a beau nous expliquer qu’un tiers de la population mondiale consomme régulièrement des insectes, la pilule reste difficile à avaler dans nos sociétés occidentales.

 

Cependant, l’utilisation pour l’alimentation animale est éminemment pertinente. Les farines protéinées à base d’insectes peuvent remplacer les farines de poisson destinées à l’aquaculture et réduisent ainsi la surpêche. La fraction lipidique est valorisable en biocarburant et les effluents des insectes comme fertilisants. Certaines larves ont ainsi la capacité de valoriser nos déchets organiques en protéines à forte valeur ajoutée.

 

Aujourd’hui, l’entomoculture se fait généralement dans de minuscules élevages par des particuliers passionnés. Le changement d’échelle reste le principal défi à relever pour diminuer les coûts de production et rendre la filière entomocole française compétitive. Mais quel degré d’industrialisation désirons-nous ? Des élevages high-tech de milliards de larves se dessinent, portés par des startups et des acteurs étrangers à l’agriculture française. Ne serait-il pas plus judicieux d’encourager une production au plus près de la demande, par les meilleurs spécialistes de l’élevage dont la France dispose : les éleveurs eux-mêmes ? En plus d’une diversification, l’entomoculture se positionne comme une solution cohérente pour les aquaculteurs, aviculteurs et éleveurs de porcs, qui pourront réduire ainsi leur dépendance alimentaire. Gardons un oeil sur cette filière naissante et pleine de promesses. »

 

 

 

Maxime MOINARD, Boursier Nuffield France 2016

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Recherche et innovation”, page 170. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

 

Penser l’innovation organisationnelle en agriculture“, Zam-Zam ABDIRAHMAN et Loïc SAUVEE, Enseignants-chercheurs, UniLaSalle

Promouvoir et aider spécifiquement la recherche associant des compétences publiques et privées”, Damien BONDUELLE, Chef d’entreprise de travaux agricoles, Président de saf agr’iDées

L’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture. Position des Instituts Techniques Agricoles“, François BRUN, Mehdi SINE, Sylvain GALLOT, Animateurs du Réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA

Respectons et écoutons les experts“, Marie-Cécile DAMAVE, Responsable innovations et marchés, saf agr’iDées

Quelle recherche agronomique face à la demande croissante d’innovations ?“, François HOULLIER, Administrateur provisoire de Université Sorbonne-Paris-Cité, ancien Président-Directeur général de l’INRA

Investir dans la génétique de précision pour relever le choc climatique“, Gil KRESSMANN, Directeur de Syntonie Communication

Une innovation ouverte à intensifier“, Philippe LECOUVEY, Directeur Général, ACTA